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Tuerie à Liège: "Le marché illégal d'armes doit cesser d'être rentable"

Tuerie à Liège: "Le marché illégal d'armes doit cesser d'être rentable"
15 déc. 2011 à 08:022 min
Par Adrien de Callataÿ
Remettre en cause les législations sous-entendrait qu'il y ait des leçons à tirer du drame de Liège ? Marc Preumont, avocat pénaliste et professeur à l'ULB, rappelle au micro de Matin Première que ces questions sont posées de manière "quasi permanente": "D'une part, le contrôle judiciaire des personnes condamnées et d'autre part le contrôle de la circulation et de l'utilisation des armes sont des sujets qui sont sur la table de longue date".

Des sujets traités et retraités périodiquement dans le but "d'améliorer chaque fois le système" assure-t-il. Le "plus jamais ça" n'est, hélas, pas de l'ordre du politiquement réalisable.

"On ne peut pas tout éviter"

Nordine Amrani, l'auteur de la tuerie à Liège était sous libération conditionnelle. Des enquêtes doivent déterminer si l'on peut parler de défaut dans le contrôle judiciaire. "Mais on ne peut pas tout éviter, on peut tenter d'encadrer les gens", prévient Marc Preumont.

Mais comment ? "Sauf à contrôler dans le chef de chaque individu potentiellement dangereux chaque matin ou même plusieurs fois au cours de la journée ce qu'il a dans la tête et ce qu'il envisagerait de faire. Mais ça, c'est impossible", juge-t-il. Et de conclure: "Quand on se retrouve face à des comportements aussi extraordinaires, il est extrêmement difficile de pouvoir éviter ces actes, même avec toutes les meilleures procédures du monde et avec tous les services de contrôle les plus performants".

Les assistants de justice, des policiers ?

Un groupe de travail a été mis sur pieds par le gouvernement fédéral, il réfléchirait à donner le droit aux assistants de justice de perquisitionner ou de demander des perquisitions au domicile des récidivistes qu'ils suivraient.

Si cela avait été le cas, aurait-on pu voir que Nordine Amrani se reconstituait un arsenal ? Christian Panier, lui, ne semble pas convaincu. L'assistant de justice jouerait, selon ses mots, le rôle de "policier" et cela mènerait à "rompre la confiance qui doit en principe s'établir".

Le problème ? Le marché parallèle d'armes

Cependant, sur la détention d'armes, Marc Preumont estime qu'on aurait pu "peut-être être plus vigilant avec ce monsieur-là. Mais il est difficile d'imaginer aussi que l'on puisse aller voir chez lui ce qu'il a, ce qu'il n'a pas". Souhait plus politique pour Christian Panier, magistrat et professeur à l’UCL. Pour lui, si on sait aller encore plus loin dans la législation sur la détention d'arme, il faut le faire.

"La réglementation officielle est sérieuse", juge Marc Preumont. Se pose surtout le problème du marché parallèle illégal d'armes en Belgique. Un marché d'une ampleur telle jamais connue auparavant, estime l'avocat pénaliste.

Trouver, confisquer... et réprimer sévèrement

"On se procure des armes de guerre avec une facilité consternante". Il faut donc faire de gros efforts pour casser ce marché. "Il faut y consacrer du temps et de l'énergie, trouver qui alimente ce marché", relève le professeur de l'ULB.

Trouver, confisquer... et réprimer sévèrement sont les trois choses à faire dans ce domaine-là selon Marc Preumont. "Il faut que cette activité cesse d'être rentable".

AdC avec Bertrand Henne

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