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Tuberculose: une maladie oubliée alors que toujours bien présente

Tuberculose : une maladie oubliée alors que toujours bien présente
05 juin 2019 à 08:32 - mise à jour 05 juin 2019 à 08:32Temps de lecture4 min
Par RTBF

Chaque année, cinq millions de nouveaux cas de tuberculose sont déclarés dans le monde. C’est la maladie infectieuse qui tue le plus. En Belgique, un millier de cas sont détectés ; un chiffre stable depuis plusieurs années.

La Doctoresse Maryse Wanlin, est directrice du FARES, le Fonds des Affections Respiratoires, et avec son homologue flamand la Vlaamse Vereniging voor Respiratoire Gezondheidszorg en Tuberculosebestrijding (VRGT), elle inaugure ce mercredi 5 juin un nouveau centre de lutte contre la tuberculose au CHU de Saint-Pierre à Bruxelles.

Une maladie difficilement diagnostiquée

La tuberculose, une maladie "oubliée", or elle touche encore un millier de personnes en Belgique. Elle s’attaque principalement aux poumons.

"La tuberculose, c’est un bacille qui a été découvert en 1882 par le Docteur Koch et c’est une maladie à transmission aérienne. Ça veut donc dire que lorsque l’on est en contact avec un malade contagieux, donc dont les poumons sont atteints, la bactérie peut être inhalée par une personne contact", explique Maryse Wanlin.

Que fait cette bactérie au sein des poumons?

"La bactérie peut détruire le tissu. Et la tuberculose n’est pas seulement une maladie qui touche les poumons. Elle touche les poumons dans près de 70% des cas, ou sinon elle peut se loger n’importe où, aussi bien dans les os que dans les méninges ou dans n’importe quel organe."

Quels sont les symptômes?

"Les symptômes ne sont pas toujours très spécifiques. Parlons plutôt de la tuberculose pulmonaire, puisque c’est celle-ci qu’il faut en premier lieu diagnostiquer puisque c’est la forme contagieuse de la maladie. Il y a donc de la toux qui perdure, qu’on a peut-être traité par antibiotiques et qui ne s’arrange pas. Il y a un peu de fièvre, de l’inappétence, le fait que l’on maigrisse, des sudations nocturnes, et il peut également y avoir du sang dans les crachats. Tout ça fait que c’est une maladie qui peut être certainement difficilement diagnostiquée."

Quand on a une toux, on peut se dire qu’il s’agit d’un mauvais rhume ce qui explique qu’il est difficile de se savoir atteint : "Oui, surtout en période hivernale bien entendu. Mais quand ces symptômes arrivent dans des populations à risque, et je pense par exemple à des personnes qui ont été en contact avec un malade tuberculeux ou à des personnes qui viennent d’un pays endémique, il faut vraiment penser à ce diagnostic. Je pense que c’est plutôt un message par rapport aux professionnels de la santé : il faut encore penser à la tuberculose à l’heure actuelle, surtout dans ce type de population", complète Maryse Wanlin.

Un long traitement

"Minimum six mois si la tuberculose n’est pas compliquée. C’est donc important qu’il y ait, en termes de diagnostic de la tuberculose, une prise en charge globale, avec une prise en compte de cet aspect social également — le fait que les personnes n’aient pas accès aux soins, le fait que ces personnes soient marginalisées, etc. C’est justement quand on dit que la tuberculose diminue ou stagne… On constate qu’il y a plus de cas dans ces populations un peu plus difficiles à atteindre, difficiles à traiter, et c’est ça qui pose problème. C’est donc ça tout l’avantage d’avoir un centre de prévention de la tuberculose, où ce type de patient peut être suivi par du personnel expérimenté et qui va établir une relation de confiance avec ces personnes. Je voulais quand même signaler ici que tout le monde peut être touché par la tuberculose. C’est vrai qu’on a des groupes à risque ou des personnes plus à risque parce qu’elles ont des facteurs, comme une immunodépression par exemple, mais c’est vrai que les voyages font également, en tout cas dans certaines circonstances – avec des contacts avec les populations, voyages en sac à dos, un travail dans un milieu hospitalier ou de santé – que des personnes peuvent revenir atteintes de la tuberculose."

N’y a-t-il pas de moyen de se prémunir?

"Il y a un vaccin, qui est malheureusement en pénurie à l’heure actuelle et qui ne protège pas les adultes. Il peut protéger les petits enfants contre des tuberculoses graves. C’est un vaccin qu’on peut faire et on le conseille par exemple pour des jeunes enfants qui vont retourner dans leur pays d’origine et continuer d’y vivre, surtout si ce pays est à haute incidence de tuberculose. Pour les voyageurs, il y a d’autres manières de procéder en fonction du risque qu’ils vont avoir en voyageant, et notamment de faire un test tuberculinique avant le départ pour voir dans quelle mesure ces patients sont infectés ou pas. Si le test est négatif, il faut refaire un test quand ils reviennent de voyage pour voir s’ils ont justement été infectés par le bacille de la tuberculose".

Le retour de la cuti?

Certains s’en souviendront, il y avait également il y a quelques années la "cuti" qu’on faisait à l’école. C’était justement pour voir si on était atteint de tuberculose ?

"La cuti est ce qu’on appelle maintenant l’intradermoréaction. C’est donc un test de diagnostic qui permet de voir si on est infecté par la maladie, puisque la maladie a deux stades : un stade d’infection où on n’est pas malade et il faut simplement un test de diagnostic pour voir qu’on est infecté, et le stade de la maladie".

Dans les écoles, on ne fait plus que des dépistages par ce test lorsqu’il y a un cas de tuberculose dans une école. C’est donc un test de diagnostic autour d’un cas contagieux.

 

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