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TTIP: pour Didier Reynders, il reste encore des efforts à fournir de la part des Etats-Unis

Le TTIP prend l'eau

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30 août 2016 à 10:58 - mise à jour 30 août 2016 à 13:053 min
Par RTBF

Ce mardi matin, la France annonçait son souhait d'arrêter les négociations sur le TTIP, ce traité de libre-échange entre Européens et Américains. Dimanche, le vice-chancelier et ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, estimait également que les discussions dans ce dossier avaient échoué.

Au niveau européen pourtant, on refuse de parler d'un coup d'arrêt définitif au traité. Les négociations "ont été difficiles, bien sûr, nous le savions depuis le début, mais elles n'ont pas échoué", a affirmé mardi la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström.

Nous voulons plus de la part de nos partenaires américains

Pour Didier Reynders, ce dernier rebondissement implique que les Etats-Unis fassent encore des efforts pour rencontrer certaines demandes européennes. "Je suis déjà intervenu lors des derniers conseils pour dire que nous voulons plus de la part de nos partenaires américains, et notamment l'accès pour nos entreprises aux marchés publics sur l'ensemble du territoire des Etats-Unis", souligne le ministre des Affaires étrangères. "Il y a également encore trop de secteurs fermés, par exemple celui du dragage, qui intéresse particulièrement la Belgique."

Plus le temps passe, plus cela devient compliqué d'envisager la fin des négociations et la conclusion d'un traité avec les Etats-Unis selon le terme qui avait été prévu, c'est-à-dire la fin du mandat du président américain Barack Obama. "Nous allons demander à la Commission de nous donner un signal s'il y a encore moyen de faire évoluer le dossier", poursuit Didier Reynders. Dans le cas contraire, le Conseil européen, qui rassemble les chefs d'Etat et de gouvernement des 28 Etats membres, devra dire d'ici la fin de l'année si on continue les négociations ou si l'on attend.

"Satisfaction", "bonne nouvelle"

Le député européen Marc Tarabella (PS) ne cache pas "une certaine satisfaction" suite à cette annonce française. Il le répète, ce traité de libre-échange est "une machine à broyer des lois progressistes". Selon lui, signer cet accord reviendrait avant tout à protéger les grandes entreprises au détriment des citoyens européens. "Que l'Allemagne se soit opposée dimanche, c'est très bien. On savait que des doutes avaient été émis en France. Ça fait donc plaisir à l'avant-veille d'un nouveau round de négociations."

"Que le libre échange ait lieu, c'est déjà le cas et c'est tant mieux. Il le faut économiquement. Je ne prône pas le repli sur soi. Mais cet accord pose le problème des normes. Les normes européennes sont plus élevées que les américaines", note le député européen.

Au cdH, le député européen Claude Rolin, voit cet arrêt des négociations demandé par la France comme une "bonne nouvelle". "Dès lors que les normes européennes ne sont pas respectées dans les discussions, c'est vraiment la bonne décision", a-t-il écrit sur Twitter.

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Le CETA dans le viseur

Dans le viseur des opposants au TTIP, on trouve désormais le CETA, cet accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. Si les négociations sur ce traité sont terminées depuis deux ans, il doit encore être ratifié. "Le CETA renferme aussi toute une série de dispositions qu'on a beaucoup contestées à l'égard du TTIP", observe Marc Tarabella.

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Un avis partagé par Marie Arena. La députée européenne PS estime que "le CETA comporte des dangers comparables au TTIP : normes non obligatoires en matière de protection de l'environnement et de développement durable ; entrave au droit pour les Etats de réguler, c'est-à-dire de protéger les Européens ; contournement de notre système judiciaire..."

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Chez Ecolo, le député fédéral Benoit Hellings invite la Belgique à ne pas signer le CETA que son parti présente comme "un parfait Cheval de Troie pour toutes les multinationales".

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Le CETA à l'épreuve des Parlements nationaux

Le CETA étant un "accord mixte", il doit faire l'objet d'une consultation des Parlements nationaux. C'est la Commission européenne et les Etats membres qui sont chargés de conclure l'accord. Mais les Parlements nationaux donneront aussi leur aval en plus du Parlement européen.

Chez nous, la majorité wallonne PS-cdH, appuyée par l'opposition Ecolo, a approuvé au Parlement wallon ainsi qu'au Parlement de la Fédération une résolution de défiance envers le CETA.

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