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Belgique

Trouver cet emploi qui n’existe pas

Philippe Walkowiak
24 juin 2022 à 09:59Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

 

Taux d’emploi à son niveau le plus élevé, près de 150 métiers officiellement en pénurie mais toujours près de 300.000 chômeurs, la situation de l’emploi reste paradoxale chez nous. Les incantations ne suffisent pas.

Porter le taux d’emploi à 80% ? Un leurre

Cela constitue un des mantras du Premier ministre et de son gouvernement : porter le taux d’emploi à 80% en 2030. Objectif simple, facile à comprendre et qui fixe un objectif bien au-delà de cette législature. Cela met la pression, mais pas trop.

Ceci étant, bien qu’à la traîne au niveau européen, la Belgique vole, en la matière, de record en record : 71,9% pour le premier trimestre 2022. En 2018, nous étions encore à 69%, 65,8% en 2000. La progression devrait continuer mais de là à atteindre, les 80%, cela paraît un leurre.

En effet, pour toucher ce Graal en 2030, il faudrait créer près de 700.000 emplois ! Or, le nombre de chômeurs dépasse à peine les 300.000 unités.

Les malades de longue durée ? Actuellement, 500.000 travailleurs sont effectivement en congé maladie de plus d’un an. Mais cela reviendrait à dire qu’ils ne sont pas réellement malades et que de nombreux médecins ne seraient alors que de vils faussaires ! Certes, le ministre Vandenbroucke a lancé un programme d’aide au retour au travail pour certains malades. L’objectif reste limité ; tout au plus quelques milliers par an et pas forcément, pleinement opérationnels pour tous les métiers en pénurie, souvent pénibles ou aux compétences spécifiques.

Des métiers en pénurie, avec un chômage endémique

La réelle progression du taux d’emploi cache une autre réalité : la disparité régionale. Si la Flandre (76%) se rapproche de l’objectif de 2030, Bruxelles (64%) et Wallonie (65%) en restent très éloignées !

Le Forem vient de mettre sa liste à jour : en plus de l’enseignement, 141 professions se trouvent à présent officiellement en pénurie.

La Wallonie dénombre pourtant près de 200.000 chômeurs et conserve un des taux de chômage parmi les plus élevés d’Europe du Nord. Une situation pratiquement inchangée depuis le siècle dernier… même si elle tend à s’améliorer lentement.

Ce chômage endémique conserve en effet les mêmes caractéristiques : souvent de longue durée et infraqualifié.

Depuis (trop ?) longtemps, la Wallonie établit ce même constat et dit qu’elle doit investir dans la formation.

Cela finit par ressembler à de la résignation et les discours " yaka " en deviennent ridicules.

@PhWalkowiak

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