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Trop chères : la commune de Woluwe-Saint-Lambert supprime les classes de neige

21 juin 2022 à 04:30 - mise à jour 21 juin 2022 à 15:30Temps de lecture4 min
Par Karim Fadoul

Les classes de neige pour les écoliers de Woluwe-Saint-Lambert, c’est fini. A partir de l’année 2022-2023, ce type de voyages ne sera plus proposé aux élèves de primaire. Objectif de la mesure, décidée par le collège des bourgmestre et échevins : réaliser des économies.

A Woluwe-Saint-Lambert, le voyage au ski pendant la période hivernale est une tradition pour les enfants de sixième primaire de l’enseignement communal. Il a lieu en Suisse, à environ 1000 kilomètres de la butte du Tomberg. L’occasion pour les enfants de passer douze jours sur les pistes, pour apprendre à skier. Mais ce n’est pas tout : des excursions, des visites de musée ou encore la découverte des métiers de la montagne sont au programme. De quoi permettre à des écoliers de la ville de se confronter aux réalités alpestres.

600 euros pour les parents

Mais ce déplacement a un coût. D’abord, pour les parents, à hauteur de 600 euros. Même si nous sommes à Woluwe-Saint-Lambert, une commune où le revenu par habitant est l’un des plus élevés en Région bruxelloise, il y a des familles qui éprouvent du mal à verser cette somme, même avec un échelonnement.

Supprimer les classes de neige, ce sera aussi une économie pour la commune. Woluwe-Saint-Lambert prend chaque année en charge environ 200 euros par enfant partant en classes vertes. Soit une facture annuelle comprise entre 250.000 et 300.000 euros.

"On vit des moments budgétaires difficiles dans toutes les communes", avance Olivier Maingain (DéFI), bourgmestre, en charge de l’Enseignement francophone. "On réduit donc certaines dépenses."

"Il faut savoir que les écoles néerlandophones ne partent plus depuis plusieurs années en classe de neige sans que cela ne pose problème. Côté néerlandophone, ils ont limité depuis longtemps les dépenses que l’on peut exiger des parents. Du côté francophone, ça va arriver pour le primaire", la décision pour la maternel ayant elle déjà été prise.

Comme prévu dans l’accord de gouvernement, la ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles Caroline Désir (PS) veut aussi plafonner les frais de séjours en primaire. La ministre a introduit une demande de budget complémentaire lors du dernier conclave "pour étendre les mesures de gratuité à l’enseignement primaire. Cette demande n’a malheureusement pas abouti, pour différentes raisons, mais certainement pas parce qu’il ne s’agit pas d’une priorité politique à mes yeux", explique-t-elle. 

"La poursuite des travaux sur la modélisation de plafonds des coûts des voyages scolaires dans le niveau primaire reste bien prévue. Cette modélisation connaît actuellement une nouvelle mise à jour, grâce à l’étude réalisée à la rentrée scolaire par la Ligue des familles. Mon objectif est de pouvoir présenter aux acteurs de l’enseignement dans les prochains mois, une proposition plus complète de plafonds règlementaires."

Pétition

En tout cas, à Woluwe-Saint-Lambert, malgré le contexte financier, il y a des parents qui exigent le maintien des classes de neige. Les associations de parents des six écoles primaires de Woluwe ont lancé une pétition. Celle-ci a déjà recueilli 400 signatures.

Pour Caroline Rousselet, de l’association de parents de l’école Princesse Paola, supprimer les classes de neige n’est pas une bonne idée. "Au niveau pédagogique, les enfants apprennent énormément en vivant de manière indépendante de leurs parents, à vivre en groupe, en communauté. Sans compter toutes les activités en dehors du ski. Ensuite, beaucoup d’enfants n’ont pas la possibilité de partir en vacances à l’étranger : c’est donc une opportunité pour eux. Il y a enfin ceux qui n’ont jamais été au ski et pour qui ce sera peut-être l’unique fois Les parents ne peuvent pas l’offrir à leurs enfants ou ne sont peut-être pas passionnés de ski, ni même de montagne."

Faut-il nécessairement aller à plus de 1000 kilomètres ?

La commune supprime les classes de neige, mais pas les classes de dépaysement à concurrence de 150 euros par enfant, 75 euros à charge des parents, le solde par la commune. "C’est effectivement une excellente activité pour les enfants que de se retrouver à l’extérieur, loin de leur vie familiale, pendant quelques jours, ensemble", reconnaît Olivier Maingain qui propose des séjours de quatre jours, en Wallonie. "Nous avons déjà organisé cela, dans une grande ferme et les enfants étaient très contents. Faut-il donc nécessairement aller à plus de 1000 kilomètres ?"

Avec 150 euros, "on ne fait rien", estiment pour leur part les pétitionnaires. "Ce budget est extrêmement limité. D’autant que la commune souhaite uniformiser l’ensemble des séjours scolaires. Nous comprenons les contraintes de la commune. Mais entre 12 jours au ski et 150 euros pour ne rien faire, il y a un écart assez important. Les associations de parents sont prêtes à organiser des activités, comme des tombolas, des soupers pour permettre aux parents de payer moins. Nous demandons également de voir s’il est possible d’organiser des paiements anticipés dès la troisième primaire, par exemple."

Dernière proposition mise sur la table par les associations de parents : réduire les classes de neige en Suisse de 12 à 8 jours. La commune serait-elle d’accord ? "Huit jours, c’est peu", réagit Olivier Maingain. "Vous enlevez les deux jours pour le trajet aller-retour. Il reste six jours sur place avec seulement quatre sorties sur les pistes. Ce n’est plus intéressant. A cela, il faut ajouter l’incertitude de plus en plus grande quant à l’enneigement des pistes."

Il y a quelques années, Woluwe-Saint-Lambert avait déjà supprimé les classes de mer, après la vente du domaine communal de Joli-Bois situé au Coq (De Haan).

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