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Trois Américains émettent assez de carbone pour contribuer à la mort d'une personne, selon une étude

Trois Américains émettent assez de carbone pour contribuer à la mort d'une personne, selon une étude.
02 août 2021 à 16:002 min
Par RTBF TENDANCE avec AFP

D'après une nouvelle inquiétante qui se base sur des données de santé publique, pour chaque 4.434 tonnes métriques de CO2 émises, une personne meurt dans le monde. Cela correspond à peu près à l'empreinte carbone moyenne de plus de trois Américains au cours de leur existence. L'étude a été publiée dans Nature Communications.

"Coût social carbone" : le concept qui fait froid dans le dos !

Combien de vies seront perdues si nous continuons à augmenter nos émissions de CO2 ? Cette étude basée sur une estimation répond à un concept précis : le "coût social carbone", défini par l'économiste William Nordhaus dans les années 90 et qui se réfère à la valeur monétaire des dommages causés par chaque tonne supplémentaire d'émissions de carbone.

Aux États-Unis, le président Joe Biden a rétabli cet indicateur peu de temps après son arrivée au pouvoir alors que son prédécesseur Donald Trump l'avait enterré. 

L'Américain, champion du monde des pollueurs

Dirigée par le chercheur Daniel Bressler, de l'Institut de la Terre de l'université Columbia, cette recherche estime que l'ajout de 4.434 tonnes métriques de dioxyde de carbone en 2020 entraîne un décès supplémentaire au niveau mondial entre 2020 et 2100. Soit l'équivalent des émissions moyennes sur toute la durée de vie de 12,8 habitants du monde ou de 3,5 Américains.

En comparaison, le taux d'émissions de CO2 mortel pour un individu correspond à l'empreinte carbone totale de 25 Brésiliens et de 146 Nigérians. 

Toujours selon l'étude, un million de tonnes métriques supplémentaires d'émissions de CO2 en 2020 pourraient causer 226 décès de plus au cours des 80 années entre 2020 et 2100.

"Ces décès sont concentrés à la fin du siècle, lorsque les températures moyennes mondiales sont les plus élevées et que les changements marginaux de température sont les plus dommageables", précise Daniel Bressler. 

Des politiques climatiques globales pourraient changer la donne

À l'inverse, diminuer drastiquement les émissions responsables du réchauffement de la planète d'ici à 2050 permettrait de sauver 74 millions de vies dans le monde au cours du 21e siècle. Le simple fait de mettre hors service une centrale électrique au charbon et de la remplacer par une solution à émissions nulles pendant un an seulement permettrait par exemple de sauver 904 vies au cours du siècle.

L'enjeu se situe donc moins dans la réduction de notre empreinte carbone personnelle que dans la mise en place de politiques ambitieuses à grande échelle, souligne Daniel Bressler. Ce dernier a d'ailleurs déclaré au New York Times que ce type de mesures "auraient beaucoup plus d'impact qu'une décision personnelle". Avant de préciser toutefois que chaque réduction de carbone "compte".

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