Très haut taux de positivité en Belgique: et si c'était (en partie) lié aux autotests?

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20 avr. 2021 à 06:05Temps de lecture2 min
Par X.L.

10%. C'est le très haut taux de positivité annoncé ce dimanche par Sciensano. Un taux qui n'avait plus été atteint depuis la fin novembre, et qui n'est que très légèrement redescendu depuis. 

Le taux de positivité, c’est le pourcentage de tests positifs sur l’ensemble de ceux qui ont été réalisés. Si le nombre de tests est en baisse, mais que le taux de positivité aussi, ou du moins qu’il reste assez stable il y a tout lieu de penser que les transmissions sont bien en train de diminuer. Comme il y a moins de gens symptomatiques et moins de gens contaminés, il y a alors logiquement moins de gens qui demandent un test.


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Malheureusement, on est ici dans la situation inverse : le taux de positivité ne cesse de monter depuis quelques semaines, passant de 7,8  à 10% en deux semaines. Une situation qui inquiétait fortement le biostatisticien Geert Molenberghs, interrogé par la Gazet van Antwerpen : "Il continue d’augmenter, même très rapidement. J’ai l’impression que les gens ne se font pas dépister rapidement pendant les vacances, ils laissent la maladie suivre son cours et ne se font dépister que lorsqu’ils tombent vraiment malades".

Il rappelle que les testings organisés dans des structures comme les écoles permettent aussi d’identifier des asymptomatiques, qu’on peut isoler et éviter ainsi qu’ils n’infectent d’autres personnes : "Cela reste important. L’épidémie ne diminuera que lorsque le ratio de positivité et le nombre d’infections diminuent", estime-t-il.

Le risque est évidemment que si on n'identifie pas les asymptomatiques positifs, la circulation réelle du virus ne soit sous-estimée.

Mais un autre élément explique peut-être en partie cette hausse du taux de positivité: les autotests.

"Il n'y a pas de ruée sur les autotests", avait expliqué Georges Verpraet, porte-parole de l'Association pharmaceutique belge (APB).

C'est vrai: on n'a pas vu de file comme en Allemagne où les Lidl avaient été pris d'assaut. Mais il y a eu une demande importante quand même. Selon l'association, 140.000 tests ont ainsi été vendus en une semaine, du 6 au 13 avril, lors de la première semaine de mise sur le marché.

140.000 tests, cela fait 20.000 tests par jour, soit... le nombre moyen de tests en moins pendant cette semaine de vacances par rapport à la semaine précédente. Sans penser que tous les gens qui ont passé un autotest auraient nécessairement pris rendez-vous pour un test PCR, on peut néanmoins supposer qu'un certain nombre ont préféré cette solution de facilité.

Or, il est peu probable que ceux qui ont reçu un autotest négatif aient ensuite réalisé un PCR. Tandis qu'il est demandé aux autotestés positifs de faire confirmer celui-ci par un test PCR: cela veut dire qu'au total, il y a moins de gens testés, mais qu'on ajoute une catégorie où on trouve un très grand nombre de tests positifs, les autotestés. Un élément qui ne pouvait que faire monter le taux de positivité dans un premier temps, mais qui devrait se stabiliser ensuite.

Ce n'est sans doute pas la seule explication, mais c'est un facteur qui s'ajoute à la fermeture des écoles et à la tendance à moins se faire tester pendant les vacances. 

 

 

Sujet JT du 06/04/2021:

Autotests / Disponibles dans certaines pharmacies

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