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Travailleur ET sans-papiers: la régularisation est-elle possible?

Travailleur ET sans-papiers: la régularisation est-elle possible?
12 janv. 2015 à 17:49 - mise à jour 12 janv. 2015 à 18:202 min
Par Odile Leherte

"On bosse ici, on vit ici, on reste ici, mais pas sans droits": voilà ce qu’on peut lire sur la banderole tendue par les sans-papiers devant le cabinet du ministre de l’Emploi Didier Gosuin. S’ils sont venus voir le ministre, c’est parce qu’ils travaillent presque tous.

Joseph (nom d’emprunt), travaille depuis 5 ans, pour le même patron, dans un secteur en pénurie. A l’époque il disposait d’un permis de travail en règle. "Et puis l’an dernier j’ai perdu mes papiers. Je n’ai rien dit à mon patron parce que j’avais peur de perdre mon travail. Donc je continue à travailler en CDI (ndlr: contrat à durée indéterminée)", dit-il.

Comme tout travailleur sous contrat à durée indéterminée, Joseph paye ses impôts. "Par contre je ne peux pas retoucher des contributions. Parce qu’il faut montrer ses papiers d’identité." Et Joseph n’a pas de carte d’identité.

"Moi j’étais cariste, magasinier", explique Samba, le porte-parole des sans-papiers de Molenbeek. "Mais il y a presque tous les métiers parmi nous : mécanicien, électricien, dans la construction, beaucoup de métiers en pénurie".

Le travailleur sans-papier, précieux pour certaines entreprises

Les patrons ont des difficultés à recruter dans ces filières en pénurie. "Vous savez que 51 % de la main d’œuvre dans la construction ne réside pas en Belgique", confirme Didier Gosuin. "Ça veut donc dire qu’ils doivent aller chercher ailleurs. Donc oui, ils sont demandeurs d’avoir des travailleurs qui sont qualifiés, par exemple dans les métiers du bâtiment. L’un d’entre eux était coffreur ferrailleur. Il a d’ailleurs eu une formation à Bruxelles, c’est ça le paradoxe. Les entreprises cherchent des coffreurs ferrailleurs, mais aujourd’hui l’employeur ne peut en principe pas l’engager s’il n’est pas en situation de légalité sur le territoire".

L’Office des étrangers entrouvre la porte

Du côté de l'Office des étrangers, on ne rejette pas radicalement l'appel de ces sans papiers. Une ouverture serait possible, mais "il ne s’agit ni d’un droit acquis, ni de la procédure classique", précise l’Office. Au cas par cas, des possibilités de séjour à long terme légal seraient envisageables en empruntant la voie de l'intégration par le travail dans des filières en pénuries. "D’ailleurs, ajoute l’Office, la migration économique est l’un des axes privilégiés dans la politique de l’actuel gouvernement fédéral."

L’Office des étrangers exclut toute régularisation collective.

O. Leherte

 

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