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Travailler en crèche, une vocation aussi pour les hommes

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Les puériculteurs, des ovnis ? Ils sont rares mais ils font leur apparition dans les crèches où le soin des tout petits est traditionnellement considéré comme " un métier de femmes ". A titre d’exemple, le réseau des crèches communales de la Ville de Bruxelles compte trois puériculteurs pour 491 puéricultrices, une différence de taille.

Yassine (prénom d’emprunt) est l’un d’entre eux. Ce jeune homme de 32 ans travaille comme puériculteur depuis trois ans, et depuis deux ans et demi dans une crèche communale à Laeken. Au départ, lorsqu’il entame une formation d’auxiliaire de l’enfance, il se voit travailler avec des enfants plus âgés. En effet, ce titre lui permet d’encadrer des enfants de 0 à 12 ans.

Je voulais travailler dans des écoles primaires. J’ai même essayé de négocier pour ne pas suivre les cours en rapport avec l’accueil en crèche parce que je ne me voyais pas là-dedans. Dans ma tête, je me disais, les enfants sont trop petits, fragiles, ils ont besoin d’être encadrés par des femmes. Pour moi la crèche, c’était un lieu inconnu. Et puis je ne connaissais aucun homme faisant ce métier. Les exemples sont très féminins. Inconsciemment, je n’y avais même pas pensé, en fait.

Et puis c’est une révélation après un stage, le jeune homme se dit " voilà, c’est ça que je veux faire ".

Cette formation d’auxiliaire de l’enfance, il l’avait suivie à l’école de promotion sociale des Femmes Prévoyantes socialistes (FPS) à Bruxelles, près de Montgomery. A l’époque, ils sont deux hommes dans cette filière. Alexandra Buytaers, adjointe à la direction :

C’est très rare d’avoir un homme qui s’inscrit (dans cette filière) et qui poursuit sa formation jusqu’au bout. Le dernier, c’était il y a quatre ans. On les compte sur les doigts de la main. Sur dix ans, il ne doit pas y en avoir eu plus de dix.

Alors que cette formation accueille chaque année une trentaine de personnes au centre des FPS de Bruxelles. Pourtant, Alexandra Buytaers souligne l’impact positif d’une présence masculine dans les milieux d’accueil de la petite enfance.

C’est également le cas à la crèche de Laeken où travaille Yassine. Pour Lamia El Barousi, puéricultrice, "c’est un peu comme un grand frère". Les enfants apprécient sa présence, "en particulier ceux qui n’ont pas forcément une présence masculine à la maison", précise Yassine.

A Laeken, l’accueil des parents est positif. Ce ne serait pas toujours le cas, selon Alexandra Buytaers. Il y aurait un travail de sensibilisation à mener pour que davantage d’hommes trouvent leur place dans un métier étiqueté comme féminin, en pénurie par endroits.

 

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