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Transaction immobilière : vers un certificat "garanti sans amiante" à Bruxelles ?

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27 oct. 2022 à 12:08Temps de lecture2 min
Par Jerôme Durant

Et si la Région bruxelloise imposait un certificat "garanti sans amiante" lors de chaque transaction immobilière ? C’est la suggestion d’une députée bruxelloise.

 

Malgré son interdiction il y a plus de 20 ans, il y aurait encore, dans la capitale, pas moins de 300.000 tonnes d’amiante enfouie dans des milliers de bâtiments. Un matériau de construction qui, s’il se désagrège, est particulièrement nocif pour la santé, puisqu’il engendre plusieurs maladies respiratoires potentiellement mortelles. Selon l’Association belge des victimes de l’amiante, environ 900 personnes décèdent chaque année dans notre pays des suites d’une exposition problématique aux fibres d’amiante.

Suivre l’exemple de la Flandre ?

Partant du constat que l’amiante est potentiellement partout bien qu’invisible – des toitures aux conduits de cheminées en passant par les vieux tableaux d’école – Khadija Zamouri (Open Vld) suggère de profiter du transfert de propriété d’un bien datant d’avant 2001 pour imposer un "certificat "garanti sans amiante". En Flandre, dès novembre, ce sera obligatoire lorsqu’on achète un appartement, une maison ou tout autre bien. J’aimerais bien que ce soit le cas aussi à Bruxelles."

 

Réponse du Ministre régional de l’environnement ? Ce n’est pas prévu pour le moment. "Obliger d’avoir un certificat amiante, ce serait un dispositif excessivement lourd qui risquerait encore d’alourdir les ventes à Bruxelles", estime l’Ecolo Alain Maron, pour qui le dispositif bruxellois actuel suffit. "Il doit y avoir un inventaire amiante dès qu’il y a des travailleurs dans un bâtiment, ce qui couvre déjà une bonne partie du bâti bruxellois. Il faut aussi un inventaire dès qu’il y a des travaux dans un immeuble de plus de 500 m². Et 500 m², on y arrive vite", souligne Alain Maron.

 

A l’intention des propriétaires de bâtiments plus petits construits entre les années 1960 et le début de la décennie 1990, le Ministre de l’environnement rappelle qu’il existe des outils de sensibilisation qui doivent guider une rénovation responsable en ce qui concerne l'amiante. 

Agir via les primes Rénolution

Si le gouvernement bruxellois balaye donc l’idée d’un certificat amiante, il envisage plutôt d’agir via Rénolution , son système de primes à la rénovation.

Si Rénolution propose aujourd’hui un catalogue de 45 primes, Khadija Zamouri verrait d’un très bon œil l’arrivée d’une 46e prime pour l’évacuation de l’amiante. "Quand on interdit de construire avec un produit nocif, ce qui est le cas de l’amiante depuis 2001, on doit mettre en place aussi des outils pour pouvoir enlever ce produit gratuitement", affirme la députée Open Vld.

Cette fois, le Ministre de l’environnement ne ferme pas tout à fait la porte. "Cela peut être envisagé via les primes Rénolution", indique Alain Maron. "Par contre, il faut absolument un inventaire amiante du bâtiment en question : y a-t-il vraiment de l’amiante ? Faut-il désamianter ? Et comment ? C’est un préalable indispensable."

 

Précisons qu’Alain Maron rejette par contre l’idée d’une nouvelle prime estampillée "amiante". Une occasion manquée, selon la députée Khadija Zamouri : "Il faut vraiment que ce soit un point très précis dans le document. Si vous avez autant de m² d'amiante, vous recevrez autant d’argent pour la faire enlever. C’est ça qu’il faut" si Bruxelles veut réellement convaincre les petits propriétaires bruxellois de s’attaquer à l’amiante cachée dans leur bâti.

Sur la même thématique : Investigation du 27/01/2022

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