RTBFPasser au contenu
Rechercher

Justice

Traitements inhumains dans la prison de Forest : 5000 euros réclamés à 14 agents pénitentiaires

06 mai 2022 à 15:49 - mise à jour 06 mai 2022 à 16:29Temps de lecture2 min
Par Belga

Deux avocats de la partie civile ont plaidé, vendredi, devant la cour d’appel de Bruxelles, des dommages et intérêts à hauteur de 5000 euros et des indemnités de procédure élevées à l’encontre d’agents pénitentiaires de la prison de Forest, prévenus pour traitements inhumains envers des détenus. Ils contestent les faits et estiment avoir respecté les procédures lors d’intervention pour des placements en cellule d’isolement.

Deux conseils de la partie civile, représentant des détenus qui ont été agressés, ont réclamé des dommages et intérêts d’un montant de 5000 euros et des indemnités de procédure élevées. Un troisième avocat, représentant quant à lui un agent pénitentiaire victime d’un coup de la part d’un de ses collègues, prévenu dans ce dossier, a plaidé la désignation d’un expert pour évaluer le dommage. Le prévenu s’était "vanté dans un message sur Viber d’avoir atteint mon client. Je pense que les faits sont donc bien établis", a affirmé l’avocat, rappelant que les faits s’étaient déroulés lors de la maîtrise d’un détenu dans une cellule. "Mon client n’était pas aimé parce qu’il était considéré comme 'trop social' par certains gardiens", a-t-il ajouté.

 

 

Quatorze gardiens comparaissent devant la cour pour répondre de faits de violence physique et morale grave, commise à l’encontre de détenus, entre 2014 et 2015. Les faits ont été commis dans l’aile D de la prison de Forest, et dans l’annexe psychiatrique. La situation dans cet établissement pénitentiaire était alors extrêmement problématique, en raison d’une surpopulation carcérale, d’un manque de personnel et d’une infrastructure vétuste.

Il est question d’expéditions punitives qui étaient menées le soir, particulièrement auprès de détenus fragiles et isolés. Plusieurs agents auraient considéré comme un jeu le fait d’insulter, d’humilier ou de provoquer des détenus, pour que ceux-ci soient poussés à bout et se montrent agressifs, amenant alors les gardiens à les conduire au "cachot", la cellule d’isolement. Des gardiens auraient notamment coupé régulièrement l’électricité ou fermé l’eau des douches pendant que les détenus étaient dessous.

En première instance, en mars 2019, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait établi la plupart des faits dénoncés et avait prononcé des peines entre deux et 20 mois de prison avec sursis à l’encontre de quatorze agents. Ces derniers ont fait appel, tout comme le parquet. Ils contestent avoir abusé de leur autorité auprès de détenus pour s’en prendre à eux par plaisir. Certains ont aussi déploré avoir été qualifiés de racistes par des témoins.

Le procès se poursuivra mercredi à 14h00 avec le réquisitoire.

Sur le même sujet

Surpopulation dans les prisons : "40% des détenus ont un problème de santé mentale, 25% ont une lourde pathologie psychiatrique"

Belgique

Conditions de vie dans les prisons : le directeur de la prison de Mons s’indigne : "on doit choisir entre les douches et le chauffage"

Regions Hainaut

Articles recommandés pour vous