Belgique

Tout dernier examen de médecine : pourquoi et comment va-t-on passer à un concours pour désigner les futurs étudiants ?

Dernier examen de médecine et de dentisterie, avant l’instauration d’un concours d’entrée dès 2023

Sur le site du Heysel, dans les palais 5, 7 et 9, des milliers d’étudiants francophones se sont pressés et quelque peu stressés pour passer l’examen d’entrée de médecine et dentisterie. Ils se préparent à cette épreuve depuis des mois, certains depuis des années.

Les candidats doivent répondre par écrit à des questions à choix multiples qui portent sur huit matières, fixées par décret et réparties en deux catégories : connaissance et compréhension des matières scientifiques et communication et analyse critique de l’information.

La première épreuve a lieu aujourd’hui, mais en cas d’échec, ces élèves auront la possibilité de passer une seconde fois l’examen le 27 août prochain.

Dernier examen avant un concours en 2023

Cette année, c’est la dernière fois que l’épreuve de médecine et dentisterie prend cette forme. La dernière fois qu’il n’y a pas de " filtre " à l’entrée des études.

L’an prochain, les candidats aspirants médecins ou dentistes devront se soumettre à un concours d’entrée. La différence sémantique est plus que significative. En 2023, un nombre X de numéros INAMI sera à pourvoir et c’est ce qui déterminera le nombre de lauréats au concours et donc aux études de médecine dès la première année.

6086 candidats à l’examen d’entrée de médecine et dentisterie
6086 candidats à l’examen d’entrée de médecine et dentisterie Mélanie Joris – RTBF

Saga des numéros INAMI

Le numéro INAMI, c’est en quelque sorte, un permis pour pratiquer la médecine conventionnée. Depuis des années, la répartition des numéros INAMI est devenue un nœud aux accents communautaires.

La Flandre reprochant aux francophones d’organiser une épreuve sans filtre à l’entrée qui ne permettait pas de garantir que le nombre de numéros INAMI octroyé aux francophones soit respecté. Car durant des années, le nombre d’étudiants médecins francophones ayant réussi leurs études a été très souvent plus important que le nombre de numéros INAMI disponibles.

Et donc, durant des années, soit des médecins ont pu obtenir un numéro INAMI de l’année suivante soit n’ont pas eu le précieux sésame. Bref, un casse-tête sans fin maintes fois dénoncé.

Accord historique en avril dernier

Pour régler, ce nœud qui se répétait d’année en année, le Fédéral et les Communautés se sont mis d’accord en avril dernier pour revoir le fameux numerus clausus pour augmenter le nombre de numéros INAMI à se répartir de chaque côté de la frontière linguistique (en raison aussi de la pénurie de médecins), mais surtout pour fixer leurs conditions d’octroi, d’où l’instauration d’un concours dès 2023 côté francophone.

Il a donc été décidé qu’en 2028, le nombre de numéros INAMI octroyé à la cohorte de médecins francophones sortants sera fixé à 744 (contre un demi-millier actuellement). Satisfaction générale, enfin… jusqu’à aujourd’hui.

Un comité de concertation spécial " examen de médecine "

Pour résumer, en 2022, il y a côté francophone encore un examen sans filtre. La possibilité donc qu’il y ait plus de diplômés médecins à la fin de leurs études et de facto un nombre qui ne correspondra peut-être pas au nombre de numéros INAMI fixés, si ce nombre de candidats ayant réussi l’examen d’entrée 2022 devait être supérieur à 744.

La Fédération Wallonie-Bruxelles s’est engagée à résorber, lisser cet excédent sur les trois premières années du futur concours d’admission. Une décision qui ne ravit pas la Flandre, elle estime n’avoir aucune garantie côté francophone de voir le même schéma se répéter d’année en année, encore.

Un comité de concertation a lieu, ce mardi matin, où ce point est le principal à l’ordre du jour. L’accord de mars dernier n’était-il pas validé par toutes les entités fédérées ?

La Fédération Wallonie-Bruxelles tente de rassurer la Flandre, un concours aura bien lieu dès l’an prochain. Le texte qui fixe les contours de ce concours d’admission passe demain en seconde lecture en gouvernement. Pas question de tout remettre en question.

En tout cas, en pleine épreuve du feu pour 6000 étudiants francophones, l’examen de médecine prend à nouveau un tournant communautaire.

Sur le même sujet : Extrait Vivacité (05/07/2022)

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