Tout comprendre sur le clash entre Christine Angot et François Fillon sur France 2

Entre Christine Angot et François Fillon, la sauce n'a pas pris.

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24 mars 2017 à 11:34 - mise à jour 24 mars 2017 à 11:34Temps de lecture3 min
Par Jean-Claude Verset

Sur un plateau de télévision, un débat entre le candidat François Fillon et l’auteure polémiste Christine Angot tourne au vinaigre: menace de suicide, mise en examen, coiffeur de Hollande… Tout y passe, jusqu’à en devenir incompréhensible pour un public belge peu initié. Voici les clés pour mieux comprendre le clash Angot/Fillon.

Folle ambiance jeudi soir sur le plateau de l’Emission Politique (France 2) animée par David Pujadas. L’exercice est connu: lors d’une émission marathon, un homme politique est soumis au feu des questions de journalistes vedettes, avant que ne surgisse l’invité surprise. Et François Fillon, candidats du parti Les Républicains, ne sera pas déçu. Pour le titiller, la chaîne publique a invité Christine Angot . Écrivaine, auteur d’articles et prompte à la controverse, Christine Angot est aussi connue pour avoir exhorté François Hollande, en février dernier, à se représenter à l’élection présidentielle. Pas vraiment une amie des Républicains.

Le chantage au suicide de Fillon

La première altercation concerne la référence faite par François Fillon à Pierre Bérégovoy, ancien Premier ministre sous Mitterrand.  Le candidat dit comprendre la situation dans laquelle l’homme s’est trouvé en 1993. "Le coup de Bérégovoy c’est malhonnête. Ça ne passe pas. Vous nous faites un chantage au suicide?" demande Christine Angot.

La clé pour comprendre: résistant et socialiste de la première heure, Pierre Bérégovoy a gravi tous les échelons de la politique avant de se suicider d’une balle dans la tête, peu de temps après avoir quitté Matignon. Le PS venait de perdre les élections, et la probité de l'ancien Premier ministre était mise en doute à propos d’un prêt de 150 000 euros obtenu sans intérêt, mais qui s’était fait en toute transparence devant un notaire. Lors du discours funèbre, François Mitterrand dira: "Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie". Les "chiens" en question étaient la presse en général et le Canard Enchaîné en particulier.

A la sortie de Christine Angot, François Fillon se défend: "Vous ne pouvez pas comprendre que je sois blessé. Quand j'ai quitté Matignon, j'ai beaucoup hésité à poursuivre la vie politique. Moi, je ne fais pas partie des gens qui sont nés en se disant 'un jour, je serai président de la République'.

Tous deux mis en examen ?

Alors que la conversation d’un niveau peu amène se poursuit, Fillon déclare en regardant Christine Angot: "Nous sommes deux ici à être mis en examen." "Oui, mais ce n’est pas la même chose", rétorque son interlocutrice.

La clé pour comprendre: si nul n’ignore la mise en examen du candidat Républicain, celle de Christine Angot est moins  médiatisée.  Elle concerne une chronique rédigée dans Libération, où l’auteure met en cause l’éditeur Christophe Lucquin , témoin dans le procès de l’écrivain Édouard Louis. Elle est poursuivie pour "atteinte à la présomption d’innocence" pour des écrits remontant au 2 avril 2016. Laurent Joffrin, directeur de Libération a également été mis en examen pour pour avoir publié cette chronique.

Et le coiffeur de Hollande?

Pris à partie à propos des fameux costumes coûteux reçus par un ami, François Fillon répond avec un sourire: "Et coiffeur de François Hollande, cela ne vous a pas choqué évidemment".

La clé pour comprendre: Les faits remontent déjà à un an. En juillet 2016, la presse dévoile que le coiffeur personnel de François Hollande est rémunéré 9895 euros par mois. Un montant auquel il faut ajouter des indemnités de résidence. Soit un total de près de 600 000 euros de rémunération brute cumulée sur cinq ans.

Énervée,  Christine Angot conclura: "C’est difficile de parler. C’est pour cela qu’il y a la littérature. Parce qu’on ne peut pas parler avec des gens comme vous."

Un échange surréaliste que David Pujadas décrira comme une "tentative de dialogue" en précisant dans la foulée que "parfois ça réussit, parfois cela s’emmanche moins bien". De fait.

Face-à-face François Fillon - Christine Angot - L'Emission politique (France 2)

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