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Toussaint : inscrire son nom pour l’éternité dans le jardin de mémoire à Chercq

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01 nov. 2021 à 15:38Temps de lecture1 min
Par Denis Vanderbrugge

En bordure d’Escaut à Chercq (Tournai), impossible de rater les monumentaux fours à chaux. Haut lieu de l’activité économique de la région il y a plus d’un siècle, l’endroit est aujourd’hui dédié à la mémoire. Un lieu de recueillement très vivant, loin de l’image du cimetière traditionnel.

Au milieu des arbres, le toit des fours à chaux héberge un jardin de la mémoire. Il est parsemé de plus ou moins 180 colonnes en métal rouillé. On les appelle ici " passe-mémoire ". Sur chaque colonne figurent le nom, le prénom et la date de naissance du propriétaire. Ses cendres y seront dispersées à son décès.

En ce jour de Toussaint, les proches viennent y rendre hommage à leurs disparus. C’est le cas de Philippa. Elle est venue fleurir le " passe-mémoire " de son papy. " C’est très différent d’un cimetière, fait-elle remarquer. Dans un cimetière, il n’y a pas autant d’arbres et de feuilles. Un passe-mémoire, c’est aussi plus joli qu’une tombe. En plus, ici, on a une jolie vue sur l’Escaut. "

Un lieu qui offre l’éternité

Le "passe-mémoire" offre l'éternité au défunt.

Toutes les colonnes se ressemblent, pas de différence selon la classe sociale. Le propriétaire peut juste l’agrémenter d’une petite sculpture le représentant. " Anne a sa colonne qui est parsemée de neuf fleurs en céramique qui représentent ses neuf petites filles, Arlette a mis un coquillage parce qu’elle adore la mer, Claudine a préféré un personnage de Saint-Jacques de Compostelle parce qu’elle fait le chemin de Compostelle ", nous montre Maud Nicolas, membre de la Fondation Famawiwi qui a créé ce jardin de la mémoire.

La concession coûte 1500 euros à perpétuité. Ce que ce lieu veut offrir, c’est l’éternité. " C’est un lieu qui ne laisse pas indifférent. Vivre un enterrement ici, c’est beaucoup plus porteur ", glisse Maud.

Le passe-mémoire symbolise plus la vie que la mort. " Ce n’est pas un lieu triste, nous explique Geneviève Guilbert, elle aussi membre de la Fondation Famawiwi. Il s’y passe des choses, on y fait la fête… "

La plupart du temps, on achète aussi un passe-mémoire de son vivant. Sur les 180 colonnes que l’on retrouve actuellement dans le cimetière, une trentaine seulement représentent des personnes décédées.

En haut du jardin, une vue imprenable sur l'Escaut.
En haut du jardin, une vue imprenable sur l'Escaut. RTBF - Sophie Mergen

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