Tennis

Tournoi d’Anvers – Sabine Appelmans : "Le tennis me passionne toujours, et le padel a fait renaître mon esprit de compétition"

Sabine Appelmans au tournoi d’Anvers, avec Dick Norman, le directeur de l’épreuve

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24 oct. 2021 à 08:44Temps de lecture4 min
Par Christine Hanquet

Sabine Appelmans fut, il y a une bonne vingtaine d’années, la numéro un du tennis belge. Avec Dominique Monami, elle représentait dignement notre pays dans les tournois du Grand Chelem, en Fed Cup, aux Jeux Olympiques. Depuis la fin de sa carrière, elle ne s’est jamais tout à fait éloignée du monde du tennis.

Elle est présente chaque année à l’European Open, le tournoi d’Anvers. Elle officie, micro à la main. C’est elle qui annonce les matches, et qui fait les interviews des joueurs sur le terrain, pour le public.

Entretien avec Sabine Appelmans, toujours passionnée de tennis…

Sabine, les joueurs que vous interviewez savent-ils que vous avez été vous-même dans le monde du tennis pendant de longues années ?

Certains oui, mais les jeunes non. Par exemple, le Français Arthur Rinderknech est le fils d’une ancienne joueuse, Virginie Paquet. Je me souviens d’elle. J’ai demandé à Arthur de dire bonjour à sa maman, et il m’a répondu : "C’est quoi, ton nom ?". Lui, il ne savait pas…


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Vous ne suivez pas le tennis uniquement une semaine par an, pour ce tournoi…

Je suis tout, parce que je fais encore pas mal de commentaires pour Sporza. Tout ce qui se passe en tennis m’intéresse, sans doute parce que j’ai été dans ce milieu. C’est plus fort que moi. J’ai été très contente des résultats de l’US Open, avec les nouvelles filles qui arrivent, Emma Raducanu, Leylah Fernandez. J’ai pris beaucoup de plaisir à regarder leurs matches. Même la nuit…

Sabine Appelmans interviewe les joueurs après leurs matches, au tournoi d'Anvers

Là, quand on vous voit parler de tennis, on se dit que vous êtes toujours aussi enthousiaste qu’avant…

C’est normal, cela a été ma vie. Ce qui est dommage, c’est que quand j’ai arrêté, c’était un peu devenu mon boulot. Et je ne prenais peut-être plus assez de plaisir. Quelques années plus tard, j’ai réalisé que c’était quand même une vie très agréable, bien que très dure. Je dis toujours aux jeunes qu’il faut en profiter, malgré l’énorme pression. Maintenant, je ne me rappelle que des bonnes choses.

Il y a actuellement pas mal de mamans sur le circuit, ce qui n’était pas du tout le cas à votre époque. Si cela avait été possible, vous auriez pu envisager de voyager avec un bébé ?

A ce moment-là, il n’y avait aucun exemple de maman-joueuse. Des filles comme Steffi Graf et Monica Seles s’arrêtaient avant leurs trente ans, et j’ai fait la même chose. Une vie de joueuse de tennis était pour moi tout à fait différente d’une vie d’après-tennis. Je n’ai jamais pensé que l’on pouvait combiner les deux. J’étais peut-être trop traditionnelle, à penser que si j’étais maman, je devrais rester à la maison avec mon enfant. Ce n’est plus du tout le cas maintenant, et des joueuses font les deux. Mais moi, je ne me suis même pas posé la question.

Mais ce n’est pas un regret ?

Non, bien sûr. Mais si je devais prendre une décision maintenant, je jouerais un peu plus longtemps. J’ai arrêté à 29 ans, et j’étais alors encore classée à la 22e place mondiale. J’étais donc toujours au top. Je ne voulais pas descendre, et je trouvais important de pouvoir arrêter ma carrière quand j’étais encore une bonne joueuse.

Rester sur le circuit comme coach, c’est quelque chose que vous n’avez pas envisagé, pour les mêmes raisons ?

On parle beaucoup du fait que dans le tennis, il n’y a pas beaucoup de femmes qui sont coach. C’est dû au fait que ce n’est pas si évident, avec des enfants. Cela dépend de la famille, si on a de l’aide à la maison. Je n’ai jamais voulu le faire. Maintenant, c’est différent, mes enfants sont grands. Si la question se posait aujourd’hui, je devrais y réfléchir. Et de toute façon, il faut bien se sentir avec la personne que l’on entraîne. J’ai parlé avec Xavier Malisse, ici, et il me décrivait Lloyd Harris comme un très bon gars, qui travaille très bien, qui est très sympa. Dans ce cas-là, c’est un chouette boulot, et on peut transmettre notre expérience.

Sabine Appelmans à l'Australian Open, en 2001

Justement, transmettre son expérience, c’est quelque chose d’important, même quand on n’accompagne pas un joueur ou une joueuse partout dans le monde ?

Je le fais, même si ce n’est pas vraiment mon boulot. Quand je vois des jeunes, j’essaie de les motiver et de leur donner de bons conseils, pour leur carrière.

Vous jouez encore, le plaisir ?

Pour le plaisir, non. Plutôt pour donner cours et aider quelqu’un d’autre. En revanche, je prends beaucoup de plaisir au padel. Je joue trois ou quatre jours par semaine. Je le fais pour moi, alors que quand je suis sur un terrain de tennis, c’est plutôt pour aider quelqu’un d’autre. Mais oui, je joue beaucoup au padel, je vais partout en Belgique pour jouer des tournois. Je me dis souvent que quand je joue au tennis, je suis payée pour cela ; et quand je joue au padel, c’est moi qui paye…

Et l’esprit de compétition est toujours là ?

Oui, il est toujours là. Après ma carrière de joueuse de tennis, j’ai toujours continué à faire du sport, j’ai couru un marathon, j’ai fait du vélo. Les gens me demandaient : "Tu le fais en combien de temps, c’est quoi ton objectif ?". Mais mon objectif était de m’amuser, de finir mon marathon. Et je n’avais aucun chrono en tête. Et maintenant, avec le padel, j’ai retrouvé l’envie de jouer des matches de compétition et de gagner. C’est très chouette.

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