Actualités locales

Tournai : un verger centenaire rempli de pommes, qui n’attendent que les cueilleurs !

Gueule de mouton. Gris braibant. Jacques Lebel. Si ça vous dit quelque chose… C’est que vous aimez les pommes, ou que vous êtes drôlement calé en la matière ! Des variétés comme celles-ci ne s’achètent pas en supermarché. Elles s’épanouissent dans des vergers anciens, comme celui-ci de Froyennes. Une pépite, nichée à l’abri du monde, et accessible à tous ! Une cueillette guidée était organisée ce dimanche. Suivez le guide : Joséphine Martin, du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut.

 

"Faites attention à la tête, parce qu’une pomme qui tombe, ça fait mal…" Munie d’un drôle d’outil à la fois long et crochu, Joséphine secoue une branche bien chargée. Poc, poc, poc…"Ohlà ! On a failli tuer la RTBF" s’exclame la jeune femme en riant. C’est vrai qu’un "délicieux projectile" n’est pas passé loin. "C’est une Jacques Lebel, une pomme assez rare", nous explique Joséphine. Elle connaît presque toutes les variétés par cœur, mais préfère vérifier sur un petit plan. "L’an dernier, à même époque, nous avons cueilli plusieurs pommes de chaque arbre. Puis nous les avons confiées au centre de recherche agronomique de Gembloux. Ils les ont toutes identifiées. De cette manière, nous savons exactement ce qu’il y a ici…" "Elles sont où les reinettes ?" Marguerite est particulièrement intéressée par ces pommes-là. "Ce sont, pour moi, les meilleures en gelée. J’en fais beaucoup, et de la compote aussi !" Avec son amie Marie-Angèle, elles viennent quasiment tous les jours. "On récolte, on distribue, on fait de la compote. Et puis on la distribue à ceux qui ne savent pas se déplacer, qui sont plus âgés. Ils sont bien contents de nous voir arriver", sourit Marguerite. Elles habitent à la résidence services toute proche, et en sont devenues les "spécialistes compote". Toutes deux ont entendu parler du verger par le "bouche-à-oreille". "La première fois, je n’osais pas prendre les pommes. J’ai rencontré quelqu’un de la commune, qui m’a dit que c’était ouvert à tous !" raconte Marguerite. "C’est un petit paradis, on y est tellement bien", poursuit son amie, avant d’aller s’asseoir sur un banc en bois.

© Tous droits réservés

"L’objectif de cette cueillette guidée, c’est de faire connaître l’endroit : que les gens osent y venir, pour pique-niquer, pour cueillir des pommes, pour méditer… C’est ouvert à tous, tous les jours". Parmi la quarantaine de pommiers, certains spécimens ont une centaine d’années. D’autres, beaucoup plus jeunes, viennent à peine d’être greffés, pour porter d’ici 5 ans des variétés peu connues. "On est content car malgré la sécheresse, aucun des jeunes pommiers n’est mort pendant l’été", explique Joséphine. "Mais d’autres arbres, plus âgés, sont sur le déclin. Voyez celui-ci, par exemple : il ne va pas bien du tout. Et malgré tout, il porte des pommes, me direz-vous. C’est leur façon à eux de chercher à se reproduire, avant de mourir. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour cet arbre, car l’énergie consacrée à produire des pommes elle ne va pas ailleurs".

Nous voilà sous un bel arbre, pratiquement dénué de pommes. "Cette pomme se cueille très tôt, donc il n’y en a presque plus sur l’arbre ! C’est une variété locale, très particulière : j’aimerais que tout le monde la goûte !" propose Joséphine. "C’est la transparente de Lesdain". Pour Lili, elle est "parfaite pour les bébés", car elle est "un peu mousseuse, on peut y planter les gencives sans se faire mal". Rudy, lui, effectue sa première cueillette de l’année. "Mais des pommes, j’en mangerai jusqu’en mars. Je les mets dans un cellier, à l’ancienne, sur des cageots ou des planches de bois. Je les trie, surtout les premières semaines. Et ensuite, elles se conservent très bien !".

© Tous droits réservés

Raphaël, 5 ans, court d’un arbre à l’autre. Son petit seau de plage se remplit à vue d’œil. "Je prends les belles, les plus rouges, les plus jaunes, les plus vertes !". Depuis qu’il est tout petit, il mange plus de pommes que de bonbons, nous expliquent ses parents. "Il aime beaucoup ça. Mais le fait qu’il les ait cueillies lui-même, ça leur donne encore plus de valeur", nous dit sa maman. "Venir ici, c’était une activité vraiment intéressante pour nous qui vivons en appartement à Tournai. On prend l’air, on lui montre d’où viennent les pommes plutôt que de les acheter dans un supermarché. Il va aller à l’école et va expliquer aux autres qu’il les a cueillies lui-même, il va en être tout fier !"

Il paraît qu’après avoir goûté à certaines variétés du verger, il est difficile d’acheter ses pommes dans un magasin. Profitez-en, tant qu’il est encore temps… L’adresse de ce verger public : rue des Déportés de Froyennes à Froyennes (juste à côté de la résidence Marcel Marlier).

Cueillette autorisée… en quantité raisonnable.

Joséphine Martin (Parc Naturel des PLaines de l'Escaut)
Joséphine Martin (Parc Naturel des PLaines de l'Escaut) © Tous droits réservés

Sur le même sujet

Après une année exceptionnelle avec des pommes à la pelle, d’innombrables particuliers font presser la cueillette de leur jardin

Régions Brabant wallon

Articles recommandés pour vous