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Tour de France 2022 : l’analyse détaillée du parcours entre étapes clés, passages délicats et pièges à éviter

Tour de France
29 juin 2022 à 08:55 - mise à jour 29 juin 2022 à 08:56Temps de lecture8 min
Par François Zaleski

La 109e édition du Tour de France s’élance ce vendredi 1er juillet de Copenhague. L’arrivée sera jugée sur les Champs Élysées le dimanche 24 juillet à Paris. Entre les deux, 3449,8 kilomètres répartis en 21 étapes à travers 4 pays. Plaines, montagnes, littoral, pavés, chrono ou sprint il y en aura pour tous les goûts cette année. Voici l’analyse détaillée du parcours de ce Tour de France 2022.

Première particularité de cette édition : elle s’élancera un vendredi, ce qui n’était plus arrivé depuis 34 ans. En exportant le grand Départ au Danemark, ce qui en fait le départ le plus septentrional de l’histoire du Tour, les organisateurs ont dû adapter leur logistique et leur calendrier pour permettre aux coureurs et aux suiveurs de rallier l’hexagone après leurs 3 jours d’escapade danoise. Une pratique à la mode puisque cette année le Tour d’Italie et le Tour d’Espagne profitent également de cette possibilité d’avancer la course d’un jour en s’élançant respectivement de Budapest en Hongrie et d’Utrecht aux Pays-Bas.

Le Danemark, royaume du chrono, du vent et du sprint

©A.S.O.

Il faudra rouler vite, très vite, pour s’emparer du premier maillot jaune de ce Tour de France. La première étape de cette Grande Boucle se dispute en contre-la-montre individuel sur 13,2 kilomètres dans les rues de Copenhague. Sur un parcours très plat les coureurs vont emprunter les grandes artères de la capitale danoise mais aussi le, plus étroit, Pont de la Reine Louise, considéré comme la voie cyclable la plus fréquentée du monde. Le tracé fait aussi la part belle aux fiertés de Copenhague en passant devant La Petite Sirène et le Palais royal Amalienborg offrant un terrain de jeu plus technique avec quelques virages piégeux à négocier. Les spécialistes de l’exercice chronométré, comme Filippo Ganna et Wout van Aert, devraient boucler leur chrono au-delà des 55 km/h de moyenne devant les Jardins de Tivoli. Le nom du premier leader de la course sera connu aux alentours de 19 heures.

Entre Roskilde et Nyborg, la deuxième étape s’annonce particulièrement tendue. La nervosité du début de Tour sera accrue par les risques de bordures dans cette première étape en ligne, disputée presque intégralement au bord de l’eau. Après avoir franchi 3 côtes de 4e catégorie qui permettront de décerner le premier maillot à pois du Tour, le peloton sera en permanence exposé au vent et les erreurs de placements pourraient déjà coûter cher aux coureurs piégés. Les rescapés devront ensuite gérer le franchissement du pont du Great Belt long de 18 kilomètres avant de se disputer la victoire au sprint dans les rues de la cité médiévale de Nyborg.

La dernière partie du triptyque danois emmènera le peloton de Vejle à Sonderborg sur 182 km et devrait nous offrir le premier sprint massif de ce Tour de France malgré une dernière partie d’étape à nouveau exposée au vent.

Les pavés de tous les dangers

©A.S.O.

Après les bordures danoises, les coureurs devront à nouveau appréhender le vent et quelques montées casse-pattes lors de la 4e étape entre Dunkerque et Calais. Mais la plus grande appréhension de ce début de Tour pour les candidats à la victoire finale c’est sans nul doute l’étape des pavés entre Lille Métropole et Arenberg Porte-du-Hainaut.

Le Tour n’empruntera pas les secteurs les plus redoutables de Paris-Roubaix mais avec 19,4 kilomètres de pavés à digérer le peloton va vivre une journée compliquée qui pourraient même s’avérer fatale pour les plus malchanceux. Chris Froome, Frank Schleck, ou Richie Porte le savent mieux que quiconque le Tour ne se gagne pas forcément sur les pavés mais on peut tout y perdre !

Regroupés dans les 75 derniers kilomètres du parcours, les 11 secteurs, dont 5 totalement inédits, ont été scrutés et reconnus par les principaux favoris de la Grande boucle. Le double tenant du titre, Tadej Pogacar, s’est d’ailleurs préparé spécialement cette année en prenant part à plusieurs classique flandriennes pour limiter les risques de mauvaises surprises lors de cette étape longue de 157 kilomètres.

Les favoris ne sont pas les seuls à avoir coché cette étape dans leur calendrier. Des coureurs comme Mathieu van der Poel, Wout van Aert, Tom Pidcock ou Florian Sénéchal devraient assurément animer cette journée et offrir un spectacle digne des classiques à cette 5e étape.

Une étape belge, longue et explosive

©A.S.O.

Qui dit classique dit aussi Belgique et comme en 2019, dans la foulée du Grand Départ à Bruxelles, c’est à Binche que les organisateurs ont décidé d’installer l’un de leurs villages départ. Estampillée "plus longue étape" de cette 109e édition avec ses 219.9 kilomètres, l’étape "belge" de ce Tour arpentera une partie des routes wallonnes en passant par les Lacs de l’Eau d’Heure avant de rejoindre la France après une septantaine de kilomètres.

En direction de Longwy le peloton ne devrait pas éprouver trop de difficulté à franchir les côtes des Mazures (2 km à 7,6% – 3e catégorie) et de Montigny-sur-Chiers (1,6 km à 4,4% classé 4e catégorie). Le final sera par contre plus compliqué pour les purs sprinteurs à cause de la côte de Pulventeux, (800 mètres à 12,3%, classé 3e catégorie) située à 6 kilomètres de l’arrivée. Une aubaine pour les puncheurs qui convoitent le maillot vert et qui pourraient aussi profiter d’une montée finale difficile mais non répertoriée pour émerger sur la ligne d’arrivée avant quelques mètres d’avance sur les hommes les plus rapides du peloton.

Il y a 3 ans Julian Alaphilippe s’était imposé à Epernay au terme de l’étape Binchoise. En l’absence du champion du monde français, Wout van Aert, Mathieu van der Poel, Peter Sagan, Mads Pedersen ou Benoît Cosnefroy pourraient à leur tour tomber le masque dans cette étape lancée depuis la cité des Gilles.

Les favoris à la Planche

©A.S.O.

En direction de Longwy le peloton ne devrait pas éprouver trop de difficulté à franchir les côtes des Mazures (2 km à 7,6% – 3e catégorie) et de Montigny-sur-Chiers (1,6 km à 4,4% classé 4e catégorie). Le final sera par contre plus compliqué pour les purs sprinteurs à cause de la côte de Pulventeux, (800 mètres à 12,3%, classé 3e catégorie) située à 6 kilomètres de l’arrivée. Une aubaine pour les puncheurs qui convoitent le maillot vert et qui pourraient aussi profiter d’une montée finale difficile mais non répertoriée pour émerger sur la ligne d’arrivée avant quelques mètres d’avance sur les hommes les plus rapides du peloton.

Il y a 3 ans Julian Alaphilippe s’était imposé à Epernay au terme de l’étape Binchoise. En l’absence du champion du monde français, Wout van Aert, Mathieu van der Poel, Peter Sagan, Mads Pedersen ou Benoît Cosnefroy pourraient à leur tour tomber le masque dans cette étape lancée depuis la cité des Gilles.

Ce n’est pas encore la haute montagne mais avec une arrivée au sommet de la Super Planche des Belles Filles à 1140 mètres d’altitude, les candidats au maillot jaune vont, pour la première fois, se jauger sur leur terrain de prédilection ce vendredi 8 juillet.

Les favoris du Tour auront sans doute la boule au ventre au départ de cette 7e étape à Tomblaine. La Planche des Belles Filles (7 km à 8,7%) n’a pas encore les lettres de noblesse des plus hauts cols alpins ou pyrénéens, mais avec 5 arrivées lors des 9 dernières éditions la station des Vosges est devenue un des lieux incontournables de la Grande Boucle.

Les amateurs de vélo n’ont pas oublié que c’est sur ces pentes que Chris Froome s’était révélé en 2012, que Vincenzo Nibali avait enfilé le maillot jaune pour ne plus le lâcher en 2014 et que Tadej Pogacar avait dépossédé son compatriote Primoz Roglic du maillot jaune à la veille de l’arrivée à Paris au terme d’un contre-la-montre de légende en 2020.

Mais entre les deux, la Planche s’est allongée. Depuis 2019, et la victoire du Belge Dylan Teuns, l’arrivée se situe un bon kilomètre plus loin, au bout d’un chemin empierré de 800 mètres affichant des passages à 24% de déclivité. Désormais renommée Super Planche des Belles Filles cette arrivée offre terrain de jeu idéal aux grimpeurs puissants qui pourraient créer déjà quelques écarts significatifs au classement général.

Une montée en puissance dans les Alpes

Après une arrivée au sommet d’une belle bosse de 4 kilomètres à Lausanne, c’est par la Suisse que le peloton entrera dans les Alpes cette année. Toutefois, la première étape alpestre ne devrait pas être convoitée par les hommes du général. Au départ d’Aigle, où se situe le quartier général de l’UCI (Union cycliste internationale), la 9e étape, qui mène à Châtel, se jouera probablement sur les pentes du Pas de Morgins (15,4 km à 6,1%) et ne devrait pas constituer une étape déterminante dans la lutte pour le maillot jaune malgré ses 193 kilomètres.

Après une journée de repos, toujours compliquée à gérer pour les organismes, la deuxième étape alpestre offrira à nouveau un parcours propice aux attaquants entre Morzine et l’altiport de Megève. Pas de difficultés majeures au menu, les compteurs de watts ne devraient pas s’affoler, mais la distance assez courte (148,1 kilomètres) et la montée finale assez longue (19,2 kilomètres à 4,1%) obligeront le peloton à rouler à un rythme élevé pour ne pas laisser les échappés s’envoler.

Le lendemain c’est une tout autre étape qui attend le peloton. Trente ans après avoir accueilli les Jeux olympiques d’hiver, Albertville donnera cette fois le départ d’une étape clé du Tour de France. Les équipes des favoris n’auront pas l’occasion de profiter du détour par les magnifiques Lacets de Montvernier dans cette 11e étape exigeante qui empruntera le col du Télégraphe (11,9 km à 7,1% – 1re catégorie) et l’interminable col du Galibier (17,7 km à 6,9% – hors-catégorie) avant l’ascension du col du Granon (11,3 km à 9,2%) en direction de Serre Chevalier à 2413 mètres d’altitude.

ASO

Le feu d’artifice de ce passage dans les Alpes aura lieu, il fallait s’en douter, le 14 juillet. En ce jour de fête nationale française, le peloton empruntera une grande partie du tracé de l’étape de la veille en sens inverse et offrira aux nostalgiques une réplique exacte de l’étape Briançon – Alpe d’Huez de l’édition de 1986 lorsque Bernard Hinault et Greg LeMond avaient franchi la ligne d’arrivée main dans la main quelques jours avant la première victoire finale de l’Américain à Paris. Galibier, Croix de Fer et Alpe d’Huez, au total ce sont 4750 mètres de dénivelé positif qui attendent les coureurs lors de cette 12e étape. Avec trois cols hors-catégories à gravir et deux très longues descentes à négocier, cette étape de 165 kilomètres offrira très peu de zones de récupération. Un programme haletant qui viendra aussi célébrer les 70 ans de la toute première arrivée du Tour de France en altitude à l’Alpe d’Huez en 1952.

Suite à cette indigeste traversée des Alpes, les baroudeurs devraient reprendre la main en direction Saint-Etienne, Mende et puis Carcassonne où le peloton soufflera pour la troisième et dernière fois de ce Tour de France.

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Les Pyrénées comme juge de paix

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Au départ de Carcassonne ce sont les Pyrénées qui se profilent désormais à l’horizon. La 16e étape en direction de Foix devrait faire la part belle aux attaquants qui pourraient mettre à profit les 2 premières difficultés du jour pour céder compagnie au peloton et s’expliquer dans le Port de Lers (11,4 km à 7%) et le Mur de Péguère (9,3 km à 7,9%) qui proposera des passages exigeants à 17% de déclivité. La décision pourrait néanmoins se faire dans la descente technique de 21 kilomètres en direction de Foix.

L’étape du lendemain entre Saint-Gaudens et Peyragudes sera courte (130 km) mais intense. Après 50 kilomètres relativement plats le peloton fera face à 4 difficultés à avaler en moins de 80 kilomètres. Le col d’Aspin (12 km à 6,5% de moyenne), la Hourquette d’Ancizan (8,2 km à 5,1%) et le Col de Val Louron-Azet (10,7 km à 6,8%) avant la difficile montée vers l’altiport de Peyragudes (8 km à 7,8%) et ses 500 derniers mètres redoutables à près de 16% de moyenne.

Le gros morceau pyrénéen est programmé pour le 21 juillet. En ce jour de fête nationale belge, les candidats au maillot jaune exauceront peut-être une petite prière devant le sanctuaire de Lourdes au matin de la dernière étape de montagne de ce Tour de France. Une étape qui proposera un mélange entre cols mythiques de la Grande Boucle, comme le col d’Aubisque (16,4 km à 7,1% – hors-catégorie) ou le col du Soulor, et l’arrivée de nouvelles routes comme le col de Spandelle (10,3 km à 8,3%). Mais c’est une valeur sûre du Tour qui clôturera l’exercice montagneux de cette 109e édition avec la montée vers Hautacam (13,6 km à 7,8%) qui pourrait se révéler déterminante dans la lutte pour le maillot jaune comme en 2014 lors de la victoire de Vincenzo Nibali.

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Un chrono long et décisif

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C’est le Jour J pour les leaders du classement général. A la veille de l’arrivée finale à Paris, les organisateurs n’ont pas ménagé les coureurs en programmant un contre-la-montre individuel de 40,7 kilomètres entre Lacapelle-Marival et Rocamadour. Après 3 semaines de course, la fraîcheur et la puissance feront assurément la différence sur les routes vallonnées et sinueuses du Lot. Le classement final pourrait même vaciller dans les tout derniers kilomètres de l’épreuve puisque deux ultimes difficultés viendront émailler le final de l’étape avec la côte Magès (1,6 km à 4,7%) à 4 kilomètres de l’arrivée et la côte finale de l’Hospitalet (1,5 km à 7,8%).

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