Tom Boonen au départ du Tour de France

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03 juil. 2009 à 18:57Temps de lecture2 min
Par RTBF

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La décision est définitive. Amaury Sport Organisation (ASO), qui avait récusé Boonen le 18 juin, n'a pas de possibilité d'appel, selon la convention qui lie les équipes à l'organisateur. Pour la deuxième année d'affilée, Boonen avait été interdit de Tour par les organisateurs, après avoir été à nouveau contrôlé positif à la cocaïne hors compétition, le 25 avril. ASO avait justifié cette exclusion "pour atteinte à l'image du Tour".

 

Après un premier recours, lundi devant le Tribunal de grande instance de Nanterre, en banlieue parisienne, qui s'était déclaré incompétent, le coureur et son équipe s'étaient ensuite adressés à la Chambre arbitrale du CNOSF. Après les plaidoiries jeudi, cette instance s'est donc prononcée en faveur de la participation de Boonen à la Grande Boucle, à la veille du départ de Monaco. Boonen, sacré champion de Belgique dimanche à Aywaille, prendra place au sein de l'effectif Quick Step où disparaît l'Australien Allan Davis, initialement inscrit, qui lui cèdera son dossard 153. Le vainqueur de Paris-Roubaix au printemps dernier vise ouvertement le maillot vert qui récompense le meilleur sprinter de l'épreuve. "Si j'ai la chance de participer, je sais que je ne serai pas le bienvenu. Mais il faudra que je transforme ce stress négatif en force pour réussir de bons résultats", avait expliqué Boonen en début de semaine.

 

"Le Tour n'est pas une discothèque"

 

Maître Jean-Louis Dupont, l'avocat du champion de Belgique Tom Boonen (Quick.Step), se félicite à plus d'un titre de la décision du CNOSF : "En premier lieu", a-t-il ainsi souligné lors d'un entretien téléphonique avec l'agence belga, "le résultat obtenu était de la plus haute importance pour le coureur et son équipe. Je suis donc franchement heureux pour mes clients. Mais je le suis peut-être encore davantage comme avocat. Pas à titre personnel, mais parce que c'est le droit qui a gagné dans cette affaire. Le verdict va sans doute être considéré comme surprenant, alors que pour un juriste qui connaît le dossier, il n'y en avait pas d'autre possible. Encore fallait-il tomber, comme cela a heureusement été le cas cette fois, sur des juges intègres et indépendants, capables de se placer au-dessus de l'aspect franco-français de l'affaire, pour la traiter en regard du droit et des lois, sans autres considérations ou interférences. Il était évident que Boonen a été traité de manière discriminatoire par ASO..."

 

Maître Jean-Louis Dupont attend maintenant avec impatience la sentence officielle, et surtout la publication des arguments qui ont amené le tribunal à la prononcer. "Vu l'urgence, on n'a eu connaissance aujourd'hui (vendredi, ndlr) que de la décision", explique-t-il en effet. "Les motivations qui l'ont justifiée n'arriveront que dans un mois. Elles seront de toute première importance. Une chose est cependant d'ores et déjà très claire, sur un plan juridique: il y a désormais une limite aux droits des organisateurs. Le Tour de France", conclut ainsi Jean-Louis Dupont, "ce n'est pas une discothèque où la direction se réserve souverainement le droit d'entrée, décrétant qu'untel nuit à l'image de l'établissement, alors que tel autre, coureur, directeur sportif ou commentateur, bien davantage compromis, n'a qu'à montrer patte blanche pour entrer quand même avec la bénédiction de ASO..."

 

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