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Cyclisme

Tirreno-Adriatico : simple coup de froid ou coup de mou pour Remco Evenepoel ?

13 mars 2022 à 11:39Temps de lecture3 min
Par Martin Weynants

Remco Evenepoel a vu ses ambitions de bien figurer au classement général de Tirreno-Adriatico voler en éclat sur les pentes raides du Monte Carpegna. Lâché à 34 kilomètres de l’arrivée, il a concédé 4 minutes sur la ligne à un Tadej Pogacar une nouvelle fois impressionnant. Il est sorti du Top 10.

Très attendue la première véritable confrontation entre Pogi et Remco. Pendant 5 étapes, les deux prodiges du peloton ont fait jeu égal. Court avantage à notre compatriote sur le chrono, réponse du Slovène à Bellante. Les deux hommes ont aussi animé le final de la cinquième étape avant de connaître une erreur d’aiguillage.

Un bel échauffement avant le grand affrontement dans la double ascension du Monte Carpegna. Sauf que le duel n’a pas eu lieu. Remco a rendu les armes à plus de 30 kilomètres de l’arrivée. Pogacar a fait une nouvelle démonstration de sa forme éclatante (6 victoires déjà cette saison).

Panne de jambes ? Coup de froid ? Limites dans les pourcentages élevés ? Les questions fusent pour expliquer les 4 minutes déboursées par le leader du Wolfpack.

Le principal intéressé ne cherche pas la moindre excuse. Il a connu un jour sans. "Pas assez bon aujourd’hui (lire samedi). Merci à l’équipe (coureurs et staff) pour avoir bossé aussi dur et félicitations à Pogacar", a-t-il sobrement posté sur son compte Twitter.


"Je n'ai jamais abandonné, j'ai essayé de limiter les dégâts. Quand tu vois la facilité avec laquelle Pogacar a lâché les autres, il était clairement le meilleur. À ce niveau, tu dois être à 100% pour pouvoir lutter, si tu es à 80 ou 85%, tu passes une mauvaise journée, tu le paies cash. Je ne pouvais pas développer la puissance nécessaire, il manquait 30, 40 watts pour être là", a-t-il précisé au départ de la 7e étape.

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Pogacar avait senti venir la défaillance de celui qui était encore son dauphin au Général. "J’avais vu qu’il souffrait, ce qui fut le cas de beaucoup de coureurs qui ont été à la peine à cause du froid", a souligné le Slovène après sa victoire. Les images d’un Remco frigorifié à l’arrivée semblent appuyer ces propos. Notre compatriote avait déjà souffert dans des conditions météo compliquées lors du dernier Giro.

L'accumulation des efforts peut-elle expliquer ce coup de mou ? "J'avais bien travaillé et j'étais sur la bonne voie pour essayer d'être sur le podium. J'espère que je pourrai en tirer des leçons et que nous pourrons trouver quelque chose pour éviter que ça se reproduise. La semaine a été difficile. Peut-être une accumulation de la fatigue. Cette course était un test et jusque samedi, tout se passait idéalement. Hier, j'étais mauvais, perdre quatre minutes dans une course par étapes d'une semaine, c'est beaucoup".

Dernière explication avancée, les limites supposées d’Evenepoel dans les pourcentages élevés. Le Monte Carpegna (et ses 6,2 km à près de 10% de moyenne) affichait sans doute un profil favorable au pur grimpeur qu’est Pogacar. Remco est sans doute plus à l’aise dans des côtes régulières mais il a déjà prouvé qu’il pouvait accompagner les meilleurs ou limiter la casse quand la pente se raidit. Il l’avait fait dans le mur de Sormano (avant sa grave chute en Lombardie), il avait été loin d’être ridicule dans la première partie du Giro ou Tour d’Emilie la saison dernière. Le Mur de San Luca est certes plus court (2,1 km à 9,4%) mais il avait été gravi à cinq reprises.


Evenepoel est passé à côté de cette 6e étape de Tirreno. Il espérait certainement mieux. Mais il ne faut pas paniquer non plus. Ses objectifs sont plus lointains que ceux de Pogacar par exemple. Le Slovène s’alignera – avec des ambitions – à Sanremo et au Ronde quand Remco peaufinera sa condition au Tour du Pays basque.

Un programme différent avant que les deux hommes ne se retrouvent sur les Wallonnes (Flèche, Liège-Bastogne-Liège). Et à plus long terme, Pogi briguera un 3e titre en juillet sur les routes du Tour de France. L’ancien vice-champion du monde du chrono devra, lui, être au top de sa condition dans la deuxième partie du mois d’août pour la Vuelta.

Aussi doué soit-il, Remco a besoin de temps. Au pays du vélo, ses performances sont scrutées la pression est forte. Evenepoel est un énorme talent qui a découvert le vélo sur le tard. Ce n’est pas encore un "produit fini" et sa grave chute en Lombardie a encore freiné son apprentissage. Jusqu’où peut-il aller ? Gagnera-t-il un grand tour ? Personne ne le sait. Seul, l’avenir nous le dira alors patience.

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