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Tinne Van der Straeten : "La sortie du nucléaire n’est pas un but en soi."

29 sept. 2021 à 06:57 - mise à jour 29 sept. 2021 à 09:19Temps de lecture3 min
Par A.T.

Les prix de l’énergie augmentent fortement et s’installent dans les discussions budgétaires. Pour Tinne Van der Straeten, ministre fédérale de l’Énergie (Groen), la réponse à court terme face à cette hausse de prix est de prolonger le tarif social. La ministre attend aussi l’évaluation de projets alternatifs en novembre avant de se prononcer sur la fermeture de tous réacteurs nucléaires.

 

Cette hausse des prix est un phénomène mondial : il y a une forte demande avec la reprise de l’économie après corona. Pour agir au court terme, le plus rapidement et efficacement, c’est le tarif social ", explique Tinne Van der Straeten au micro de Matin Première.

Les conditions d’accès au tarif social ont été élargies en février et le nombre de bénéficiaires a doublé. "Ces personnes concernées sont donc aujourd’hui protégées contre les hausses de prix. Ensemble avec mon collègue Pierre-Yves Dermagne, nous défendons la prolongation du tarif social ", poursuit la ministre Groen.

Mesures pour les classes moyennes

Alors que le tarif social concerne les personnes à bas revenus, la ministre Groen insiste pour prendre des mesures sur le long terme pour aider la classe moyenne : " La réponse à long terme la plus structurelle, c’est d’investir dans les énergies renouvelables dont les prix ne font que baisser et aussi dans l’efficacité énergétique. "

La marge de manœuvre du fédéral est assez limitée puisque la taxe fédérale sur la facture énergétique ne représente que 5% du montant total. Dans ce cadre, Tinne Van der Straeten a un plan avec le ministre des Finances, Van Peteghem (CD&V) : " On va transformer les taxes fédérales en accises. On peut ainsi honorer l’engagement du gouvernement : la part fédérale de la facture énergétique ne va pas augmenter. "

Le PTB et d’autres partis d’opposition plaident pour une réduction de la TVA de 21 à 6%, proposition rejetée par la ministre : "C’est une mesure qui coûte cher, un milliard d’euros par an. On préfère les mesures ciblées pour les ménages aux plus bas revenus."

Les socialistes proposent un rabais forfaitaire, comme en France. "Il n’y a que 5 millions de bénéficiaires en France. C’est une mesure moins efficace et qui touche proportionnellement beaucoup moins de monde que le tarif social chez nous", se défend Tinne Van der Straeten.

Nucléaire : respect de l’accord de gouvernement

La transition énergétique risque fortement de faire augmenter les prix de l’énergie, mais l’augmentation actuelle des prix du gaz n’entre pas dans ce contexte, assure la ministre écologiste : "La hausse du prix d’aujourd’hui n’a rien à voir avec une sortie du nucléaire en 2024. Le vent et le soleil sont les sources les meilleur marché. Si on avait mieux investi dans les énergies renouvelables ces 20 dernières années, on serait mieux protégé aujourd’hui."

Pour remplacer la capacité de production nucléaire, des alternatives sont envisagées, comme de nouvelles centrales à gaz. La question est de savoir si ces alternatives seront suffisantes pour pouvoir fermer les sept réacteurs nucléaires du pays. Réponse de la ministre : "La sortie du nucléaire n’est pas un but en soi, c’est un moyen de passer à une énergie 100% renouvelable. Il n’y a pas uniquement que des centrales à gaz, par exemple : des projets de batteries. Il y a beaucoup de projets sur la table sur différentes sources d’énergie. L’évaluation sur la sécurité d’approvisionnement aura lieu en novembre. "

Alors restera-t-il encore 5 ou 7 réacteurs ouverts en 2024 ? " En tant qu’écologiste, je veux passer à une énergie 100% renouvelable. Pour cela, on doit organiser leur forte croissance. On a mis en place un mécanisme qui va soutenir les investissements et l’évaluer. Tout le reste, c’est de la spéculation", conclut Tinne Van der Straeten.