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Thuin : les parents se mobilisent après l’annonce de la fermeture de la crèche des Mini-Doux

Fermeture d'une crèche à Thuin (N. Rondelez)

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25 janv. 2023 à 08:57Temps de lecture2 min
Par Nicolas Rondelez

Les parents ont eu la puce à l’oreille lorsque Fanny Dufour, coordinatrice de la crèche de leur(s) enfants, les Mini-Doux à Biercée, les a convoqués pour une réunion. Confirmation, lundi soir : la crèche fermera ses portes le 31 mars prochain. Depuis son ouverture il y a 12 ans, quelque 300 enfants sont passés par les petits soins de Fanny. Les premiers sont entrés en secondaire cette année. Mais pour la gérante de cette structure d’accueil de la petite enfance, l’histoire est arrivée à son terme. La mort dans l’âme, en pleure, Fanny se livre ; "c’est financièrement compliqué depuis le début. La crise Covid a encore rendu la situation plus difficile. Récemment, je suis devenue maman. Seule, je pouvais continuer à survivre, mais en regardant ma fille, je dois me rendre à l’évidence. Ce n’est plus possible. Pour elle, je ne peux pas continuer comme cela". C’est clairement son statut d’indépendante, les salaires de deux puéricultrices, les charges professionnelles et de son bâtiment, que Fanny n’est plus en mesure d’assumer seule.

Les parents se mobilisent

22 enfants sont accueillis chaque semaine à la crèche des Mini-Doux. Sa fermeture annoncée tracasse donc 22 familles. Mais plutôt que de d’ores et déjà chercher une solution de leur côté, les parents concernés ont décidé de s’associer, à la recherche d’une solution. Leur désir premier est de pouvoir continuer à déposer leurs bambins à Biercée, près de chez eux. Lucile Loewer est une des mamans : "Nous déposons nos enfants à une personne de confiance qui devient presque un membre de la famille. La première réaction des parents a été la tristesse. C’est difficile de voir Fanny dans cette situation-là. On confie nos enfants à des personnes qui s’en occupent pendant des mois qui sont structurants dans leur développement. C’est personnes se retrouvent dans des situations précaires parce que ces métiers ne sont pas valorisés. Fanny se retrouve isolée et sans solution. On ne peut pas rester à ne rien faire. Avec les parents, à notre petit niveau, nous avons chacun activé nos réseaux. Le but c’est de faire partie ensemble de la solution et pas de subir le problème chacun de son côté. On reste positif, en tout cas".

La commune de Thuin ne peut pas rester insensible

Thuin ne dispose pas de structure publique d’accueil de la petite enfance. Pas de crèche communale, en d’autres termes. La crèche des Mini-Doux, certes privées, fait donc partie d’une offre de services essentiels pour les thudiniens et que la commune ne peut pas négliger. C’est ce que confirme Marie-Eve Van Lathem, la bourgmestre : "Nous avons une politique de maintien et d’accueil des jeunes ménages sur notre entité. Cette offre de services est donc essentielle. Les Mini-Doux est une structure privée, mais si elle devait fermer, elle mettrait dans l’embarras 22 familles. Nous devons y être attentifs. Je rencontrerai la responsable afin de comprendre ce que sont ses difficultés. Nous avons deux ASBL à Thuin, Le Musti et le Cerf-Volant, en ce qui concerne la petite enfance, qui s’occupent des gardiennes encadrées. Je vais voir avec ces structures comment nous pouvons intervenir pour sauver les Mini-Doux. C’est un service essentiel".

131 millions de budget wallon pour l’accueil de la petite enfance.

Le manque de place pour l’accueil de la petite enfance est criant. La Wallonie a débloqué un budget de 131 millions d’euros pour son plan cigogne : la création de 3143 places supplémentaires dont 1259 dans le Hainaut. Un plan qui s’étale jusqu’en 2026.

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