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Scène - Théâtre

Thomas VDB : " J’aime être celui qui fait rire quand rien ne va plus"

"Je suis très ferroviaire. Une fois posé dedans, si j’ai un livre ou de la batterie dans mon téléphone, ça peut durer plus longtemps", raconte Thomas VDB.
22 oct. 2021 à 09:28 - mise à jour 22 oct. 2021 à 09:294 min
Par AFP

L’humoriste Thomas VDB vient de sortir un premier livre dans lequel il raconte ses obsessions du passé alors qu’il remonte sur scène pour raconter ces craintes actuelles et celles du futur.

Depuis 22 ans, Thomas VDB écume le monde médiatique, d’abord comme journaliste, puis comme humoriste. De prime à bord bosseur, il est en réalité un passionné du "farniente", fuyant les températures élevées et les conflits qu’il désamorce à coups de vannes.

Lorsque Thomas VDB, de son vrai nom Thomas Vandenberghe, raconte sa rencontre avec Hubert, ami de ses parents et "zinzin de jazz", il décrit les moindres détails jusqu’aux "tchoubidou ouap, ouap ! ded’up !!!", les sons qui sortent de la bouche d’Hubert. Voilà l’une des anecdotes que l’on peut retrouver dans son livre "Comedian Rhapsodie", sorti le 13 octobre aux éditions Flammarion. Pour les habitués de ses chroniques sur France Inter qui poseront le regard sur son ouvrage, sa voix résonne à la lecture comme une mélodie reconnaissable entre mille. Thomas VDB écrit comme il parle, avec une musicalité et un lexique bien à lui.

Fromages - La chronique de Thomas VDB

un extrait de l'émission "Par Jupiter" sur France Inter

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Outre la sortie de ce premier livre truffé de nostalgie et d’autodérision, l’ancien journaliste musical a repris son spectacle "Thomas s’acclimate" au Théâtre de l’Européen à Paris à la mi-septembre et boucle les dernières représentations avant de filer en tournée. "L’an dernier, il y a eu tellement d’effets d’annonce. La reprise, je n’y croyais plus et j’ai vraiment eu peur que mon spectacle devienne obsolète", confie-t-il, assis dans le canapé d’une des salles du théâtre, remplie de sculptures et de bricoles en tout genre.

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La tignasse échevelée, la barbe mouchetée de gris, Thomas VDB fait preuve d’une affabilité décontractée et semble loin des sujets "un peu angoissants" de son spectacle. Pourtant, pour la première fois dit-il, il s’empare de thématiques "sociétales" dans un one-man-show. Réchauffement climatique, cancel culture, politique… Du VDB que l’on connaît grâce à France Inter et l’émission "Par Jupiter".

"Le mot sociétal me fait peur. Ça fait genre 'je vais vous faire réfléchir'. Pour moi [le but] est d’abord de faire rire. Les sujets dont je m’empare et les façons de vouloir faire rire avec, peut-être que ça fait réfléchir et certainement que réussir à faire rire sur des sujets flippants, ça consiste en partie à y réfléchir", explique l’humoriste de 44 ans.

Ex-Parisien mis au vert

Dans "Thomas s’acclimate", le comédien témoigne de son angoisse pour le réchauffement climatique, les vagues de chaleur le rendant anxieux. Une chose dont il dit "souffrir" et "s’inquiéter" énormément, d’autant plus depuis la naissance de ses enfants. "Moi dès qu’il fait plus de 30° C, j’ai envie de mourir, mais avec les changements qui vont arriver dans 15 ou 20 ans, rien de très reluisant n’est à venir".

Un héritage légué à son fils de cinq ans, qui à l’instar de son père, pousse "des cris de dégoût" lorsque la chaleur l’étouffe. Et même une banale sortie à la plage peut devenir pour lui une véritable torture. "Je le fais pour ma famille, mais c’est un calvaire", résume-t-il en évoquant les vacances les pieds dans le sable.

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Mais depuis quatre ans, Thomas VDB dort sous la fraîcheur des nuits de l’Essonne, là où il s’est installé avec sa compagne — comédienne elle aussi — et ses enfants. Loin du Paris dans lequel il a vécu "en boule" la canicule d’août 2003.

Sans permis, il relie son domicile à la capitale en RER. Un moment qu’il chérit : "Je suis très ferroviaire. Une fois posé dedans, si j’ai un livre ou de la batterie dans mon téléphone, ça peut durer plus longtemps", raconte le comédien. Un temps de "farniente" cher à Thomas VDB, qui "adore ne rien faire". Il écoute en boucle The New Pornographers, son groupe du moment, découvrir de nouveaux sons, lire un bouquin ou "scroller" les réseaux sociaux.

Médiateur obsessionnel

Né en 1977, dans un "climat océanique tempéré", Thomas VDB tombe dans la musique en regardant "West Side Story". "Mon plus ancien souvenir musical est celui d’après-midi entiers que je passais allongé sur le canapé l’oreille collée à l’enceinte en suçant mon pouce et en regardant les photos de la pochette de 'West Side Story'", note-t-il dans son livre "Comedian Rhapsodie".

Membre officiel du fan-club de Queen dans sa jeunesse, Thomas VDB est un collectionneur, passionné de notes, d’archivage, fonctionnant par obsessions. De Queen à The Cult, au Weezer, il est obnubilé depuis une dizaine d’années par le groupe canadien The New Pornographers. La musique le rend dingue.

Son premier métier a été un "mash-up" de toutes ses obsessions : journaliste musical. Un métier qu’il exerce de 1999 à 2005, avant de se tourner vers l’humour, avec un premier spectacle. Mais alors que ses obsessions mutent, sa passion collection s’essouffle aujourd’hui. Il dit même ressentir un certain désamour et une légère honte.

Il n’y a rien de plus ridicule que de se regarder être fier d’ajouter quelque chose à sa collection. Il y a un autre moi qui regarde et qui dit Mais qu’est-ce que tu fais là ?'

Appréciant la solitude, Thomas VDB préfère traîner en groupe de deux ou trois personnes et s’éloigner des mondanités. Il balance dans les nuances et se décrit plutôt comme médiateur. "Un jour on m’a fait le truc de l’ennéagramme et moi je suis le 9, le médiateur", raconte-t-il pour justifier son propos, même s’il n’y croit pas. Il donne un autre exemple : "Je constate que quand il y a des gens qui ne sont pas d’accord dans la même pièce, j’aime être celui qui va détendre l’atmosphère". A l’instar de son spectacle, il aime désamorcer les situations anxieuses, le genre à faire des blagues lorsqu’il est perdu en voiture avec ses potes. "Je me rends compte que j’aime être celui qui les fait rire quand rien ne va plus".

Peut-être donnera-t-il une représentation lors de la fin du monde ?

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