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Thierry Giet, le président du PS qui "comprend" la grève de lundi

Thierry Giet, président du PS, dans le studio de Matin Première

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26 janv. 2012 à 07:56Temps de lecture3 min
Par Adrien de Callataÿ
Thierry Giet, le nouveau président du PS, connaît un début de présidence difficile. D'une part, l'avenir des francophones a divisé les troupes. Et d'autre part, une grève se tient ce lundi. La FGTB parle déjà de "traîtrise" de la part du PS. L'invité de Matin Première dit comprendre l'inquiétude des travailleurs relayée par les syndicats. Le Liégeois ne condamne pas la grève mais en appelle à revenir à une concertation sociale qui aboutira, affirme-t-il.

Elio Di Rupo, lui, avait été moins tendre avec les syndicats. "Les syndicats conduisent à l'abîme", avait-il dit. Thierry Giet se veut clair: "Depuis qu'Elio Di Rupo est devenu premier ministre, le parti socialiste, c'est le parti socialiste et le gouvernement, c'est le gouvernement". Il est, selon lui, indispensable d'entendre et comprendre l'inquiétude des travailleurs. "Mais nous sommes là aussi pour préserver notre modèle social. Et nous le faisons !".

Pas touche aux dépenses

Un contrôle budgétaire est prévu fin février, on risque bien de voir arriver un deuxième tour de rigueur. Etienne de Callataÿ évoquait en début de semaine le chiffre de deux milliards d'euros à trouver. Thierry Giet rappelle cependant que l'effort à faire n'est pas encore connu et refuse donc de réagir sur des montants.

Quoi qu'il en soit, l'invité de Bertrand Henne est catégorique, le PS ne veut pas de nouvelles économies sur les dépenses. "A ce moment-là, c'est la sécurité sociale,civile ou la SNCB qu'on va toucher", alarme-t-il. "Nous sommes à l'os. Aller plus loin, c'est toucher à ce qui fait notre modèle social".

Aller chercher des nouvelles recettes semble indispensable. Thierry Giet estime qu'il y a encore beaucoup à faire sur le revenu du capital, sur la taxation des plus-values en matière d'actions ou des niches fiscales que l'on peut aller toucher. "Que chacun contribue selon ses moyens", dit le président du PS en visant les grosses fortunes.

Fédération Wallonie-Bruxelles: Thierry Giet ne choisit pas son camp

Les souhaits du socialiste Jean-Claude Marcourt de voir la déconstruction de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la régionalisation de l'Enseignement régionalisé ont suscité les foudres des autres partis, mais également d'autres membres du PS. Joëlle Milquet exhortait le président du PS à "siffler la fin de la récréation au PS". L’intéressé regrette l'expression. L'important pour lui est qu'il y ait un vrai débat. "Quoi de plus normal que de réfléchir à l'avenir des Régions ? C'est l'inverse qui serait anormal", juge Thierry Giet.

Pour ou contre la "déconstruction" de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? "Personne au parti socialiste n'envisage l'avenir de la Wallonie sans Bruxelles et vice-versa", répond le président du PS d'emblée. "Faisons d'abord en sorte que les régions s'organisent et fassent en sorte d'accueillir ces nouvelles compétences (...), réfléchissons peut-être ensuite à un système plus efficace au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles". Bref, Thierry Giet refuse de choisir un camp.

Elio Di Rupo est premier ministre et Thierry Giet président du PS

Ces divisions au sein des rangs socialistes viendraient, selon certains observateurs, de l'éloignement d'Elio Di Rupo et que Thierry Giet ait été nommé et non élu. "Je suis un président légitime parce que c'est un congrès unanime qui a accepté la modification statutaire", se défend le nouveau président du PS.

Un président que l'humoriste Bruno Coppens surnommait ce mercredi de "Giet" par balles d'Elio Di Rupo, estimant que le président du PS prenait les coups pour le premier ministre. "Je connais ce jeu de mots depuis que je suis né", glisse-t-il en rappelant qu'Elio Di Rupo est "le premier ministre d'un gouvernement, même s'il est issu du PS. A chacun son rôle", répète-t-il en guise de conclusion.

AdC

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