Politique

Théo Francken (N-VA) : "Garder le nucléaire ne va pas résoudre les problèmes de facture" mais "vivre sans est pour l’instant impossible"

L'invité: Théo Francken, député fédéral N-VA

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

15 sept. 2022 à 07:15Temps de lecture2 min
Par Marie-Laure Mathot sur base de l'interview de Thomas Gadisseux

Chaud devant. C’est la rentrée pour les députés fédéraux jeudi prochain avec une première séance plénière autour d’un dossier brûlant : le nucléaire. Mercredi soir, la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), a demandé à l’agence de contrôle si le démantèlement du réacteur Doel 3 (qui doit commencer vendredi prochain) pouvait être reporté. Une toute dernière tentative qui arrive un peu tard pour les députés de l’opposition. Parmi eux, Théo Francken et la N-VA.

"On joue ici la politique de la panique", réagit-il au micro de Matin Première. "Ça fait des années que la N-VA dit que l’on doit laisser tout ouvert quand c’est possible sur le niveau sécuritaire. Maintenant, c’est la panique au sein du gouvernement fédéral."

Pour le député nationaliste flamand, ce n’est pas tellement une question de prix sur la facture énergétique. L’enjeu est plutôt d’avoir assez d’énergie pour alimenter la Belgique, l’Europe, dans un contexte de guerre.

"Ce n’est pas parce qu’on garde le nucléaire qu’on va résoudre les problèmes de facture pour la classe moyenne. Ce serait n’importe quoi. Sur le long terme, il est nécessaire d’être indépendant sur le plan géostratégique, sur le plan international sur l’énergie. L’Europe doit avoir des ressources énergétiques propres, à elle. Cela signifie qu’en Belgique, on doit aussi avoir le nucléaire."

Et d’illustrer son propos avec le cas de cet été 2022. "On a eu beaucoup de soleil. Le temps était fantastique. Mais même à ce moment-là, 50% de l’énergie en Belgique provenait du nucléaire. (NDLR : 43,5% en juillet 2022). Le nucléaire est donc un composant que l’on doit utiliser pendant les 20 à 30 prochaines années." Mais la N-VA ne mise pas uniquement sur le nucléaire : le renouvelable aussi est un élément du mix énergétique.

"On doit investir dans le renouvelable, encore plus car c’est le futur. Mais vivre sans le nucléaire pour l’instant est impossible."

Trois conditions : cela doit être payable, durable et la sécurité d’approvisionnement doit être garantie.

Pour Théo Francken, la guerre en Ukraine est un contexte d’urgence qui doit forcer l’Europe et la Belgique à s’interroger sur le nucléaire. "Je ne pense pas qu’il soit trop tard parce que nous sommes dans une situation de guerre en Europe et donc, tout peut changer. Engie est une entreprise aux mains du gouvernement français. Nous avons Electrabel ici en Belgique. Alors, je pense que dans une situation de guerre tout doit être possible et envisageable."

"Lors du gouvernement précédent, nous avons décidé la fin du nucléaire mais sous trois conditions : cela doit être payable, durable et la sécurité d’approvisionnement doit être garantie. Les trois conditions ne sont pas remplies pour le moment. On ne peut pas fermer le nucléaire. Les verts ont-ils oublié ces conditions ?"

Pour le député N-VA, ce n’est pas une erreur politique comme tout le monde peut en faire "mais une erreur stratégique".

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous