Chronique cinéma

The Woman King, entre récit historique et film d’action féministe, revient sur un pan méconnu de l’histoire d’Afrique

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12 oct. 2022 à 09:14Temps de lecture3 min
Par Nicolas Buytaers

Petit détour par les salles obscures en ce mercredi. Nicolas nous parle de trois sorties, à commencer par une leçon d’histoire, ou plutôt une leçon de vie avec Simone, le voyage du siècle.

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Simone, le voyage du siècle

"Nous sommes faits de ce qui nous a précédés !" Voilà comment nous pourrions résumer en une seule phrase – et avec ses propres mots – la vie de Simone Veil. Simone Veil qui a connu plusieurs vies et non des moindres : déportée, avocate, magistrate, militante, ministre, mère, grand-mère, épouse. Toute sa vie, toutes ces vies, elle s’est battue contre l’injustice, elle a lutté pour davantage d’égalité. Différents combats qui sont racontés dans ce film.

Revivre l’histoire de Simone Veil, c’est revivre l’Histoire avec un grand H. C’est aussi évoquer de grands thèmes qui font toujours débat aujourd’hui comme la place et les droits des femmes. Revivre cette histoire pour mieux la comprendre et faire de notre société un endroit plus juste. Et ce film, intitulé " Simone, le voyage du siècle ", nous est raconté avec brio. Les actrices qui incarnent Simone Weil jouent juste comme Rebecca Marder et Elsa Zylberstein (étonnante, à 53 ans, elle incarne une Simone de 85 ans plus vraie que nature). Un film porté par un souffle cinématographique indéniable dû au talent du réalisateur Olivier Dahan ("La môme") qui passe d’une époque à l’autre avec facilité (malgré les difficultés). Petit bémol : il a peut-être un poil abusé de la musique, parfois trop présente et soulignant des moments déjà assez intenses et poignants vu ce qu’ils racontent.

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The woman King

Nous sommes au XIXe siècle, dans le petit royaume du Dahomey en Afrique de l’Ouest (l’actuel Bénin). En 1823, Américains et Européens ont débarqué sur les côtes de ces lieux pour embarquer les esclaves qu’ils vendront chez eux. Ces esclaves sont fournis par des Africains qui se déchirent ces terres riches. Au milieu de ces trafics, de ces luttes de pouvoir, de ces guerres, nous retrouvons une générale, Nanisca. Une femme qui entraîne d’autres femmes. Et ensemble, elles se battent pour leur liberté…

Ce film "The woman king" est inspiré d’une histoire vraie, celle des Agojiés, des guerrières déterminées, l’une des premières armées exclusivement composées de femmes dans le monde. Ce film est intéressant à plus d’un titre. Même si Hollywood fantasme une certaine Afrique, ce drame guerrier revient sur un pan de l’histoire africaine méconnu. Ensuite, il y a son traitement vu qu’il est clairement balancé entre le blockbuster (assez classique dans sa construction), le film de super-héros (il y a du "Black Panther" de chez Marvel dans ce "Woman king") et le manifeste féministe. Avec au bout du compte, un sens du spectacle et du divertissement (malgré un souci de rythme et un passage un peu creux au milieu du film) qui laisse malgré tout vivre son message. Mais ce qui vous marquera plus que jamais c’est son trio d’actrices étonnantes : Viola Davis (ultra crédible), Thuso Mbedu (belle découverte) et Lashana Lynch (la dernière 007 en date) !

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L’innocent

Quand Abel découvre que sa mère va se marier avec un homme qu’elle a rencontré lors d’un stage de théâtre qu’elle a donné en prison, son sang ne fait qu’un tour. D’autant plus que cet amour de prison n’est pas le premier pour Sylvie. Pire encore, Abel découvre que le commerce de fleurs payé par Michel, le fiancé de sa mère, ne sert qu’à couvrir pas mal d’arnaques et autres petits braquages. Le prochain concerne un chargement de caviar. Et Michel demande de l’aide à Abel… Abel, un innocent aux mains bien pleines…

Ne cherchez plus, la voilà la comédie française jubilatoire de cette année. Une comédie aux allures de drame et de thriller, le tout étant terriblement bien dosé, subtilement mélangé. On rit, on tremble, on est ému. Et puis on chante aussi beaucoup car l’acteur-réalisateur Louis Garrel a truffé son film de vieux tubes des années 80 qui rythment parfaitement cette histoire.

Une histoire portée par Roschdy Zem, Anouck Grinberg et où l’on découvre que la comédie est un genre qui colle assez bien à l’incroyable talent de Noémie Merlant (vue et adorée dans "Le portrait de la jeune fille en feu") !

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