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The Pink Revolution : un documentaire plaidoyer contre l’homophobie

The Pink Revolution

Ce film documentaire nous emmène à la rencontre de cinq personnes de la communauté LGBTQI+; cinq personnes de cultures et d’origines différentes vivant en Belgique. Certaines sont nées dans des pays où l'homosexualité est punie de prison, persécutions et mort. Ensemble, elles mènent un combat contre la discrimination et pour acquérir leur place dans l’espace public. Cela donne un film percutant, touchant et nécessaire !

The Pink Révolution : un très beau documentaire de Jawad Rhalib à ne pas manquer dans Regard sur le lundi 13/12 à 20h30 sur La Trois et à revoir sur AUVIO.

THE PINK REVOLUTION

Bande-annonce du documentaire The Pink Revolution

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Le film démarre par quelques rappels historiques importants . Jusqu’en 1990, l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale par l’OMS. La première Gay Pride dans le monde date de 1970. C’était à New-York et elle marquait le début du militantisme de la communauté LGBT aux Etats-Unis et dans le monde. A l’époque, en Belgique, les discriminations à l’égard des homosexuels étaient légion. Comme en témoignent ces incroyables images d’archives des années 70 que l’on découvre au début du film, dans lesquelles un journaliste interroge des passants dans les rues de Bruxelles sur l’homosexualité. Les réponses sont édifiantes ! On revient de très loin mais le combat est loin d’être gagné. Ainsi, en Belgique, 37% des LGBT évitent certains lieux par peur et six sur dix évitent de tenir la main de leur partenaire en public !. Et l'homosexualité reste un délit pénal dans 72 pays du monde.

Le film suit le cheminement et les réflexions de cinq personnages : Adil, Thomas, Ariane, Ange et Yasmine. Cinq personnes d’origines et de cultures différentes devenues frères et sœurs de combat. 

Yasmine est née garçon, sous le nom de Hocine, dans une famille conservatrice en Algérie. Il a connu les persécutions et les coups de son père en Algérie. Elle connaît les insultes et les humiliations dans les rues de Bruxelles, particulièrement dans certains quartiers où le poids de la religion musulmane est important. Adil et Ange sont nés dans des pays où l'homosexualité est punie de prison, lynchages, persécutions et mort. Ils ont fui vers la France puis la Belgique en quête d'asile.  Ange est né en Afrique et a découvert son homosexualité à l’âge de 16 ans. Impossible d’être qui il/elle est en Afrique mais le combat pour gagner cette liberté en Europe est aussi éprouvante. Menacé de mort, Adil, lui, a été obligé par sa famille de quitter le Maroc. Il a trouvé refuge en Belgique, mais sa demande d’asile traîne et son avenir ici est très incertain. Thomas vient d’une famille belgo-espagnole. Son père rêvait de le voir se marier dans une église. Son homosexualité n’a pas été facile à assumer. Enfin, Ariane a subi l’homophobie à l’école en France. Aujourd’hui, elle se revendique queer et féministe et refuse de se soumettre aux diktats des hommes.

Adil, Thomas, Ariane, Ange et Yasmine ont toujours su qu’ils étaient différents, mais ils ont toujours vécu cachés, dans l'anxiété et la peur. Ces cinq personnages aussi charismatiques que touchants, partagent tous la même ambition : ne plus être invisibles. Ensemble, ils tentent de surmonter leurs peurs et conquérir des espaces où ils ne se sont jamais senti les bienvenus auparavant.

Si le monde acceptait la différence, la planète serait plus tolérante

J’ai filmé des personnages qui n’ont tout simplement pas le droit d’exister dans certains quartiers, raconte le réalisateur Jawad Rhalib, un réalisateur belge d’origine marocaine connu pour son engagement contre le communautarisme et à qui l'on doit aussi l’excellent documentaire "Au temps où les Arabes dansaient". Pour lui ce film sonne comme une évidence, une nécessité. Si le monde acceptait la différence, la planète serait plus tolérante dit-il. On ne pendrait pas les homosexuels en Iran. On ne les tuerait pas en Tchétchénie. On ne les lyncherait pas en Tunisie, en Algérie, au Maroc, à Varsovie, à Paris ou à Bruxelles. C’est une réalité que je porte dans ce documentaire. Les traditionnalistes et les homophobes de tous bords décrivent l’homosexualité comme une turpitude condamnée moralement et socialement. Ce qui importe à mes yeux, c’est d’en parler. Faire bouger les lignes et changer les choses : nos films doivent servir à ça.

Et cela donne un très beau film à la réalisation léchée, le tout sur une magnifique musique originale composée par Simon Fransquet dans laquelle on reconnaît la très belle voix d’Alice On the Roof.

R&R Production en coproduction avec Serendipity Films et la RTBF  

 

 

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