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Week-end Première

Thanatopracteur : Accompagner les morts, un métier très ancien !

Thanatopracteur : Accompagner les morts, un métier très ancien !
03 nov. 2021 à 08:003 min
Par Olivier Marchal

Chaque heure, en Belgique, 14 personnes meurent en Belgique. La mort fait partie de nos vies, mais la mort c’est aussi un secteur professionnel qui remplit une fonction sociale importante, et en cette période de Toussaint, avec Olivier Marchal, sociologue et directeur de la Cité des Métiers de Charleroi, on découvre les métiers des pompes funèbres et particulièrement celui de thanatopracteur.

Chaque année, rien qu’en Europe, ce ne sont pas moins de 4,5 millions de personnes qui décèdent, dont 120.000 rien que pour la Belgique. Secteur d’emploi considérable et en croissance chaque année du fait simple et mathématique de l’arrivée en fin de parcours, des générations issues du baby-boom.

 

Accompagner les morts, un métier très ancien !

Les premiers rites funéraires datent d’environ 350.00 ans. Ce n’est pas rien. Ça signifie que la douleur de la perte, comme l’injustice et la violence qu’elle porte intrinsèquement, est universelle et traverse toutes les cultures.

Chacune offrant évidemment sa version du rite de passage qui correspond à ses fondements spirituels et philosophiques, qu’ils s’agissent de crémation, d’inhumation, d’immersion, ou encore d’humusation.

Et pour accompagner ces rites de passage, deux figures :
L’officiant, souvent représentant de la religion ou de l’option philosophique : tel que le prête, l’imam, le Rabbin, ou encore le maître de cérémonie laïque ; et aussi l’équipe des pompes funèbres qui assument avec discrétion, à travers les fonctions de porteurs, d’assistants funéraires, d’agent de crémation ou de fossoyeur, la part la plus ingrate, la moins magique, mais essentielle du "grand passage ", en s’occupant du principal intéressé : à savoir le défunt.

Dans ces équipes de Pompes funèbres – (on en compte près de 860 en Belgique)
On va retrouver des professionnels (dont 70% sont des hommes) qui vont :

Côté famille :

  • Conseiller les proches et organiser les cérémonies, les visites, jusqu’aux fleurs, prendre charge la gestion administrative ;
  • Certains ont aussi passé le cap du numérique, proposent des services gestion des données informatiques, comptes et mots de passes, ou la création de tombe avec QR code pour télécharger hommages et vidéos du disparu.

Côté défunt, acteur principal, ne l’oublions pas ! Ils vont s’occuper de :

  • Son transport et sa conservation dans des chambres froides ;
  • Ainsi que sa préparation sommaire, et dans la moitié des cas, de son passage entre les mains d’un autre métier moins connu, celui d’embaumeur, aussi appelé : thanatopracteur.
     

 

Prendre soin des vivants, c’est aussi prendre soin des morts

Le thanatopracteur, dit aussi, embaumeur, va préparer, mieux : réparer le corps du défunt, afin que celui-ci soit présentable lors des visites puis des funérailles, arborant une apparence apaisée afin de donner aux proches les meilleures conditions pour commencer leur deuil.

Pour ce faire, il ou elle pratiqueront la restauration faciale dans le cas d’un décès par accident, suicide, ou meurtre. Processus qui peut s’avérer important dans le cadre de procédure judiciaire permettant la reconnaissance des victimes.

Pour ce métier invisible, il faut avoir de nombreuses compétences dont la connaissance du corps humains et celle des techniques d’embaumement que l’IFAPME, en Wallonie et l’EFP, à Bruxelles se feront un plaisir de vous enseigner. Il faut aussi de la précision, une bonne condition physique pour manipuler la lourdeur d’un corps mort, et l’on s’en doute : une maîtrise émotionnelle hors norme.

Business mortel : les lignes sont en train de bouger

Vu les prix pratiqués, certains dénoncent un Business de la mort. Avec près de 10.000 morts en moyenne en Belgique, et un service de base à 5000 euros en moyenne, il s’agit du marché réel, c’est indéniable. Et ce ne sont pas les quelque 2,5 milliards de chiffre d’affaires annuel en France, ni les 300 millions de chrysanthèmes vendus chaque année pour la Toussaint qui viendront le contredire.

Mais les choses sont en train de bouger ! Des professionnels du secteur de la mort, conscient qu’elle n’est pas qu’un processus administratif à traiter de façon industrielle, sont en train changer la donne, en rendant à ce " temps de passage ", l’humanité qu’il mérite, empreint de plus liberté de choix et d’une dimension sociale et écologique qui lui fait actuellement défaut.

En fin, pour terminer cette chronique, et dans le sillage de Stromae qui invite à célébrer ceux qui ne célèbrent pas, j’aimerai qu’on ait ce matin une petite pensée pour tous les défunts à qui personne ne pense plus. Tant il est cruel mais vrai qu’on ne meurt vraiment, qu’une fois oublié.

 

Plus d’infos, de conseils, et d’accompagnements, du lundi au vendredi, de 9 heures à 12 heures, sur Miti : la plateforme d’orientation en ligne entièrement gratuite de la Wallonie et de Bruxelles, ou bien dans vos Cités des Métiers préférées : Bruxelles, Charleroi, Liège et Namur.

 

Les nouveaux métiers de la mort

La chronique d'Olivier Marchal

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