Test de néerlandais obligatoire, laptop gratuit : voici ce qui change dans l’enseignement flamand

En Flandre, la rentrée est synonyme de plusieurs nouveautés qui concernent aussi bien les élèves que les enseignants. Petit tour d’horizon avec, pour commencer, l’introduction d’un test de langue qui ne fera peut-être pas que des heureux. 

Ce test s’appelle le Test Koala et il concerne tous les élèves de 3e maternelle. Dorénavant, en début d’année, ces enfants de 5 ans seront obligatoirement soumis à un contrôle pour évaluer leur niveau de néerlandais. Si l’enfant montre un éventuel retard, il devra suivre des cours de rattrapage. Et si en juin son niveau ne s’est toujours pas amélioré, le conseil de classe pourra suggérer de reporter le passage de l’élève en première primaire à l’année suivante. A noter que les parents auront le droit de refuser, mais l’enfant devra alors obligatoirement suivre un parcours d’intégration linguistique. 

Le but de ce nouveau système est d’améliorer, dès le plus jeune âge, le niveau de néerlandais des élèves et donc, par ricochet, leur niveau dans toutes les autres matières. Reste à voir si cette méthode aboutira aux résultats escomptés, et surtout si dans la pratique, cette nouvelle mission pourra être menée par des enseignants de maternelle déjà surchargés.

Ordinateur portable " gratuit "

Autre nouveauté, qui concerne cette fois l’enseignement primaire : il s’agit de l’acquisition gratuite d’un ordinateur portable pour tous les élèves de 5ème. Cette mesure a été prise dans le cadre du plan intitulé le " Saut digital ", un plan qui a lui aussi pour objectif de renforcer la qualité de l’enseignement flamand. 

Le ministre en charge, Ben Weyts, a dans ce cadre débloqué 375 millions d’euros pour que tous les élèves de 5ème primaire puissent disposer gratuitement d’un ordi portable. Seulement voilà, dans la pratique, cette gratuité est loin d’être garantie. D’après une enquête du Nieuwsblad, de nombreuses écoles ont ainsi demandé aux parents de débourser un certain montant en échange d’un laptop. Un montant pouvant parfois aller jusqu’à 500 euros. 

Cet écart inattendu provient apparemment d’un mauvais calcul du ministère de l’enseignement. L’effet d’annonce a donc finalement fait pschitt et a aussi provoqué dans la foulée le désenchantement de certains parents. 

Nomination définitive des enseignants

Pour les enseignants aussi, quelques changements entrent cette année en vigueur. De nouvelles règles vont être introduites pour obtenir une nomination définitive plus rapidement. Jusqu’ici, les enseignants devaient avoir presté un minimum de 690 jours pour pouvoir être définitivement nommé. Dorénavant, les instituteurs pourront faire une demande après seulement 360 jours passés devant la classe. 

L’évaluation des profs sera, elle aussi, modifiée. Les enseignants qui débutent devront désormais être évalués à la fin de chaque année académique. Les instituteurs nommés subiront quant à eux des évaluations plus pointues. 

Pénurie record

Ces mesures ont donc été prises dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement, mais aussi pour contrer la pénurie d’enseignants au nord du pays. C’est d’ailleurs le problème majeur de cette rentrée: jamais la pénurie d’enseignants n’avait été aussi grave en Flandre. En ce 1er septembre, de très nombreuses écoles n’ont toujours pas réussi à compléter leurs équipes puisque près de 1.900 postes sont actuellement toujours vacants. C’est quasi deux fois plus que l’an dernier. 

Certaines matières souffrent plus que d’autres. C’est notamment le cas des mathématiques, pour lesquelles il est de plus en plus difficile de trouver des enseignants qualifiés. A tel point qu’à l’heure actuelle, pour les deux dernières années de secondaire, seuls 20% des profs de maths qui débutent possèdent le diplôme requis. Une situation qui est donc plus qu’inquiétante, alors que le niveau des élèves ne cesse de reculer. D’autres matières, comme le néerlandais ou le français, souffrent également d’un manque d’effectif. 

Des solutions qui se font attendre

Pour contrer cette tendance, le ministre Ben Weyts a pris certaines mesures qui commencent doucement à porter leurs fruits. L’an dernier, environ 2.800 personnes sont ainsi passées du secteur privé à l’enseignement. Un record, qui est notamment dû à une modification du calcul de l’ancienneté, une modification qui a rendu le métier d’enseignant un rien plus attirant. 

Mais cette mesure à elle seule ne suffira pas à remédier à cette pénurie. De nombreuses solutions sont dès lors avancées, mais elles sont pour l’instant loin de faire l’unanimité. Le seul point sur lequel tout le monde est d’accord, c’est qu’il n’y a plus de temps à perdre. Mais l’année a déjà commencé, et seul un miracle semble aujourd’hui pouvoir sortir la Flandre de ce pétrin.

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