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Terrorisme: le "monsieur sécurité" de la Commission fait le point sur les progrès réalisés

Terrorisme: le "monsieur sécurité" de la Commission fait le point sur les progrès réalisés
24 févr. 2017 à 16:32 - mise à jour 24 févr. 2017 à 16:32Temps de lecture4 min
Par S. Ha.

Depuis le 19 septembre 2016, Julian King, le nouveau commissaire britannique, est en charge de l’Union de la Sécurité. Un portefeuille plutôt épais puisqu’on y trouve la prévention de la radicalisation, le renforcement des frontières, l'échange d'information, le financement du terrorisme et la cyber-sécurité.

Comment le commissaire européen envisage-t-il la sécurité européenne ? Tout d’abord, il veut préserver les relations de l’Union européenne avec les Etats-Unis dans ce domaine, et notamment dans la lutte contre le terrorisme. En effet, traditionnellement, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’Union européenne et les Etats-Unis collaborent dans la lutte contre le terrorisme. Mais depuis l’élection du président américain Donald Trump, faut-il craindre de voir s’arrêter cette coopération ? Julian King se montre plutôt confiant : "J’ai rencontré il y a quelques jours John Kelly qui est ministre de l’Intérieur aux Etats-Unis, responsable des questions de sécurité. Il a été très clair : il tient à renforcer notre coopération dans ce domaine. Parce que les menaces auxquelles nous faisons face sont tellement importantes – aussi bien la lutte contre le terrorisme que la lutte contre les cyberattaques – que nous devons continuer à coopérer".

Renforcer la collaboration avec les Etats-Unis en matière de lutte contre le terrorisme

Et Julian King rappelle que s'agissant des attaques de Paris et Bruxelles, les Etats-Unis se sont montrés coopératifs : "Les informations sur le suivi des flux financiers liés aux attaques sont venues des Etats-Unis et ont facilité le travail des services belges et français dans la poursuite des terroristes responsables. Ce sont pour moi des preuves absolument essentielles de l’importance de maintenir et renforcer cette collaboration entre nous et nos amis américains dans ce domaine".

Quant à la décision de Donald Trump d’interdire l’accès au territoire américain de résidents de certains pays musulmans, Julian King rappelle qu’il ne s’agit pas ici d’une lutte contre une religion : "Nous avons fait le point directement dans nos contacts avec le gouvernement américain. Ils ont entre-temps clarifié leurs intentions qui n’étaient pas de discriminer quelqu’un sur les questions de religions. Ce que le général Kelly m’a confirmé lorsque je l’ai vu. Je pense que c’est utile comme clarification".

Julian King Mr sécurité Commision 1

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Renforcement des contrôles aux frontières et révision de l'espace Schengen ?

Cette semaine, la France et l'Allemagne ont demandé à la Commission européenne de réviser le code Schengen pour mieux tenir compte de la menace terroriste. Ils demandent notamment que les contrôles aux frontières soient rétablis pour des durées supérieures à celles prévues actuellement et un assouplissement des règles qui permettent de rétablir ces contrôles. Et cet hiver, on a vu que Anis Amri, l'auteur de l'attentat de Berlin, avait réussi à fuir en traversant cinq pays sans être contrôlé. Les ministres français et allemand dénoncent en fait la perméabilité de l’Europe. Et c’est aussi ce que dit Donald Trump. Non, répond Julian King, l’Europe n’est pas une passoire : "Nous avons mis en place des mesures pour mieux renforcer nos frontières extérieures, c'est la première réponse. Nous avons mis en place une agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes pour contrôler les gens qui arrivent, surtout en Italie et en Grèce. Nous avons mis en place une réforme du code Schengen pour contrôler, à travers la vérification des fichiers sécuritaires et de façon systématique, toutes les personnes entrant et sortant de l'espace Schengen, y compris les ressortissants européens".

Obligation pour les Etats membres de partager les données concernant le terrorisme

Mais Julian King insiste aussi sur la nécessité d'un meilleur partage des données au sein même de l'Union européenne : "Nous devons rendre obligatoire le partage des données par les Etats membres dans les différents fichiers. Car l'efficacité de ces fichiers dépend de l'information qui s'y trouve. Et nous devons rendre plus facile l'utilisation de ces fichiers pour que le policier ou le garde-frontière puisse plus facilement récupérer les informations. Ce sont des propositions que nous allons étudier avec les Etats membres et le Parlement européen dans les mois à venir".

Et si la Commission veut rendre le partage des données concernant le terrorisme obligatoire, c'est que même si les Etats membres collaborent de plus en plus à l'alimentation de tels fichiers, il n'en reste pas moins que certains se montrent encore frileux à cette idée. Si ce partage est rendu obligatoire, la Commission pourrait alors sanctionner les Etats récalcitrants.

Prévention de la radicalisation sur le terrain et la radicalisation en ligne

Aujourd'hui, on estime à plus de 4000 le nombre de citoyens européens qui ont rejoint un groupe djihadiste en Syrie ou en Irak. Alors, quel sort réserver à ces jeunes gens qui tentent de revenir en Europe ? Julian King évoque surtout la question des femmes et des enfants : "Il ne faut pas oublier qu'il y a des femmes et des enfants nés dans les zones de combats. Et là, il faut une approche coordonnée au plan européen pour imaginer comment nous pouvons aider et réintégrer les femmes et les enfants de ces combattants".

Quant à la prévention de la radicalisation, Julian King reconnaît qu'il reste un travail très important à accomplir, dans tous les pays européens : "C'est un travail de longue haleine, sur le terrain, par les services sociaux, les ONG, et d'autres au cœur de nos communautés, qui se fait sur des années. Un travail difficile mais essentiel pour empêcher les jeunes sensibles de poursuivre ces voix là. Du côté de la Commission, nous avons organisé un réseau pour le partage des pratiques utiles entre ces associations". Julian King souligne l'importance de la radicalisation en ligne et souligne les progrès réalisés dans ce domaine : "En un an, Europol, l'agence européenne qui traite ces questions, a référencé plus de dix mille contenus liés au terrorisme. Et dans neuf cas sur dix, ces référencements ont été retiré".

Julian King Mr sécurité Commision 2

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À propos du Brexit

Et difficile d'interviewer un commissaire européen britannique sans parler du Brexit. D'autant que Julian King est devenu commissaire à la suite de la démission de son prédécesseur Jonathan Hill, déçu du vote de ses concitoyens en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Mais à l'évocation du Brexit, Julian King préfère botter en touche et renvoyer vers Michel Barnier, l'homme désigné par Jean-Claude Juncker pour conduire les négociations du Brexit au nom de la Commission.

Julian King Mr sécurité Commision 3

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