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Tatiana de Rosnay : "S'il n'y avait pas de secret, il n'y aurait pas de littérature !"

Le Mug d’ouverture

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Son livre Les fleurs de l'ombre sorti au début du confinement l'avait privée instantanément de la rencontre avec ses lecteurs. C'est donc avec une joie non dissimulée que Tatiana de Rosnay vient présenter Nous irons mieux demain, son dernier roman paru chez Robert Laffont à Bruxelles en ce début d'automne. La rencontre de deux femmes qui vont tisser une relation entre amitié et dépendance.

Une amitié forgée après un grave accident

"Nous irons mieux demain" de Tatiana De Rosnay aux éditions Robert Laffont

Mère célibataire de vingt-huit ans, ébranlée par le décès récent de son père, Candice Louradour mène une vie sans saveur. Un soir d'hiver pluvieux, à Paris, elle est témoin d'un accident de la circulation. Une femme est renversée et grièvement blessée.

Bouleversée, Candice lui porte assistance, puis se rend à son chevet à l'hôpital. Petit à petit, la jeune ingénieure du son et la convalescente se lient d'amitié.

Jusqu'au jour où Dominique demande à Candice de pénétrer dans son appartement pour y récupérer quelques affaires. Dès lors, tout va basculer..

On ne présente plus Tatiana de Rosnay. Son père Joël, scientifique de renommée mondiale. Son ascendance franco-russe du côté paternel et anglaise du côté maternel. Le succès phénoménal d'Elle s'appelait Sarah et de Boomerang, tous deux adaptés au cinéma. En trente ans, Tatiana de Rosnay s'est fait une place dans le cercle fermé des auteurs dont on a l'impression qu'ils font partie de notre famille.  C'est que les écrivains ont ce pouvoir comme le dit très bien une des héroïnes de son dernier livre :

Le grand pouvoir des écrivains c'est de donner à leur lecteur la sensation de partager un moment clé avec eux, de les faire pénétrer dans une intimité.

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Un hommage à Émile Zola

Une définition qui semble lui aller comme un gant. D'ailleurs, Tatiana de Rosnay reconnait que Nous irons mieux demain est probablement son livre le plus personnel.

On connaissait son amour pour Daphné Du Maurier dans Manderley for ever. Ici, c'est à un autre de ses maîtres, Emile Zola qu'elle a eu envie de rendre hommage en nous dévoilant la complexité de sa vie sentimentale entre une femme qu'il aime et qui ne lui donnera pas d'enfants et sa maitresse qui, elle, lui en donnera deux. Nous irons mieux demain serait d'ailleurs la dernière phrase que Zola ait prononcée avant de s'éteindre.

On retrouve aussi dans ce livre des secrets de famille mais aussi l'obsession de l'autrice pour les lieux, la mémoire des murs qui est vraiment une constante dans tous ses livres. Ici, le personnage de Dominique vit dans l'appartement qui abritait les amours de Zola et de Jeanne Rozerot.

Cependant, c'est probablement la première fois que la romancière parle aussi ouvertement des troubles du comportement alimentaire dont elle a souffert de nombreuses années. Réussir à parler de ce calvaire qui touche beaucoup de femmes a été dur et ardu mais lui a paru indispensable alors que ces maladies ont explosé avec la pandémie. Elle avait tellement bien caché son problème que même des membres de sa famille n'étaient pas au courant.

Vous l'aurez compris, il s'agit d'un roman très personnel et la romancière le verrait bien adapté au cinéma. Elle a d'ailleurs déjà pensé à l'actrice qui pourrait interpréter Dominique : Isabelle Huppert. Avis à l’intéressée ! En attendant, retrouvez l'entretien mené Élodie de Sélys et Xavier Vanbuggenhout dans le Mug ci-dessus.

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