Athlétisme

Tarik Moukrime interpelle les instances du sport belge : "Les exigences sont disproportionnées par rapport aux moyens mis à disposition"

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Tarik Moukrime a ému les amateurs d’athlétisme, en août dernier lors des championnats d’Europe qui avaient lieu à Munich. Ce sont les larmes aux yeux, qu’il était venu au micro de David Bertand, en annonçant qu’il mettait un terme à sa carrière, après son élimination en séries du 1500m.

Le Vérviétois de 30 ans, qui était revenu au plus haut niveau après un cancer, avait dénoncé le manque de soutien des plus hautes instances du sport belge, pour les talents de notre pays. Une sortie médiatique qui s’est transformée en un courrier, adressé il y a quelques jours à la Ministre des Sports, Valérie Glatigny, et aux responsables du sport de haut niveau (Directeur du Service du sport de haut niveau, Président du COIB et Président de la LBFA)

"La fierté de porter les couleurs de notre pays va vite se transformer en un sentiment de tristesse et de désespoir"

La lettre est respectueuse mais très ferme. Tarik Moukrime a le cœur lourd. Il veut que les choses changent. Il souhaite que les sacrifices d’une vie entière, soient pris en compte, que les sportifs soient tout simplement, respectés.

Après un long combat contre un cancer des testicules, des années de galère pour revenir au plus haut niveau, Tarik Moukrime pensait atteindre son Graal à Munich : Huit années d’entraînements intensifs, d’échecs, de doutes, de souffrances, mais qui valaient la peine d’être vécues pour participer à une grande compétition internationale ou européenne ! Ce moment tant attendu où j’atteins le niveau de performance requis est arrivé : le championnat d’Europe 2022. Un sentiment de joie et de fierté d’à nouveau porter les couleurs de notre pays, la Belgique, qui va vite se transformer en un sentiment de tristesse, d’amertume et de désespoir".

"Lors de mon arrivée à Munich, j’apprends qu’aucune aide ne me sera octroyée si je ne parvenais pas à me hisser en finale"

Tarik Moukrime avait besoin de sérénité avant d’attaquer ses séries du 1500m. Une sérénité qui a volé en éclat au moment d’arriver aux championnats d’Europe, comme il le confirme dans sa lettre : "Lors de mon arrivée à Munich, j’apprends avec étonnement qu’aucune aide ne me sera octroyée si je ne parvenais pas à me hisser en finale (dixit le Coordinateur de haut niveau, Jonathan Nsenga). Tous ces efforts herculéens ont été balayés par cette simple phrase. A cet instant, je me suis senti seul, sans soutien, comme écarté du groupe. J’ai perdu cette flamme ardente qui se voit dans les yeux d’un sportif prêt à tout pour sa nation comme ce fut le cas lors de ma première sélection à Zurich en 2014."

"Les exigences mises en place par les fédérations sont disproportionnées par rapport aux moyens mis à disposition pour les athlètes"

Dans son courrier, Tarik Moukrime a également mis en avant la pression intense mise sur les épaules des sportifs de haut niveau : "Ces athlètes subissent des pressions psychologiques dues aux faits que les exigences mises en place par leur fédération sont disproportionnées par rapport aux moyens mis à disposition."

Le but de cette lettre est de pointer ce qui ne va pas mais aussi et surtout de trouver des solutions "pour faire changer les choses et améliorer les conditions de développement des athlètes en Fédération Wallonie-Bruxelles".

Moukrime rêve encore des JO de Paris en 2024

Le courrier de Tarik Moukirme, envoyé début septembre, est pour le moment resté sans réponse. Le coureur de 1500 m espère pouvoir rencontrer la Ministre Des Sports, le Directeur du Service du sport de haut niveau, le Président du COIB et le Président de la LBFA.

Si Tarik Moukrime a annoncé il y a un mois qu’il arrêtait sa carrière… Aujourd’hui les choses ont un peu évolué. Le Verviétois espère de tout cœur trouver des soutiens publics et/ou privés pour terminer sa carrière aux Jeux Olympiques de 2024 à Paris. "Mais sans ces soutiens je ne pourrai pas y arriver " a confié Tarik Moukirme ce matin à David Bertrand, notre journaliste qui couvre l’athlétisme pour la RTBF.

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