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Syriza sous pression, la Grèce sous perfusion

La chronique de Bertrand Henne

Elle vient de couper un important canal de financement pour les banques grecques, un canal qui leur permettait d’avoir accès à des taux plus favorables. Une perfusion pour le système financier grec qui seul s'écroulerait. Cette perfusion vient donc d’être réduite sans prévenir. Athènes ressent d'autant plus aujourd'hui sa dépendance.

En tous cas, n’y voyez rien de politique, alors que le ministre Grec des finances venait le matin même de demander à la Banque centrale de l'aide, la Grèce à garder la tête hors de l’eau le temps que la négociation avec les européens soit terminée…

Non n’y voyez absolument rien de politique. Non rien de politique alors que les dirigeants Grecs étaient hier à Bruxelles et sont aujourd’hui à Berlin pour renégocier le plan d’aide de leur pays avec leurs partenaires. Et que Berlin est l’offensive pour que les Grec respectent le plan de la Troïka. La Banque centrale, indépendante des états donc, a préférer tirer la première.

Techniquement la Grèce est un peu moins dans la zone euro qu’avant…

… le résultat c’est ce qu’expliquait le journal économique la Tribune, c’est que la Grèce ne tient plus à la zone euro que par un fil, un canal de financement d’urgence qui est limité dans le temps jusqu’à la fin du mois et qui peut être coupé à tout moment. Donc, oui, les liens entre la zone euros et la Grèce sont clairement détériorés. C’est donc suspendu, à ce mince fil, ce canal de financement d’urgence que les dirigeants de Syriza se présentent aujourd’hui à Berlin. Avec un ultimatum, jusqu’à la fin du mois.

La décision de la BCE reflète en réalité les équilibres politiques au sein de l’union et la Grèce est isolée.

Pour beaucoup d’experts ce matin, il s’agit ni plus ni moins d’une mesure d’intimidation du nouveau pouvoir Grec. Disons qu’au minimum la banque centrale a pris acte que la Grèce ne s’inscrivait plus dans le plan de la Troïka et ne se voyait donc plus contrainte de maintenir une béquille prévue dans ce plan.

Il reste que oui cela révèle l’isolement de la Grèce. Les pays périphériques qui connaissent eux aussi l’austérité, comme l’Espagne ou la Portugal craigne de voir Syriza démontrer qu'il y a une alternative à leur politique, les pays dirigés par le centre gauche comme la France ou l'Italie craignent de voir Syriza réussir et donner des idées à leur gauche radicale, et puis tous les pays veulent éviter de faire payer la faillite grecque à leur population. Le Grèce ne pourra compter que sur elle-même.

Bertrand Henne

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