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Attaque chimique en Syrie: Washington menace d'une action unilatérale en cas d'échec à l'ONU

Attaque chimique en Syrie: Washington menace d'une action unilatérale en cas d'échec à l'ONU
05 avr. 2017 à 17:43 - mise à jour 05 avr. 2017 à 17:432 min
Par RTBF avec AFP

Les Etats-Unis prendront des mesures unilatérales en Syrie si l'ONU ne parvient pas à répondre à l'attaque chimique présumée qui a fait 72 morts, dont 20 enfants, a prévenu mercredi l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley. En parallèle, Donald Trump a assuré que son "attitude vis-à-vis d'Assad avait changé".

"Quand les Nations unies échouent constamment dans leur mission d'action collective, il y a des moments dans la vie des Etats où nous sommes obligés d'agir nous-mêmes", a martelé Nikki Haley, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur l'attaque contre Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

En rupture avec l'administration Obama

Nikki Haley s'est cependant bien gardée d'expliciter ce qu'elle entendait par une action unilatérale, même s'il s'agit là d'une des déclarations les plus fortes des Etats-Unis depuis longtemps sur le conflit syrien.

L'administration de Barack Obama s'était toujours refusée à agir militairement de manière unilatérale, privilégiant la voie des résolutions de l'ONU contre le régime syrien et une coalition internationale contre les djihadistes. Elle a toujours favorisé la recherche d'une solution politique au conflit en Syrie et non militaire.

L'administration de Donald Trump peine encore à présenter une stratégie claire sur la meilleure manière de mettre fin au conflit.

Le Conseil de sécurité de l'ONU était réuni mercredi en urgence pour débattre de cette attaque chimique présumée ayant fait 72 morts la veille en Syrie.

Au début de la réunion, Mme Haley a fustigé la Russie pour n'avoir pas su tempérer son allié syrien, au lendemain d'une attaque chimique présumée qui a fait 72 morts, dont 20 enfants.

Si la Russie a l'influence qu'elle prétend avoir en Syrie, il faut qu'elle s'en serve

"Combien d'enfants devront encore mourir avant que la Russie ne s'en soucie ?", a lancé l'ambassadrice américaine, qui se fait remarquer ces derniers jours par des prises de positions tranchées sur la politique étrangère américaine par rapport au très discret secrétaire d'Etat Rex Tillerson.

"Si la Russie a l'influence qu'elle prétend avoir en Syrie, il faut qu'elle s'en serve", a tonné la représentante américaine en brandissant devant le Conseil de sécurité ce qu'elle a présenté comme étant deux photos de victimes de l'attaque chimique présumée de mardi.

Elle a encore demandé à Moscou de "mettre un terme à ces actes atroces". "Regardez ces photos", a imploré Nikki Haley.

Mais la Russie a jugé "inacceptable" en l'état le projet de résolution présenté par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni condamnant cette attaque, une nouvelle illustration des divisions entre Occidentaux et Moscou sur le dossier syrien.

L'ambassadeur adjoint pour la Russie, Vladimir Safronkov, a jugé que la résolution avait été préparée à la hâte et n'était pas utile, mais il a accepté une éventuelle "enquête objective".

L'attaque chimique a "franchi de nombreuses lignes", affirme Trump

Le président des Etats-Unis Donald Trump a affirmé mercredi que l'attaque chimique présumée de la veille en Syrie avait "franchi de nombreuses lignes", en allusion à la fameuse "ligne rouge" que s'était fixée son prédécesseur Barack Obama contre le régime syrien en cas de recours aux armes chimiques.

Lors d'une conférence de presse avec le roi Abdallah II de Jordanie, Donald Trump a également assuré que son "attitude vis-à-vis d'Assad avait changé".

L'ancien président Obama avait promis qu'il agirait contre la Syrie en cas de recours aux armes chimiques. Une "ligne rouge" franchie à l'été 2013 mais Washington avait renoncé à une intervention militaire

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