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Suspension du prononcé pour le "cycliste des Fagnes": "Il a porté un coup involontaire"

Cycliste des Fagnes : suspension du prononcé

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03 mars 2021 à 08:22 - mise à jour 03 mars 2021 à 08:222 min
Par RTBF avec Agences

L’affaire du cycliste des Hautes Fagnes a connu son épilogue ce mercredi. Le jugement a été rendu par le tribunal correctionnel de Verviers. Il a estimé que le cycliste a porté un coup involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution et lui accorde la suspension du prononcé. Les parents de la petite fille ont obtenu un euro symbolique, comme ils l’avaient réclamé.

Emballement sur les réseaux sociaux

L’affaire avait fait bouillir les réseaux sociaux : la vidéo était devenue virale en quelques heures. C’était le jour de Noël. Sur ce petit film, on voyait un cycliste heurter du genou une fillette et la faire tomber. La fillette se relève rapidement, elle n’est d’ailleurs pas blessée. La famille de la fillette porte plainte et publie la vidéo, en s’indignant de l’attitude du cycliste. L’émoi est tel que, rapidement, un appel à témoin est lancé. Le cycliste se reconnaît et se présente à la police.


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La médiatisation est telle que très rapidement, la justice se saisit de l’affaire. Le cycliste est poursuivi pour coups et blessures volontaires sur mineur d’âge. Il lui est reproché d’avoir volontairement fait tomber l’enfant pour passer sans devoir mettre le pied à terre.

Le 3 février, le cycliste né en 1959 est auditionné. Il s’explique alors : "Lorsque je suis arrivé sur une portion fort fréquentée par les piétons, j’ai freiné, j’ai adapté ma vitesse et j’ai actionné mon klaxon de 120 décibels. A hauteur de la petite fille, j’ai senti que ma roue arrière glissait. Pour éviter la chute je me suis rééquilibré en faisant un mouvement du genou. J’ai senti que j’avais effleuré la petite fille mais je ne me suis pas rendu compte immédiatement qu’elle était tombée."

Une version contestée par le parquet, qui estime que le cycliste avait délibérément sorti le genou pour "dégager le énième obstacle sur sa route."

Coup involontaire par défaut de prévoyance

Contrairement au parquet qui soutenait qu’il s’agissait de coups et blessures volontaires à l’encontre d’un mineur d’âge, le tribunal a, lui, estimé que "le cycliste a porté, par défaut de prévoyance ou de précaution, un coup involontaire, sans intention d’attenter à la personne d’autrui."

Le prévenu aurait dû tenir compte des conditions climatiques et de la présence de nombreuses personnes dont des enfants pour adapter sa vitesse et sa conduite.

Dans son jugement, le tribunal souligne que "le prévenu aurait dû tenir compte des conditions climatiques (neige et gel) et de la présence de nombreuses personnes dont des enfants, en ce jour férié, pour adapter sa vitesse et sa conduite". Le tribunal considère que la scène filmée démontre à suffisance une vitesse excessive et le manque de place pour effectuer le dépassement sans danger.

Si la prévention est établie, pour la détermination du taux de la peine, le tribunal a tenu compte de la gravité relative des faits, de l’insertion socioprofessionnelle du prévenu, de l’absence d’antécédent dans son chef, de l’emballement sur les réseaux sociaux, de l’appel à témoins lancé par le parquet ainsi que de la privation de liberté du prévenu. Le tribunal lui accorde dès lors la suspension du prononcé. Le sexagénaire doit indemniser la famille de la fillette qui réclamait un euro à titre symbolique.

 

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