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Suspension du prononcé pour l'ancien premier échevin d'Assesse poursuivi pour harcèlement

Le palais de justice de Namur.

Le tribunal correctionnel de Namur a accordé, lundi, la suspension simple du prononcé à l'ancien premier échevin d'Assesse, Didier Want, poursuivi pour des préventions de harcèlement et de calomnie à l'égard de deux compagnes. Le dépassement du délai raisonnable a notamment été constaté.

Dans le cadre de ces faits, Didier Want a fait l'objet de deux mandats d'arrêt et a été incarcéré plusieurs dizaines de jours car il n'avait pas respecté les conditions de sa libération.

Didier Want a notamment dérobé la lingerie et les habits d'une des victimes pour les faire porter par d'autres femmes. "Il voulait atteindre ma cliente professionnellement, lui a dit qu'il allait rendre son intimité publique. L'intention de nuire était bien là. Il lui envoyait jusqu'à 26 mails sur une journée, pour enchaîner le lendemain avec 50 SMS, la rabaissant et l'humiliant. Il a écrit un courrier anonyme à son employeur pour demander son écartement. Il voulait la détruire", a indiqué l'avocat d'une des parties civiles lors de l'audience.

Le conseil de la seconde victime évoquait quant à lui un chantage au suicide qui a eu lieu après la rupture et la volonté de nuire du prévenu, plutôt que celle de trouver des réponses.

Au sujet de Didier Want, le ministère public évoquait un homme ne supportant pas la solitude, qui perd pied quand une rupture survient. "Il a reconnu avoir suivi une des victimes, être passé chaque matin devant chez elle. Il a révélé aux parents de ces deux victimes qu'elles étaient libertines, captures d'écran à l'appui. Il s'est créé des faux profils sur des sites pour accéder à leurs photos. Il a reproduit les mêmes scénarios avec ces deux femmes en 2016 et 2017.

"J'ai perdu pied, je faisais une grosse dépression. Mes comportements étaient inappropriés, j'ai manqué de discernement. J'ai beaucoup travaillé sur moi ces cinq dernières années. Je suis passé par l'enfer, j'ai perdu mes amis, la politique, mon emploi", expliquait l'intéressé.

Didier Want avait déjà été reconnu coupable de harcèlement sur une première ex-compagne en 2014. Il a démissionné en 2016 de son poste de premier échevin à la suite d'un courrier qu'une des victimes a envoyé au bourgmestre de l'époque.

Poursuivie pour dénonciation calomnieuse, celle-ci a été acquittée.

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