Survol: pour la FGTB, "une solution est possible"

Philippe Van Muylder (FGTB) : "il faut plus d'objectivation dans le dossier du survol"

© NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

20 févr. 2017 à 08:50 - mise à jour 20 févr. 2017 à 08:50Temps de lecture2 min
Par Barbara Boulet

Survol sera LE mot de la semaine à Bruxelles. C'est à partir de mercredi que la Région bruxelloise compte appliquer strictement sa réglementation sur les normes de bruit. On le sait, la mesure crispe l'aéroport, les compagnies aériennes et d'autres acteurs économiques qui craignent la fuite de certaines compagnies. Nous avons interrogé le secrétaire général de la FGTB Bruxelles à ce sujet.

 

Philippe Van Muylder, des voix accusent la Flandre de vouloir profiter de tout, de l’outil économique que représente l’aéroport, mais refuse les nuisances. Que représente l’emploi bruxellois à Zaventem ?

Philippe Van Muylder : "C’est très difficile d’avoir des chiffres précis. L’aéroport devrait d’ailleurs être plus précis sur la question. Il semble que 3000 bruxellois travaillent à l’aéroport (à l’aéroport même ou ailleurs sur le site – le freeshop par exemple). Si ce chiffre est vérifié, c’est le plus gros employeur privé hors Bruxelles".

Les normes de bruit, représentent-elles un réel danger pour l’emploi ?

"Disons que je ne pense pas que ce soit nécessairement une bonne nouvelle pour l’emploi. Ceci dit, il faut que l’aéroport fasse la clarté sur les conséquences, compagnie par compagnie. Et surtout, il faut qu’on cesse de se prendre en otage les uns les autres. Il faut revenir à un peu d’objectivation. Ce n’est pas en se lançant des anathèmes et des invectives qu’on va régler ce dossier qui pourrit la vie économie depuis des décennies".

Vous présidez le conseil économique et social de Bruxelles. Les partenaires sociaux bruxellois estiment-ils qu’une solution est possible ?

"Oui, ça demande simplement qu’on objective les choses. Un exemple ? Dans le choix des pistes d’atterrissage et de décollage, certains bruxellois – à tort ou à raison- ont pu se dire que Belgocontrol faisait tout son possible pour envoyer un maximum d’avions au-dessus de la région bruxelloise. A un moment, le ministre Bellot a sorti une proposition très intéressante, d’objectivation du choix des pistes par le recours à un logiciel. Ce logiciel indiquerait aux contrôleurs aériens la piste qu’il faut choisir selon les circonstances. Je pense que c’est un bon exemple pour faire sortir le dossier du marasme communautaire dans lequel d’aucuns sont en train de l’enfoncer".

Vous pensez que le comité de concertation, entre les régions et le fédéral, ce matin, peut aboutir ?

"L’inconnue, ce sont les nouvelles propositions que le ministre-président flamand compte déposer. Au fond, certains de vos confrères estiment que le Ministre Bellot doit arbitrer. Nous ne voyons pas les choses comme ça, au conseil économique et social. Nous ne pensons pas que le Ministre doit être un arbitre. Il doit exercer ses compétences. Et elles sont importantes. Il doit objectiver les dossiers, et proposer des solutions protectrices de l’emploi des bruxellois et celui des flamands et des wallons. En tenant compte du fait que des personnes sont survolées par des avions. Ce sont des nuisances incontestables".

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