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Belgique

Surprofits des fournisseurs d'énergie : "le gouvernement travaille sur une contribution de crise" annonce Tinne Van der Straeten

L'invitée de Matin Première : Tinne Van Der Streaten

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07 juil. 2022 à 07:58 - mise à jour 07 juil. 2022 à 08:53Temps de lecture2 min
Par Maud Wilquin

La ministre fédérale de l’énergie, Tinne Van der Straeten (Ecolo) était l’invitée de la Première ce jeudi 7 juillet.

Pour la Matinale, la ministre a commencé par donner plus de précisions quant à la taxe aux surprofits des fournisseurs d’énergie tels qu’Engie : "La CREG, notre régulateur d’énergie, ainsi que la Banque nationale nous ont confirmé que nous pouvions taxer les surprofits. Nous sommes en train de travailler au niveau du gouvernement sur une proposition pour avoir une contribution de crise. Nous en discuterons en septembre-octobre, lorsque nous ferons le budget." Cela devrait pour rappel servir à aider les ménages à payer leurs factures d’énergie.

Le premier réacteur fermera le 1er octobre : qu’adviendra-t-il des déchets ?

La ministre s’est ensuite exprimée sur la fermeture du premier réacteur nucléaire au premier octobre prochain : "La gestion des déchets, le démantèlement est le chantier le plus long, le plus délicat et le plus coûteux." En effet, la ministre estime que les travaux dureront entre 50 et 100 ans pour un coût total de 41 milliards d’euros : "D’où la nécessité de régler le problème aujourd’hui", assure-t-elle. "Il faut garantir que cette facture colossale est envoyée chez celui qui est responsable et c’est celui qui a été l’opérateur des activités nucléaires." C’est cette garantie que votera le gouvernement ce 7 juillet avec son projet de loi sur les provisions nucléaires. "Dans cette loi, il est bétonné que c’est le pollueur (l’exploitant) qui paie et qui doit garantir que l’argent est là en suffisance, à temps, et disponible en Belgique." La commission des provisions nucléaires s’assurera pour cela qu’Electrabel, l’exploitant français, est bien en mesure de garantir ces provisions. "Si ce n’est pas le cas, des sanctions peuvent être prises. Je suis confiante", reprend la ministre.

La population impliquée

Là où le gouvernement est moins confiant par contre, c’est dans la gestion des déchets nucléaires générés par le démantèlement. "La solution définitive n’est pas encore connue aujourd’hui malgré nos recherches", reconnaît la ministre. D’où l’idée de créer un "dialogue national". "Il ne revient pas à une ministre seule ou un gouvernement de prendre une telle décision pour des travaux aussi longs. Il faut impliquer toute la société. Il s’agira de discussions physiques et pas seulement numériques. C’est un processus mixte avec des à la fois des citoyens, des experts et les acteurs concernés (Engie, Electrabel…). Tout ceci sera soutenu par la Fondation Roi Baudouin."

Prolonger deux réacteurs nucléaires

Il ne sera par contre pas possible de se passer complètement de l’énergie nucléaire de sitôt. C’est pourquoi le gouvernement négocie actuellement la prolongation de deux réacteurs de deux gigawatts pour une période supplémentaire de dix ans. "Les autres réacteurs sont trop vieux ou ont des problèmes de fissures", explique la ministre.

On ne sait toutefois pas si la Belgique dispose des moyens nécessaires pour payer cette prolongation à Engie. "Il n’est pas bon pour une négociation d’aller dans les détails et de prendre des positions", conclut Tinne Van der Straeten.

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