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Suicide d'une jeune fille de 14 ans après un viol : comment réagir face à ce genre de situation ?

Suicide d'une jeune fille de 14 ans après un viol : comment réagir face à ce genre de situation ?
01 juin 2021 à 15:28 - mise à jour 01 juin 2021 à 15:292 min
Par P.V.

Cinq jours après avoir été agressée et violée par cinq adolescents, une jeune fille de 14 ans s’est suicidée à Gavere, près de Gand. Julie (prénom d’emprunt) n’en avait parlé qu’à une amie, qui a prévenu la famille après le décès de l’adolescente, raconte le quotidien Het Nieuwsblad. Entre-temps, Julie avait toutefois pu voir les images du viol qu’elle a subi dans un cimetière de Gand, circuler sur les réseaux sociaux. "Ces images ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, explique le père de la jeune fille à Het Nieuwsblad. Elle a vu son monde s’écrouler."

Selon ses parents, Julie traversait un passage difficile, et ils avaient obtenu un rendez-vous avec un thérapeute. "Deux jours avant, elle s’est enfuie de la maison et elle est morte", conclut le père de Julie. Une situation qui n'est pas si rare en Belgique : en 2018, il y a eu 1.782 décès par suicide, rappelle l'asbl 'Un pass dans l'impasse'. Le suicide est la première cause de décès chez les 15-24 ans.

Julie n'avait parlé qu'à une amie du viol qu'elle avait subie. C'est cette dernière qui a ensuite informé les parents de l'adolescente, après sa mort. "Elle ne nous a rien dit à ce sujet, regrette le père de Julie. J'ai dit mille fois à mes enfants qu'ils peuvent venir me voir si quelque chose ne va pas. Que j'écouterais, même si je n'étais pas d'accord. Si seulement elle avait dit quelque chose, alors peut-être que j'aurais pu faire quelque chose."


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L’asbl a justement publié un communiqué pour rappeler comment repérer les souffrances suicidaires et éviter de nouveaux drames. "Une personne avec des pensées suicidaires peut cumuler une série de signes auxquels vous pouvez être attentif et sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour lui faire part de votre inquiétude afin d’initier un dialogue, écrivent les psychologues de l’association. Quand les idéations suicidaires s’installent, le comportement peut se modifier et le discours peut être porteur de messages à décoder."

Parmi ces signes, la perte d’estime et de confiance en soi, le désintérêt du quotidien, l’irritabilité ou bien sûr la consommation abusive de médicaments, de drogues ou d’alcool. L’asbl invite à écouter les personnes qui manifestent des troubles suicidaires et "ne pas la juger". Il est important de reconnaître la souffrance de l’autre. A l’inverse, elle proscrit certaines attitudes, comme le fait de mettre en doute les intentions de la personne, recourir à la morale, ou encore banaliser ou dramatiser la situation. "Si vous êtes inquiet et que vous estimez que le danger peut être grave et imminent, contactez directement un professionnel susceptible d’évaluer la situation avec vous et de vous accompagner dans les mesures à prendre", concluent les psychologues de l’asbl.

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