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Suède : élections serrées ce dimanche avec l’extrême droite à une place inédite

Des partisans des Démocrates de Suède (SD, extrême droite) agitent des drapeaux lors d’un meeting le 10 septembre 2022 à Stockholm

© Jonathan NACKSTRAND

11 sept. 2022 à 04:57Temps de lecture3 min
Par AFP, édité par Alain Lechien

Un nouveau pays européen avec un gouvernement appuyé par l’extrême-droite, ou un troisième mandat pour la gauche ? La Suède vote dimanche après une campagne au suspense maximal et au scénario inédit, dominée par la criminalité et l’inflation.

Jamais jusqu’à ces législatives la droite traditionnelle suédoise n’avait envisagé de gouverner avec l’appui direct ou indirect des Démocrates de Suède (SD).

Longtemps paria, le parti nationaliste et anti-immigration est en passe selon les sondages de rafler une inédite deuxième place, et de devenir la première formation d’un nouveau bloc des droites.

La Première ministre sortante, la sociale-démocrate Magdalena Andersson, espère, elle, rester au pouvoir en s’appuyant sur un ensemble "rouge-vert", pour un troisième mandat de quatre ans d’affilée pour la gauche.

La campagne a été dominée par des thèmes susceptibles de favoriser l’opposition de droite : criminalité et règlements de comptes meurtriers de gangs, flambée des prix des carburants et de l’électricité, problèmes d’intégration des immigrés…

Mais la solide popularité de Mme Andersson, dont la cote de confiance supérieure dépasse celle de son rival conservateur Ulf Kristersson, ainsi que l’épouvantail de l’extrême-droite pour les électeurs centristes plaident en faveur de la gauche.

Les cinq instituts de sondage donnent une très légère avance au camp rouge-vert, dans leurs dernières salves, mais tous sont dans la marge d’erreur et les chiffres ont été ultra-serrés depuis deux semaines.

Touche-touche

Le bloc de gauche mené par les sociaux-démocrates – premier parti en Suède depuis les années 30 – avec l’appui attendu des Verts, du parti de Gauche et du parti du Centre, est crédité d’entre 49,6% et 51,6%.

Le total des droites – SD, parti des Modérés (conservateur), parti chrétien-démocrate et parti libéral – navigue lui entre 47,6% et 49,4%.

"C’est une course très très serrée", a constaté la Première ministre Andersson lors du dernier jour de campagne samedi.

"Bien sûr je suis inquiète d’un gouvernement complètement dépendant des Démocrates de Suède comme premier parti du gouvernement ou premier soutien […] Ce serait une Suède différente que nous aurions pour quatre ans".

Les deux dernières semaines de campagne ont vu les SD, menés pour la cinquième élection consécutive par leur dirigeant Jimmie Åkesson, dépasser les Modérés dans les sondages, autour de 19-21%, soit au-dessus de leur record de 17,5% de 2018.

Emmenés pour la deuxième fois par leur leader Ulf Kristersson, les Modérés ont eux perdu du terrain autour de 16-18% dans les dernières enquêtes d’opinion.

Le poste de Premier ministre revient traditionnellement en Suède au premier parti de l’alliance victorieuse, mais les partis de droite traditionnelle sont hostiles à avoir des ministres SD, a fortiori leur laisser le poste de chef de gouvernement.

A gauche aussi, la forme exacte d’un futur exécutif sorti des urnes reste empreinte d’incertitudes : le parti de Gauche est hostile à voir celui du Centre exercer trop d’influence, et vice-versa.

Mais selon les politologues, une crise politique semblable à celle qui avait suivi les élections de 2018 – quatre mois pour former un gouvernement – est peu probable, les camps étant cette fois mieux délimités.

349 sièges

La victoire de la droite appuyée par l’extrême droite ouvrirait une nouvelle ère politique pour la Suède, qui doit prendre la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier et finaliser sa candidature historique à l’Otan.

Une nouvelle victoire de la gauche invaliderait la stratégie d’un rapprochement de la droite avec les SD, qui resteraient toutes deux impuissantes dans l’opposition.

Un total de 349 sièges sont en jeu dans un scrutin à la proportionnelle, où seuls les partis réalisant plus de 4% obtiennent des sièges. Pour être investi, un Premier ministre ne doit pas avoir 175 voix ou plus contre lui, mais il n’est pas nécessaire d’avoir une majorité absolue de votes favorables.

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