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La Grande Forme

Stress lié aux factures d’énergie : comment le gérer ?

Comment gérer l’anxiété liée à la crise énergétique ?

La crise énergétique nous touche de plein fouet : augmentation des factures de gaz et d’électricité, triplement des acomptes. Cela suscite beaucoup d’anxiété, de façon légitime. Peur de ne pas savoir payer, peur de devoir faire des choix essentiels : sur la nourriture, sur le loyer, sur les activités scolaires des enfants… Dr Caroline Depuydt, psychiatre référente dans l’émission "La Grande Forme" nous donne des conseils pour aller mieux.

Cette crise fait suite à de nombreux autres traumatismes : Covid-19, guerre en Ukraine, réchauffement climatique, alternance d’inondations et de sécheresse. Nous avons épuisé notre stock de calme et de paix intérieure. La crise énergétique ne peut se comprendre qu’en lien avec la crise climatique et l’éco-anxiété qu’elle suscite.
"L’éco-anxiété" ou encore la "solastalgie" désigne une sensibilité aux désordres environnementaux qui peut nous faire ressentir de la peur, de la tristesse, de l’anxiété voire de la culpabilité. C’est un terme qui est apparu avec le début du 21e siècle. La solastalgie est le regret du passé qui n’existe plus, et l’éco-anxiété, l’angoisse face à un futur sombre, comme une sorte de stress pré-traumatique. C’est lié parce qu’on prend conscience que l’énergie n’est pas un puit sans fond et qu’il est urgent de trouver des alternatives et de s’autoréguler.
 

D’où vient l’anxiété que l’on ressent ?

Cette anxiété est le signe d’une hyperactivation de la zone de survie dans notre cerveau qui se sent en danger. Cette zone est activée quand nous nous sentons en insécurité, c’est ce qu’on appelle le "système nerveux autonome." Ce système nerveux autonome a deux voies : une orthosympathique et une parasympathique. La voie parasympathique a deux branches, une ventrale et une dorsale. Le système nerveux autonome permet ainsi trois types de réactions
  • Soit la voie parasympathique ventrale est activée : on est relax, en sécurité ;
  • Soit la voie orthosympathique est activée : c’est le mode "fuite ou combat", c’est une réaction de stress aiguë, avec sécrétion d’adrénaline. Mais en même temps, c’est nécessaire parfois d’être stressé pour pouvoir réagir rapidement et adéquatement. Le problème est l’épuisement si on l’active trop longtemps.
  • Soit la voie parasympathique dorsale est activée, c’est le mode "freeze" paralysie. Quand on se sent en danger vital, comme un lézard qui se sent observé, on se paralyse pour essayer de survivre. C’est la pire des voies, parce qu’elle nous laisse dans un état d’impuissance. C’est par exemple ce que vivent les victimes de viol, quand elles se dissocient, se laissent faire et espèrent juste survivre.
En pratique, cela explique les différentes réactions que peuvent avoir les gens. En fonction d’où on se situe, on aura différents types de réactions :
  • Voie parasympathique ventrale : je ne m’inquiète pas. J’ai confiance que l’on va trouver de solutions. Je sais que tout évolue, il y a déjà eu des crises et on est passé au-dessus.
  • Voie orthosympathique : le mode combat. Je ne suis pas anxieux mais en colère ! Colère contre les politiques, contre les inconscients, etc. Je lutte activement contre le réchauffement climatique et j’aménage chez moi pour diminuer la consommation.
  • Voie orthosympathique : mode fuite. Je me rends compte qu’il y a un problème mais je préfère me mettre la tête dans le sable, et tenter d’oublier. Je ne sais pas quoi faire, je réalise déjà les économies que je peux à mon échelle, mais j’ai peur que ce ne soit pas suffisant. Je vais aller vivre en autonomie dans la forêt.
  • Voie parasympathique dorsale : je suis paralysé par l’angoisse. Je ne sais pas quoi faire, je me sens impuissant, j’ai peur d’être expulsé. C’est la pire des anxiétés finalement, parce qu’on est totalement envahi et paralysé et qu’on se sent impuissant.

Comment gérer l’anxiété liée à la crise énergétique ?

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Comment gérer cette anxiété ?

La première chose à faire, est de reconnaître que l’anxiété est légitime. Gérer son anxiété est plus efficace si on remarque que les politiques, à un niveau plus global, nous aident à passer cette crise. Ce n’est qu’à ces conditions qu’on peut soi-même développer une sobriété la plus heureuse possible : si on sait que nos besoins vitaux seront assurés.

  • Se poser une question : Comment je peux reprendre le pouvoir ?

C’est le sentiment d’impuissance qui est le pire. Quand on a le sentiment de reprendre un peu le contrôle, on se sent déjà mieux. Par exemple : trouver les trucs utiles pour diminuer sa consommation. Arrêter son deuxième freezer, diminuer le thermostat central (surtout l’hiver) de 2 degrés, diminuer la température de sa chaudière. Dégivrer son freezer… Certaines générations envisagent de réemménager ensemble pour diminuer leur frais. D’autres vont faire des travaux pour isoler (quand ils le peuvent) leur toiture ou rénover leur chaudière ou mettre des panneaux. Aller au CPAS pour voir de quelle façon ils peuvent aider les plus démunis. 

  • Choisir la sobriété plutôt que de la subir.

Attention : bien sûr, dans un cadre où on a ses besoins de base couverts. On oriente son esprit vers la recherche de plaisirs simples, naturels, non polluants et non marchands (émerveillement face à un coucher de soleil ou à la nature, apprécier le simple fait de respirer ou d’être vivant, méditation, câlins, danse, activité artistique, etc.)

  • Calmer son système nerveux autonome, aider à l’équilibrer.

Par la cohérence cardiaque, par le mouvement (pour sortir de la paralysie) : danser, bouger, marcher dans la nature (se reconnecter à la nature = redécouvrir la sobriété). Essayer de maintenir un bon sommeil.

  • Ne pas se laisser submerger

Garder de l’humour, ne pas trop regarder les infos, prendre du recul par rapport à la société de l’immédiateté, des systèmes de régulation vont se mettre en place. Relativiser = ce n’est ni la première ni la dernière crise

  • Aide pharmacologique ?

Éviter les benzodiazepines (Xanax et autres) qui provoquent de la dépendance. Leur préférer des alternatives naturelles (sedistress par exemple). Si vraiment on se sent déprimé, avec des troubles du sommeil, des idées noires, aller voir son médecin et une aide pharmacologique pourra être utile.

La Grande Forme, c’est du lundi au vendredi de 13h à 14h30 en direct sur VivaCité. Vous avez manqué l'émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio.

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