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Stop au ressassement : "Débranchez votre mental !"

Débranchez votre mental !
30 juil. 2019 à 13:29 - mise à jour 30 juil. 2019 à 13:29Temps de lecture5 min
Par Maïté Gobert

Journée difficile au boulot, plat brûlé dans le four, les factures, la gestion des travaux à la maison… Ces petites choses du quotidien qui nous apportent tant à penser. Qui ne s’est jamais senti épuisé à la fin d’une journée de rumination ? Savoir gérer son intériorité, c’est tout un concept ! Jean-Christophe Seznec et Sophie Le Guen nous proposent une approche antinataliste.

Il y a des pensées tantôt négatives, tantôt positives, des pensées envahissantes, des pensées utiles… Tout un tas d’idées qui nous procurent des émotions et qui nous permettent de nous sentir vivant ! Certains se sentent dépassés par celles-ci, d’autres arrivent à les contrôler et à tirer profit de ce merveilleux outil. Dans ce monde de la communication rapide et de la réactivité quasi instantanée, serait-il possible de simplement déconnecter notre machine à penser et de se laisser aller aux méandres de la vie ni plus, ni moins ? Jean-Christophe Seznec, psychiatre et blogueur, nous éclaire un peu plus sur la question.

L’Intériorité

Comme postulat de départ, le coauteur utilise l’image et la métaphore :

La vie c’est comme un match de foot. Si l’on veut jouer au foot, il faut être sur le terrain. Si l’on commente le match, on est dans les gradins. Beaucoup de personnes passent leur vie dans les gradins et non sur le terrain de leur vie.

Pour arriver à gérer son intériorité, les auteurs nous proposent de tout d’abord prendre conscience de l’existence de celle-ci. Paradoxalement, l’être humain a parfois tendance à ne pas agir et préfère rester spectateur de sa propre vie. "Débranchez votre mental !", prône plutôt un rôle proactif dans la maîtrise de son intériorité et pour cela, nous devrions accepter qu’il est normal d’avoir des émotions, caractéristiques inhérentes à l’être humain. L’émotion, c’est la vie !

Les vulnérables

Aujourd’hui, il n’existe toujours pas de cours général pour développer nos compétences en matière de gestion de son intériorité. Cette gestion, on l’acquiert plus ou moins (ou pas du tout) au cours des expériences mais bon nombre d’entre nous en arrivent à s’enliser dans les méandres de leurs pensées.

Partons tout d’abord du principe que, par nature, chaque être humain est unique. Chacun de nous a la capacité d’établir une réflexion indépendante sur une situation, une émotion commune à un groupe d’individus. Il n’y a donc pas à proprement parler de groupe d’individus propice au surmenage de la pensée bien que l’on ne soit pas tous égaux face au flux de la pensée.

M. Seznec souligne néanmoins qu’une certaine vulnérabilité existe au sein des personnalités perfectionnistes. En effet, celles-ci ont tendance à appliquer les méthodes qu’elles ont eu l’habitude de côtoyer à l’école c’est-à-dire d’être un bon élève, assidu et ponctuel aux cours et que, par cette attitude, tout se passera bien. Mais dans le monde du travail, elles rencontrent un monde "différent", bien plus complexe. Ce monde où même celui qui met tout en œuvre pour atteindre la perfection, n’arrive même plus à toucher son objectif du doigt tant les interactions et échanges sont nombreux. C’est à ce moment-là que les pensées tumultueuses les propulsent dans le tourment infernal du rabâchage de pensée, tel l’élève exemplaire qui n’arrive plus à atteindre les résultats escomptés.

Les hypersensibles pourraient être considérés comme étant vulnérables face à un flux incessant de pensée. Pour l’auteur, il s’agirait a contrario d’une richesse. Selon lui, l’être humain est doté d’un SONAR intérieur qui capte une multitude d’informations importantes sur une situation, un événement qui se produit. Il ne nous resterait qu’à apprendre le bon fonctionnement de cette machine afin de nourrir notre intelligence émotionnelle, source du profit de la vie.

Les 3 cerveaux :

Jean-Christophe Seznec dégage une théorie selon laquelle il existerait "3 cerveaux" dans la constitution même de l’être pensant.

- Le Mental : cerveau qui mène à la résolution de problèmes, au pouvoir de décision…

- Le Sensoriel : cerveau qui permet de vivre dans l’instant, sensation…

- L’Actif : cerveau enclenchant l’action face à une situation, une émotion rencontrée…

Apprendre à vivre le moment présent, la vie telle qu’elle est au moment T, passerait par une méthode d’apprentissage des interactions continues entre ces 3 cerveaux. Entraîner son mental tel que n’importe quel muscle de notre corps nous permettrait d’apprendre à gérer ces pensées qui nous rongent, à vivre avec et de surtout savoir comment traiter ce flux continu d’information qui passe par notre conscience et l’utiliser à bon escient dans l’action.

ACT

ACT (Acceptance and Commitment Therapy) ou la thérapie de l’acceptation et de l’engagement est une thérapie comportementale et cognitive, proche de la thérapie de la pleine conscience.

Nous sommes des êtres vivants et par conséquent, des êtres sensibles, des êtres émotionnels. Nous rencontrons au cours de notre vie différents sentiments, différentes situations et nous avons la possibilité d’agir selon nos propres besoins, selon ce que l’on considère comme important pour soi.

Ce qui est important pour moi, ne l’est pas forcément pour le voisin, chacun regarde ce qui est important pour soi.

Savoir accepter que l’on puisse ressentir des émotions et produire des pensées est un postulat de base pour ce type de thérapie. Une émotion est une énergie qui ne demande qu’à être utilisée au profit de la négociation de la vie. Le coauteur nous illustre ce qu’est la Thérapie ACT à travers la métaphore dites du SURF :

La vie, c’est comme des vagues. On ne sait pas quelles vagues vont arriver. Les émotions c’est comme des vagues. On ne sait pas quelles émotions vont arriver. Si on lutte contre les vagues, on risque de boire la tasse. Si on veut comprendre pourquoi il y a des vagues, on peut faire des tests jusqu’à la fin de sa vie. Au fond, vivre c’est négocier chaque vague comme un surfeur en se rapprochant de ce qui est important pour soi.

Les trucs et astuces sympas

- Les 3 KIFS de la journée

Cette astuce, développée à l’origine par Florence Servan-Schreiber dans son livre du même nom, est une méthode très simple à appliquer au jour le jour. Chaque soir, prenez un temps pour vous remémorer 3 moments sympathiques de votre journée passée. Ensuite, écrivez-les sur un bloc-notes, ça permet de potentialiser l’effet de bien-être qui surgira à l’évocation de ces moments.

- Le pot de confiture

Jean-Christophe Seznec nous propose de prendre un grand bocal de confiture vide et d’y introduire chaque jour un petit papier coloré sur lequel vous coucherez vos plus beaux moments de la journée. Au bout d’un an, retournez dans votre pot à confiture et croquez à nouveau ces moments qui ont été source de bien-être pour vous.

Ces petites astuces vous permettront de rééquilibrer la balance, de vous remémorer ces moments positifs, voire de créer un moment de partage tout en positivité.

- Vivre l’expérience sensorielle

Tout d’abord, décryptez vos émotions. Prenez le temps de collecter toutes les informations concernant celles-ci et acceptez ce qu’il est en train de se passer. Ensuite, utilisez l’énergie générée par ces sentiments et trouvez une manière de la rentabiliser dans une activité : jardinage, marche, lire un livre,… 

Découvrez l’intégralité de l’interview que nous a accordée Jean-Christophe Seznec à propos de son dernier livre co-écrit avec Sophie Le Guen "Débranchez votre mental ! Trucs et astuces pour arrêter de ressasser et profiter de la vie", LEDUC.S Editions, 2019.

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