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Speedy Graphito, pionnier du street art, revisite un peintre du XIXe

Speedy Graphito, pionnier français du street art, réinterprète Pierre Puvis de Chavannes, un peintre du XIXe considéré comme un inspirateur de l’art moderne, pour la 6e Biennale des Arts de Cuiseaux.

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17 sept. 2022 à 08:07Temps de lecture2 min
Par AFP

"J’ai appris à peindre en reproduisant" : Speedy Graphito, pionnier français du street art, réinterprète Pierre Puvis de Chavannes, un peintre du XIXe considéré comme un inspirateur de l’art moderne, pour la 6e Biennale des Arts de Cuiseaux (Saône-et-Loire).

"Je travaille beaucoup sur les références historiques", dit "SG", comme on le surnomme. "J’ai l’impression d’être dans une famille, d’être un relais", d’où le titre de l’exposition : "Une histoire de famille".

Contacté par la biennale, l’artiste s’est vite approprié Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898), connu notamment pour ses gigantesques décorations murales, au Panthéon, à la Sorbonne ou à la bibliothèque de Boston.

"Comme Speedy Graphito, Puvis est un peintre des murs et des grandes surfaces : c’est la parenté", explique Bertrand Puvis de Chavannes, un descendant du peintre dont la famille vivait à Cuiseaux.

JEFF PACHOUD – AFP

Mettre en parallèle un peintre du XIXe et un street-artiste "était une évidence", souligne le commissaire de l’exposition, André Siegel.

"Puvis de Chavannes est un fresquiste qui a fait pas mal de choses sur les murs donc ça m’a paru logique de mettre quelqu’un faisant du street art", dit-il. "C’est en plus un précurseur de l’art moderne : Picasso s’est beaucoup inspiré de lui et Speedy Graphito s’est inspiré de Picasso : c’est une ligne continue."

"Tout est connecté", confirme Speedy Graphito. "J’ai appris à peindre en reproduisant, à 9 ans, des Van Gogh et autres, c’est comme ça que je me suis formé", se souvient ce papy de l’art urbain, aujourd’hui âgé de 61 ans, qui a fait ses premiers pochoirs dans les rues de Paris en 1983.

"Poupée gigogne"

Habitué à juxtaposer les références, SG réinterprète à Cuiseaux deux toiles de Puvis, "L’été" et "Jeune Noir à l’épée". Dans cet hommage à l’abolition de l’esclavage, Speedy ajoute une allusion au Guernica de Picasso et au Cri de Munch, pour insister sur "la rage, la révolte".

C’est un peu comme une poupée gigogne. J’essaie de réactualiser le tableau car si on n’utilise pas ce qui a été fait, cela disparaît.

Outre ces réinterprétations, une cinquantaine d’œuvres de SG sont exposées et autant de Puvis. Relativement oublié car étouffé par la popularité de ses grands contemporains impressionnistes, Puvis a été "un des précurseurs de l’art moderne", assure son arrière-petit-neveu qui préside le Comité Pierre Puvis de Chavannes. Pablo Picasso "en reprend parfois intégralement des figures", selon lui.

La cité médiévale, où est né un autre grand peintre, Édouard Vuillard, attire lors de chaque biennale "entre 4 et 7000 visiteurs" pour une municipalité de 1900 habitants, selon Gilles de Courtivron, président de l’association Cuiseaux Pays des peintres.

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