Dans l'air du temps

"Speak softly love", le thème d’amour du Parrain de Nino Rota devenu un standard de la chanson repris par de nombreux artistes

15 mars 2022 à 10:01 - mise à jour 15 mars 2022 à 10:05Temps de lecture2 min
Par Réal Siellez

Il y a 50 ans, le 15 mars 1972, avait lieu la première new-yorkaise d’un film de légende, un monument du cinéma, que l’on reconnaît dès les premières notes de sa bande originale composée par Nino Rota, Le Parrain. Et si nous avons tous à l’oreille le thème du Parrain, une autre composition de Nino Rota pour ce film a connu, elle aussi, un véritable succès, jusqu’à être adaptée en plusieurs langues. Réal Siellez nous raconte l’histoire de la chanson Parle plus bas.

Speak softly love

La musique du Parrain est, dans l’inconscient collectif, indissociable du film lui-même. Cette musique est composée par Nino Rota, génie de la composition qui ponctue sa partition de références classiques. On retrouve notamment dans la bande originale du Parrain des extraits de la Passacaille en ut mineur ou encore de la fantaisie pour orgue en sol mineur.

Mais l’air qui restera à jamais attaché à Don Corleone est bien entendu le thème d’amour.

Et si le film a remporté trois Oscars à sa sortie, la musique de Rota n’était pas éligible à cette cérémonie. Et pour cause, la musique utilisée par Nino Rota pour Le Parrain a été composée, en partie, pour un autre film, Fortunella d’Eduardo De Fillipo, réalisé en 1958. C’est en effet dans ce film que l’on entend pour la première fois ce thème, pourtant si attaché au film de Francis Ford Coppola.

Le succès n’est pas au rendez-vous pour Fortunella et Nino Rota reprendra ce thème iconique dans sa composition du Parrain. Une mélodie qui donnera lieu, pour la sortie du film et la bonne diffusion et promotion à la radio, à une chanson, Speak softly love, écrite par Larry Kusik, interprétée par Andy Williams sur la fameuse mélodie de Nino Rota.

La chanson rencontre un succès populaire immense, se plaçant au sommet du Top 100.

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Parle plus bas

En France, l’industrie de la production de disque par recyclage est telle, que Boris Bergman, connu pour être l’un des paroliers majeurs d’Alain Baschung, traduit immédiatement Speak softly love. La chanson garde sa thématique de la discrétion, en ajoutant la notion d’un amour impossible dans le milieu mafieux, puisqu’il est illégitime.

Simultanément, les interprètes se multiplient… Tino Rossi imitant l’american touch, les Compagnons de la chanson affirmant l’identité Française, ou encore une interprétation plus dépouillée et fragile de Marie Laforet.

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Mais celle qui marquera le titre côté francophone, c’est Dalida. La diva Egyptienne acclimatée à l’hexagone, patine le titre de ses "r" qui roulent, d’une forme de lamento naturel, digne et désespérée, et de ses envolées, renforçant le côté exotique et mystérieux propre au parrain.

Parle plus bas, une musique de Nino Rota, des paroles de Boris Bergman, interprété par Dalida sur l’album "Il faut du temps" en 1972, c’était dans l’air du temps, ça l’est toujours.

Dans l'Air du temps

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