Sous les Pyramides

Sous le sable des Pyramides (Podcast) - La pierre de Rosette : comment Champollion a déchiffré les hiéroglyphes

Sous le sable des pyramides

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

C'est LE document iconique de l'Égypte antique. La pierre de Rosette a permis de décrypter les hiéroglyphes. Dans ce 2e épisode de Sous le Sable des Pyramides, Jean-Louis Lahaye vous conte l'histoire de sa découverte par Jean-François Champollion.

L’Égypte antique a toujours fasciné. Par ses pyramides et leurs mystères, par ses temples immenses, par ses rites funéraires via lesquelles de véritables trésors étaient enfouis avec de prestigieux défunts, mais aussi par cette écriture mystique qui couvre les murs des temples, des édifices, des tombes, de sigles étranges, d’animaux bizarres, de têtes humaines, de dieux à têtes d’animaux et de figures inconnues. Ce sont les Grecs qui ont donné le nom hiéroglyphes à cette écriture, hiéroglyphes signifiant "signes gravés sacrés".

Mais que disent ces étranges inscriptions ? Quels secrets peuvent-elles révéler sur cette puissante civilisation ? Jusqu’à la fin du 18e siècle, les nombreux essais de compréhension de ces signes particuliers ont tous échoué. Tous ceux qui s’y étaient attelés ont perpétué la même erreur en voulant absolument y voir des signes symboliques.

La solution viendra d’une découverte exceptionnelle : une imposante table de pierre de quelque 762 kilos découverte le 15 juillet 1799 par le lieutenant Pierre François Xavier Bouchard, un soldat français faisant partie de l’armée envoyée en Égypte par Napoléon Bonaparte pour conquérir le pays. Une armée finalement assiégée par les Anglais voulant, eux aussi mettre la main sur ce carrefour stratégique entre l’Europe et l’Asie.

Trois écritures pour deux langues

Cette découverte est majeure, car les inscriptions gravées sur cette pierre révèlent trois types d’écriture : du grec ancien, de l’égyptien courant, que l’on appelle démotique, et enfin de l’égyptien en hiéroglyphes. Trois types d’écriture, mais deux langues.

Et la chose vraiment incroyable vient de la traduction rapide effectuée par les chercheurs de l’Institut du Caire, créé sous les ordres de Napoléon. Si le texte en lui-même ne présente en réalité que peu d’intérêt, par contre la dernière ligne de sa version grecque indique que les trois textes disent exactement la même chose ! En d’autres mots, cette pierre est exceptionnelle, car elle contient la clé permettant de déchiffrer les fameux caractères hiéroglyphiques !

La pierre de Rosette pouvait enfin nous permettre de déchiffrer cette écriture, et par là les messages plusieurs fois millénaires qu’elle a engendrés, et nous ouvrir définitivement les portes de cette civilisation fascinante.

Un véritable casse-tête pendant une quinzaine d'années

Craquer le code ? Ce sera tout sauf évident. S’agit-il de signes phonétiques comme dans un alphabet ou de pictogrammes comme en chinois ? La nouvelle de cette découverte se répand très vite en Europe et des copies sont disséminées dans toutes les universités. Les plus grands spécialistes se mettent au travail, mais pour autant le casse-tête est total, aucun moyen de savoir quelles inscriptions égyptiennes correspondent aux mots grecs.

Qui va percer le secret des hiéroglyphes ? Et quel sera celui dont le nom entrera définitivement dans l’histoire ?

Les fantasmes sur le contenu des messages venus du fond des temps tiennent notamment au fait que beaucoup pensent que les hiéroglyphes contiennent des secrets sur les dieux, l’univers, l’astronomie, et qu’ils renferment à coup sûr des mystères, car ils seraient bien plus qu’une simple écriture. Les linguistes ne trouvent aucune solution et pourtant elle est forcément sous leurs yeux, mais ils ne parviennent pas à établir des liens cohérents entre les mots, les signes, les phrases.

Ce sont quinze années après la découverte de la pierre que les choses vont enfin bouger. Dans la lutte fratricide que se livrent chercheurs français et anglais, si c’est bien l’Anglais, Thomas Young qui aura le premier mot, ce sera Jean-François Champollion, le Français, qui recueillera tous les honneurs et dont le nom sera associé à jamais à la pierre de Rosette.

Une écriture phonétique et pas symbolique

Thomas Young sera le premier à démontrer que les Égyptiens écrivent les noms grecs, comme celui du pharaon Ptolémée qui est célébré dans le fameux texte, phonétiquement. Mais c’est, Jean-François Champollion qui va le mieux exploiter la piste ouverte par Thomas Young. Il sera ni plus ni moins que le fondateur de l’Égyptologie moderne. En 1822, il démontrera que les mots égyptiens sont également écrits phonétiquement ce qui ouvrit définitivement la voie vers la traduction de ces caractères si particuliers. Les secrets de ces inscriptions vont enfin être révélés...

On connaît désormais l’histoire de cette grande civilisation, les noms, les visages des pharaons, les lieux où ils ont vécu, les dates importantes de leur existence sont identifiés, et plus largement la vie quotidienne à cette époque. La pierre de Rosette a tout simplement ramené à la vie l’histoire de l’Égypte antique, et par là même de l’humanité. Son déchiffrage peut être considéré comme un événement majeur dans notre connaissance d’un passé plusieurs fois millénaire même si aujourd’hui, les découvertes relatives à l’une de plus grandes civilisations qu’ait connu l’humanité sont loin d’être terminées. De nombreux trésors sont encore enfouis sous le sable des pyramides.

Comment Champollion a-t-il déchiffré ces hiéroglyphes ? Écoutez la suite dans le podcast ci-dessus.

Sous le Sable des Pyramides, épisode 1 : Toutankhamon

DEA / G. DAGLI ORTI/De Agostini via Getty Images

Sur le même sujet

Hiéroglyphes : une pétition pour le retour de la pierre de Rosette en Egypte

Patrimoine

"Alexandrie : futurs antérieurs" : la ville antique à l'honneur à Bozar

L'info culturelle

Articles recommandés pour vous