Souffrez-vous de dépression saisonnière?

Souffrez-vous de dépression saisonnière?

© FlickR CC/Guilherme Yagui

14 nov. 2016 à 08:59 - mise à jour 14 nov. 2016 à 08:59Temps de lecture3 min
Par RTBF

Le mois de novembre, qui est tellement éloigné des chaleurs de l’été et si loin encore du réconfort des fêtes de fin d’année, est synonyme chez beaucoup d’entre nous de dépression saisonnière. On l'appelle aussi trouble affectif saisonnier (TAS).

Les symptômes de cette dépression automnale et hivernale ne sont pas ceux d’une dépression classique. Souvent, la tristesse et les idées noires ne sont pas au premier plan des symptômes. Il s'agit plutôt des sensations de ralentissement et de pénibilité à faire toutes les choses qu’on l’on doit faire sur une journée. Parmi les réactions possibles : humeur irritable, baisse d’énergie, relations sociales conflictuelles, tendance à manger plus, à grignoter, à dormir plus...

Comme les ours et les marmottes

Ces réactions rappellent en fait les mécanismes d’hibernation qui existent chez de nombreux animaux. Comme un ours, on a envie d’hiberner et c’est tout a fait naturel. Nous sommes aussi soumis à des rythmes naturels et notre organisme est en fait très sensible à l’exposition à la lumière. Celle-ci joue un rôle dans la régulation de notre horloge biologique. Elle à un rôle dans l’activité de l’épiphyse, une petite glande dans notre cerveau qui secrète la fameuse mélatonine, l’hormone du sommeil qui régule les cycles éveil/sommeil et influence notre humeur

Conséquence du manque de lumière

Chez les personnes sensibles, la baisse de luminosité hivernale entraîne une désynchronisation de l’horloge interne et perturbe la sécrétion de la mélatonine. les symptôme de la dépression saisonnière peuvent alors apparaître

Cette dépression saisonnière ce n’est donc pas un phénomène de mode. C’est naturel. D'ailleurs, la première dépression saisonnière daterait du VIe siècle après Jésus-Christ.

Jordanès un historien de langue latine, rapporte que, sur l’île scandinave de Scanzia, la population souffre de sautes d’humeur saisonnières à cause du manque de lumière en hiver. Mais ce n’est qu’en 1984 que le diagnostic est proposé pour la première fois par le psychiatre américain Norman Rosenthael. Ce médecin avait déménagé d’Afrique du Sud à New York et il se demandait à quoi était due sa baisse de moral. Il s’est rendu compte que c’était à cause du manque de lumière.

6% des Belges touchés

Il y a donc des différences en fonction de l’endroit du globe où l’on habite. C’est lié à l’ensoleillement, à la lumière. la fréquence de la dépression saisonnière est de 10 à 20% dans les pays nordiques et diminue à mesure que l’on se rapproche de l’Equateur où le taux de luminosité est le plus élevé. En Belgique on estime qu’environ 6% de la population peut être touché par cette dépression saisonnière. Comme ailleurs, ce trouble touche en majorité les femmes. Le trouble affectif saisonnier peut aussi toucher les enfants.

Heureusement il y a des moyens de se remettre d’aplomb. Le conseil numéro 1 est évidemment d’emmagasiner le plus de lumière possible. A cause de notre mode de vie sédentaire, on est aussi forcément moins exposés à la lumière directe du jour. Il faut donc essayer de mettre d’avantage son nez dehors pour profiter au maximum de la lumière naturelle durant la journée

Et la lumière artificielle dans tout ça ? Elle est réservée aux cas vraiment sévères de dépression saisonnière. On peut proposer des séances de luminothérapie. Une lampe de 10 000 lux placée à environ 30 cm du visage. On la garde ainsi environ 1/2 heure par jour, il faut compter 3 semaines de traitement et c’est efficace dans environ 75% des cas.

Le sport est aussi fortement conseillé à l’extérieur et en plein jour. Évidemment il faut aussi avoir une alimentation saine.

Enfin, on peut pratiquer le "hygge" (dites le "hugueu"). C’est un concept nordique, danois qui désigne une manière d’aborder les sombres journées d’hiver de manière positive. Par exemple en vivant le moment présent et en se faisant plaisir. Cela peut passer par des moments entre amis autour d’un bon repas. Bref l'idée est de compenser le manque de mélatonine, par la dopamine, qui n'est autre que l'hormone du bonheur.

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