Sommes-nous tous des 'dévoreurs d'écrans' ?

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28 nov. 2016 à 15:23Temps de lecture2 min
Par FP

Pourquoi certaines personnes font-elles un usage excessif des écrans ?

Comment éviter les dérives telles que le cyberharcèlement sur les réseaux sociaux ?

 

Le Forum en parle avec Pascal Minotte, psychologue, psychothérapeute
et chercheur au CRESAM, le Centre de référence en santé mentale

 

 

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Dans son ouvrage, Dévoreurs d'écrans, comprendre et gérer nos appétits numériques (Ed. Mardaga), Pascal Minotte part du principe que les usagers de ces technologies sont mus, pour la majorité d’entre eux, par des intentions positives. Aux parents, il donne des repères pour doser le contact avec les écrans en fonction de l’âge, accompagner les premiers surfs sur le Web et sensibiliser les jeunes à la notion d’identité numérique.

 

" Je n’ai pas eu une dépression parce que je passais trop de temps sur le Web.
Mais l’hyperconnexion était un des symptômes de ma dépression. Je planquais ma peur sur le Web
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Guy Birenbaum, en préface
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Ecoutez...

"Je pense qu'un des critères intéressants n'est pas nécessairement le temps qu'on y passe mais la fréquence. Les smartphones déterminent des usages d'un nouveau type, nomade, et se pose la question de la fréquence, du caractère intempestif ou non de cette utilisation."

"Il faut parfois protéger les gens d'eux-mêmes, l'envie de bien faire. Souvent les gens qui souffrent d'un burn out sont des travailleurs particulièrement impliqués, motivés."

"Les adolescents d'aujourd'hui, même si on parle parfois d'enfants mutants, ont plus ou moins les mêmes enjeux qu'avant, si ce n'est qu'ils ont d'autres moyens de les exprimer."

Pascal Minotte
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Guy Birenbaum

A propos de Guy Birenbaum

Hyper-connecté et très présent sur les réseaux sociaux, le journaliste Guy Birenbaum supporte de moins en moins les attaques antisémites dont il est la cible. Un jour, il n'arrive plus à se lever et tombe dans une profonde dépression. C'est grâce à la littérature qu'il arrive peu à peu à s'en sortir.

Dans son livre, Vous m'avez manqué, histoire d'une dépression française (Ed Les Arènes), il raconte sa descente aux enfers.

 

"Je n’ai aucune idée du moment où " ça " m’a rattrapé. Je me souviens d’une grande lassitude, de larmes qui coulent, comme par inadvertance. Puis de nuits trempées de sueur, de douleurs au dos, au ventre ; du cœur qui s’emballe.

Un matin, j’ai été incapable de me lever. La dépression m’a cloué au lit. Je ne voulais voir personne ; j’avais peur de tout ; je ne me supportais plus,  hanté par mon passé, par l’histoire de mes parents.

L’hyperconnexion a joué un rôle dans ma dépression. Branché en permanence sur le Web, j’ai absorbé comme une éponge l’antisémitisme et la violence de l’époque. J’ai payé le prix fort.
Un jour, pourtant, " ça " a été mieux. J’écris ce livre pour cette phrase. Pour que la lectrice inconnue, le lecteur perdu au fond de sa nuit, sache que " ça " arrive.
On va mieux. Pas " moins mal ", mieux. Le moteur redémarre. Il toussote à l’occasion, mais il ronronne à nouveau. Il faut le bon psy, des médicaments, de l’amour, de l’amitié aussi.

Mais " ça " repart.

Aujourd’hui, j’ai retrouvé le goût des autres, celui des projets, l’envie. Et surtout une juste distance. Je suis le même en différent ; j’espère que je suis un peu meilleur."

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