Belgique

S’inscrire comme demandeur d’emploi après son diplôme, une formalité importante et les exigences des jeunes changent

Première inscription au Forem pour Bastian qui vient d'obtenir son diplôme en prévention en sécurité.
07 juil. 2022 à 09:45 - mise à jour 07 juil. 2022 à 09:45Temps de lecture3 min
Par Céline Biourge

Après les études, s’inscrire comme demandeur d’emploi est une formalité importante pour les jeunes. Cela leur permet d’ouvrir leurs droits sociaux, d’être accompagnés dans leur recherche d’emploi, de recevoir des offres d’emploi et/ou d’accéder à une formation.

Au Forem, ce sont près de 20.000 jeunes qui devraient ainsi s’inscrire pour la première fois comme demandeur d’emploi entre juin et octobre. Et dès leur premier rendez-vous, ils sont aiguillés vers les opportunités d’emploi.

La bonne nouvelle est qu’il y a aujourd’hui 80.000 offres d’emploi, rien qu’au Forem. Il n’y en a jamais eu autant, selon son porte-parole, Thierry Ney.

Une nouvelle génération plus pointilleuse dans la recherche d’emploi ?

De quoi peut-être satisfaire ces jeunes. Ce qui n’est pas toujours gagné vu les nouvelles exigences de ces nouveaux venus sur le marché du travail : "En plus du salaire et de la stabilité du contrat, d’autres éléments entrent aujourd’hui en ligne de compte", constate Thierry Ney. "Notamment, la quête de sens. C’est aujourd’hui fondamental de bien communiquer sur le sens qui se cache derrière un métier parce que les jeunes ne veulent plus prester pour prester, mais ils veulent comprendre ce qui se cache derrière leur métier, quelle est l’utilité de ce métier. A côté de ça, au niveau flexibilité, la combinaison vie privée – vie professionnelle est fondamentale pour eux. Et puis, en termes de mobilité, il y a également une volonté de limiter les frais de déplacement pour cette nouvelle génération".

En plus de ces nouvelles exigences, d’autres difficultés limitent souvent la recherche d’un emploi : "Les trois principaux enjeux sur lesquels on doit travailler, c’est la formation des demandeurs d’emploi puisque 45% d’entre eux n’ont pas leurs humanités ; 45% d’entre eux n’ont pas leur permis de conduire ; et près de 86.000 demandeurs (sur 195.000) d’emploi sont au chômage depuis plus de 2 ans. D’où l’importance d’activer très rapidement les demandeurs d’emploi pour qu’ils ne s’enlisent pas dans le chômage parce qu’après, ils vont devoir justifier cette immobilité au sein du chômage auprès du futur employeur. Donc, ils devront peut-être repasser par une case formation ou, en tous les cas, montrer pattes blanches".

Ne pas avoir de permis de conduire : un problème de plus en plus important

Autre constat dressé par le Forem : les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus le réflexe ou l’envie de passer leur permis de conduire dès qu’ils en ont la possibilité à 18 ans. Mais ce n’est pas sans problème, selon le porte-parole du Forem : "Une fois qu’ils entrent dans la vie active, ils sont confrontés à la réalité. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, dans les 80.000 offres d’emploi, on constate que 30% d’entre elles mentionnent clairement qu’il faut un permis de conduire. Et probablement, que ce n’est pas indiqué dans les autres annonces, parce que cela leur paraît tomber sous le sens".

Or aujourd’hui, "45% des 195.000 demandeurs d’emploi que compte la Wallonie n’ont pas leur permis de conduire. Et si on analyse un peu plus finement les chiffres, dans certains secteurs, comme l’Horeca par exemple, c’est quatre jeunes sur cinq qui ne disposent pas du permis, pour des jeunes qui ont moins de 25 ans".

C’est le cas notamment de Bastian. Âgé de 21 ans, il a pourtant son diplôme en prévention en sécurité. Ce qui devrait lui ouvrir les portes du gardiennage, un métier actuellement en pénurie. Mais sans son permis de conduire c’est compliqué : "Je pense que le permis est très important pour trouver un emploi, même si on peut utiliser les transports en commun. En tout cas, c’est le cas dans le gardiennage. Moi, je regrette aujourd’hui de ne pas l’avoir passé à 18 ans. Là, je vais tout faire pour le réussir !"

Un sentiment partagé par Yaël, 19 ans : "Ici, en faisant des recherches d’emploi, je me suis rendu compte que sans permis c’était assez compliqué. Cela m’a incité à pousser les portes de l’auto-école".

Sabrina Bolle, conseillère pour les demandeurs d’emploi au Forem de Charleroi, pense que cela est notamment dû au frais du permis de conduire, ce que les jeunes n’ont pas toujours la possibilité d’assumer.

Reste qu’une aide existe. Cela s’appelle le "Passeport drive", mais "c’est très conditionné pour le moment", précise Sabrina Bolle. "Notamment, être demandeur d’emploi et avoir eu une formation avec le Forem l’année précédente".

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