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Belgique

« Si vous êtes ministre » : Claude Moniquet, des listes Destexhe

« Si vous êtes ministre » : Claude Moniquet, des listes Destexhe
08 mai 2019 à 17:51 - mise à jour 08 mai 2019 à 17:513 min
Par Camille Toussaint

Dans Soir Première, Arnaud Ruyssen a décidé d’inviter chaque soir, pendant trois semaines, un candidat ou une candidate aux élections du 26 mai prochain. Chacun doit répondre à des questions posées par des acteurs de terrain. Ce mercredi, c’est au tour de Claude Moniquet, des listes Destexhe, de se plier à l’exercice.

Claude Moniquet a 61 ans, et déjà une carrière bien remplie. Il a été journaliste pour plusieurs médias français, notamment pour L’express et pour Le quotidien de Paris. Mais il a aussi été pendant près de 20 ans agent de la DGSE, La Direction Générale de la Sécurité Extérieure, autrement dit les services de renseignement français. Ce passé à la DGSE peut poser question à l’heure où il se lance en politique, mais pour lui, cela ne doit pas poser de problème à l’électeur belge : « Je ne vois pas pourquoi cela poserait problème, c’est un métier comme un autre, qui est très loin des fantasmes entretenus par le cinéma. C’est un travail d’analyse qui vise à éclairer la décision politique, et c’est là une passerelle qui m’a fait suivre la direction que j’ai prise aujourd’hui ».

Autre précision du parcours de Claude Moniquet… Il dirige aujourd’hui une société qui fait du conseil stratégique à destination des entreprises sur l’analyse de risque. Le risque terroriste, mais pas seulement. Par exemple, il propose ses services à des entreprises qui souhaitent connaître, avant d’investir dans tel ou tel endroit du globe, les risques de sécurité auxquels elles s’exposent. À nouveau, cette fonction peut poser certaines questions : cette entreprise est-elle financée par des puissances étrangères ? Travaille-t-elle uniquement pour d’autres entreprises ?

« C’est une SPRL dont mon épouse et moi sommes propriétaires à 100%. Et nous nous finançons par des contrats pour d’autres entreprises, mais aussi pour des gouvernements. Le Canada, par exemple, fait partie de nos clients. Pour les gouvernements, nous travaillons sur des questions d’appuis d’analyse, mais sur rien qui soit déshonorant, ou qui puisse prêter à confusion. On ne va pas aller faire pour un gouvernement une recherche sur ses opposants qui vivent en Belgique, je vous rassure ». Aux questions d’Arnaud Ruyssen, il répond qu’il ne travaille pas pour la Chine, ni pour la Russie ou Israël.

« Il y a des faux réfugiés politiques »

Durant l’émission, Pierre Verbeeren, le directeur de Médecins du Monde, a eu l’occasion de lui poser cette question : « Si vous êtes ministre, allez-vous accepter que la question de la migration ne soit pas qu’une question de séjour, mais une question d’abord d’intégration ? Allez-vous réfléchir des solutions économiques pour les migrants puissent contribuer comme ils le souhaitent à la société, pour éviter qu’ils soient perclus dans des centres ? »

A cette question, répond : « Je suis content d’avoir cette question, car la migration et l’immigration sont des thèmes importants pour nous. Je vais être très clair : nous ne sommes pas opposés à l’immigration. Nous sommes pour une immigration qui serait limitée, parce qu’on n’a pas la possibilité d’accueillir tout le monde. Nous voulons une immigration qui serait choisie en fonction des besoins de notre économie, et qui serait intégrée ». Ces critères, confirme Claude Moniquet, concerne l’immigration économique. Mais quelle position a-t-il vis-à-vis des réfugiés politiques ? « Nous ne remettons pas en question l’accueil des vrais réfugiés politiques. Mais nous savons que sous le vocable de réfugié politique, on trouve des choses qui ne sont pas des réfugiés politiques. Je pense qu’il y a des faux réfugiés politiques. Un exemple : il est nécessaire d’accueillir des gens qui font l’objet de menaces liées à leur orientation sexuelle. Mais je connais des cas de gens qui se sont fait passer pour homosexuels parce qu’ils savaient qu’ils pouvaient ainsi obtenir le statut de réfugié. Donc je pense qu’on est trop laxiste, que nos frontières sont trop ouvertes ».

« Je suis pour garder l’industrie de l’armement en Belgique »

Claude Moniquet a dû également répondre à la question d’Olivia Venet, de la Ligue des droits de l’homme : « La Belgique permet aujourd’hui la vente d’armes à l’Arabie Saoudite, alors que cet état est impliqué dans un grave conflit avec le Yémen. Les violations des droits de l’homme y sont légion. Alors si vous êtes ministre, qu’allez-vous faire pour notre pays cesse de vendre des armes à des pays comme l’Arabie Saoudite ? »

Le candidat dit être là devant un problème délicat, mais règle finalement la question : « C’est un choix politique. Si on décide de garder une industrie d’armements, il faut accepter de les vendre. Et on ne va pas les vendre à la France ou au Luxembourg. Et moi, je suis pour garder ce secteur économique en Belgique, car elle fait vivre un certain nombre de personnes. Je ne suis pas contre un débat au Parlement pour savoir à qui on peut vendre les armes fabriquées, mais je pense qu’il faut certainement vendre à qui veut acheter ».