"Si vous avez un enfant de 4 ans, demandez-lui l'autorisation avant de le prendre en photo"

"Si vous avez un enfant de 4 ans, demandez-lui avant de le prendre en photo"

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08 juin 2017 à 12:05 - mise à jour 08 juin 2017 à 12:09Temps de lecture2 min
Par Marie Vandenberg

Nous sommes nombreux à photographier nos enfants. Rien de plus normal que de vouloir retenir un peu de ces moments bénis. Mais nous sommes aussi de plus en plus nombreux à céder aux sirènes des réseaux sociaux et à publier ces clichés… Qui se pose vraiment la question du droit à l’image de nos enfants ? Comment s’étonner qu’ensuite ils publient eux aussi, quantité de clichés d’eux lorsqu’ils ont leur propre compte ? Ne devrions nous pas leur enseigner ce qu’est un droit à l’image ? Bruno Humbeeck, psycho pédagogue à l’Umons répond à ces questions dans Tendances Première avec Véronique Thyberghien.

On parle souvent de droit à l’image avec son enfant quand cela pose problème. Hors, selon Bruno Humbeeck, il faudrait le faire d’emblée. "Si vous avez un petit garçon de 4 ans, demandez-lui l’autorisation avant de le prendre en photo. Ça parait saugrenu mais ça ne l’est pas. Dans d’autres cultures, on accepte le fait que la photo appartienne à celui qui est dessus et pas à celui qui prend le cliché. Par exemple, je suis allé au Bénin récemment et là-bas, lorsque vous prenez une photo d’un enfant, vous lui montrez ce cliché. Il sourit et il vous dit ensuite si vous avez le droit ou non de garder cette photo. C’est comme ça. Ils ont l’impression qu’on enlève une partie d’eux lorsque vous prenez une photo, c’est donc tout à fait normal que l’enfant vous permette ou non de garder cette photo."

La photo appartient à la personne qui la prend ?

C’est dans nos sociétés, et plus particulièrement dans les années 60 avec l’apparition des paparazzis que nous avons décidé qu’une photo appartient à celui qui la prend et non à celui qui est dessus.

Et pourtant, éduquer nos enfants au fait qu'ils sont propriétaire de leur image et non ceux qui prennent les clichés est primordial : "imaginez la situation où vous prenez votre petit garçon en photo en train de faire pipi parce que vous trouvez ça mignon et qu’ensuite, vous montrez cette photo aux grands-parents qui trouvent ça très drôle. Il est difficile de lui faire comprendre 15 ans plus tard que la photo que sa petite copine lui a donné dans l’intimité ne doit pas être diffusé sur les réseaux sociaux par exemple."

Le système légal évolue lui-aussi

Le droit à l’image n’est pas qu’un droit légal qui permet de corriger les abus, c’est un droit fondamental à la gestion de sa propre image. Pourquoi ? "Parce que la photo est quelque chose d’intime qui n’appartient qu’à celui qui se trouve sur cette image."

Bruno Humbeeck souligne également que le système légal est, lui-aussi en train de changer "aujourd'hui, si vous regardez une photo dénudée de quelqu’un qui n’a pas donné son autorisation pour l’exploitation de cette photo, vous pouvez être poursuivi pour voyeurisme."

 

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