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"Si l'on parle de refédéralisation, c'est parce que c'est la Flandre qui bloque sur certains dossiers"

"Si l'on parle de refédéralisation, c'est parce que c'est la Flandre qui bloque sur certains dossiers"
17 sept. 2018 à 07:07 - mise à jour 17 sept. 2018 à 07:073 min
Par RTBF La Première

En ce lundi des Namurois aux Fêtes de Wallonie, l'invité de Matin Première était Pierre-Yves Dermagne (PS), ancien ministre des Pouvoirs Locaux avant le brusque changement de majorité en Wallonie, qui, à Rochefort, fait liste commune avec le MR de François Bellot.

Interrogé par Thomas Gadisseux, le chef de file de l'opposition au Parlement wallon a évoqué plusieurs dossiers chauds wallons. Évoquant les discours "sans relief" des ministre-président wallon et président du parlement de Wallonie, Willy Borsus (MR) et André Antoine (cdH), le socialiste y a quand même vu deux "aveux" : "L’embellie sur le front économique et sur l'emploi est due aux avancées du Plan Marshall, et le plan wallon d'investissement, ainsi que le pacte national d’investissement dépendent d’un accord de l’Europe, qui est tout sauf acquis."

Quid des emplois APE ?

L'embellie sur l'emploi wallon, c'est 50 mois consécutif de diminution du nombre de chômeurs. Mais le premier échevin rochefortois considère que l'actuel majorité wallonne n'a rien mis sur la table pour renforcer la politique de l'emploi, excepté "la 'suppression' des emplois APE, qui sont des emplois essentiels dans la société. Tous les jours, nous sommes en contact avec des emplois APE."

"Pour l’instant, le ministre n’a pas mis sur la table une réforme, mais une disparition du système, nous disant, en 2021, l’ensemble des ministres concernés devra faire en sorte que les budgets et les dispositifs soient réalloués dans une série de secteurs. Sans nous dire aujourd'hui, et surtout aux 60.000 travailleurs et 4000 employeurs concernés, comment les budgets seront réalloués."


►►► Comprendre la réforme autour des emplois APE en Wallonie


Comment éponger la bulle photovoltaïque ?

Autre gros dossier qui traîne au gouvernement wallon depuis plusieurs années, celui de la bulle photovoltaïque. Alors que la précédente législature, sous Paul Magnette, avait promis une solution rapide, leurs remplaçants avaient promis un dénouement avant la trêve estivale... et en cette rentrée 2018, aucune éclaircie à l'horizon.

Le ministre du budget sous Magnette, Christophe Lacroix, "avait proposé d’aller chercher l’argent dans les réserves des services publiques, dans les OIP (organismes d’intérêt public), dans les administrations wallonnes, afin d’assumer cette bulle photovoltaïque pour plusieurs années." C'est donc bien la collectivité qui va payer, "mais de cette manière -là, on le fait sans toucher directement au portefeuille du wallon, sans augmentation dans la facture d’électricité et sans lever de nouvelles taxes. On lisse cet apurement de la bulle."

"Actuellement, il y a beaucoup de tensions entre la majorité. Le ministre du budget ferait appel au secteur bancaire, et donc un emprunt serait levé pour financer la bulle photovoltaïque, ce qui est assez surprenant dans le chef de Jean-Luc Crucke (MR) qui, quand il était dans l’opposition, fustigeait le fait d’alourdir la dette et l’impact pour les Wallonnes et les Wallons."

Le modèle institutionnel en Belgique s’appuie principalement sur les régions

Le président socialiste Elio Di Rupo a récemment, dans une interview, fait part de sa volonté de se consacrer à "Bruxelles et la Wallonie d'abord". Pierre-Yves Dermagne, "régionaliste convaincu", ne peut que suivre cette voie.

"Le modèle institutionnel en Belgique, aujourd’hui, s’appuie principalement sur les régions. Le fait régional est quelque chose d’acquis. Si l’on parle aujourd’hui de réfédéraliser certaines compétences, c’est du fait de la Flandre : dans toute une série de dossiers, c’est la Flandre qui bloque : saga des permis de conduire, le survol de Bruxelles, la tentative d’une bande de covoiturage sur l’autoroute pour rejoindre Bruxelles. C’est aujourd’hui la Flandre qui bloque ces dossiers qui pourraient bénéficier aux Wallons et aux Bruxellois."

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